Chatou · 78400 · Boucle de Seine

Remontée capillaire à Chatou : ce que le sous-sol change au diagnostic

Un mur qui s’assombrit par le bas, une plinthe qui se décolle, une poudre blanche qui revient après chaque nettoyage. À Chatou, ces signes viennent rarement d’une fuite. Ils viennent du sol — et le sol n’est pas le même selon que vous habitez la partie basse, près du fleuve, ou le plateau.

  • Intervention à Chatou et dans la boucle de Seine
  • Mesure d’humidité sur place
  • Devis détaillé après diagnostic

L’essentiel, en quatre points

Ce qu’est une remontée capillaire

De l’eau du sol qui imprègne le pied d’un mur enterré, remonte dans la maçonnerie et s’évapore en façade en y abandonnant ses sels. L’Agence Qualité Construction précise que le phénomène touche fréquemment les maçonneries anciennes et très rarement les constructions récentes.

Pourquoi Chatou est concernée

Le PLU situe la nappe de la Seine à deux mètres de profondeur dans la boucle. Sur le territoire communal, 37,8 % de la surface est classée par le BRGM en zone sensible aux remontées de nappes.

Quel bâti est exposé

Chatou compte 1 565 maisons antérieures à 1946, soit 41,4 % de ses maisons en résidence principale — donc antérieures à la généralisation de l’arase étanche, la barrière qui coupe la capillarité en pied de mur.

Par quoi commencer

Par un relevé d’humidité, pas par un devis. La question n’est pas « quel traitement ? » mais « l’eau vient-elle du sol ? ». Infiltration et condensation produisent le même mur humide et ne se traitent pas pareil.

Chatou en chiffres : ce que disent les données publiques

37,8 %du territoire est classé en zone sensible aux remontées de nappes : 22,6 % en débordement de nappe, 15,2 % en inondation de cave (BRGM)
41,4 %des maisons en résidence principale sont antérieures à 1946, soit 1 565 sur 3 780 (INSEE, RP 2023)
14,5 %de la surface communale se situe sous la cote de la crue de 1910, soit 28,08 m NGF (calcul sur le RGE ALTI de l’IGN)
26,4 %du territoire est classé en aléa fort pour le retrait-gonflement des argiles, essentiellement sur le plateau (BRGM)
Pourquoi des pourcentages plutôt que des étiquettes. Les fiches communales de Géorisques indiquent « risque existant » pour la remontée de nappe sur la quasi-totalité des communes d’Île-de-France : cette mention ne dit rien d’une maison en particulier. Les taux ci-dessus sont calculés à partir des mêmes cartes du BRGM, mais découpés sur le contour exact de Chatou.

Le bâti de Chatou : le parc ancien est presque entièrement pavillonnaire

C’est la particularité la plus utile au diagnostic. Chatou est une commune majoritairement collective : les maisons ne représentent que 29 % des résidences principales. Mais sur le bâti d’avant 1946, le rapport s’inverse.

Résidences principales de Chatou par époque d’achèvement (INSEE, recensement 2023)
Époque Maisons Appartements Part de maisons
Avant 1919 653 158 81 %
1919 – 1945 912 299 75 %
1946 – 1970 780 3 238 19 %
1971 – 1990 648 3 840 14 %
1991 – 2005 503 878 36 %
2006 et après 283 717 28 %

Sur les 2 024 logements catoviens antérieurs à 1946, 1 565 sont des maisons, soit 77 %. À Chatou, le bâti le plus exposé aux remontées capillaires est donc aussi celui qui a le plus de contact direct avec le sol.

L’histoire de la commune l’explique. Le chemin de fer arrive en 1837 ; la Ville décrit « plus d’une cinquantaine de maisons bâties aux alentours de la gare », qui « allient souvent briques et pierres ». Le PLU situe les villas de villégiature du XIXe siècle « notamment dans la partie sud de la commune et le long de la Seine ».

Une idée reçue à écarter. On suppose souvent que le centre ancien concentre le bâti le plus fragile. À Chatou, la Ville indique que « le village disparaît totalement à la fin des années 1960 ». Le bâti ancien n’est pas au centre : il est dans les tissus pavillonnaires et le long de la Seine.

L’eau sous Chatou : une nappe à deux mètres, un fleuve suivi depuis 1932

Le rapport de présentation du PLU décrit quatre niveaux de nappes dans la boucle de Montesson. Le premier est celui qui compte pour un pied de mur.

« Celle de la Seine, à deux mètres de profondeur sans les alluvions. Elle est particulièrement étendue en amont de Chatou » ; « celle des sables de l’Yprésien, en relation directe avec la nappe des alluvions de la Seine et qui forme un seul et même aquifère ».

PLU de Chatou, rapport de présentation, p. 153

Le même document précise que les alluvions modernes — sable et argile intercalés de lits de graviers — descendent jusqu’à dix mètres et bordent la Seine « jusqu’à la limite des zones inondables ». Au-delà, les alluvions anciennes forment des terrasses dont la cote oscille entre +15 et +30 m NGF.

Coupe schématique du sous-sol de ChatouDe la Seine vers le plateau : alluvions modernes puis alluvions anciennes en terrasse, sables argile et lignite, calcaire grossier, marnes et caillasses. La nappe de la Seine est signalée à environ deux mètres sous le terrain naturel dans la partie basse.Partie basse, vers la SeinePlateau et Hauts de ChatouLa Seinenappe : ≈ 2 m sous le terrainremontée capillaireargiles : aléa fort sur 26,4 % du territoireAlluvions modernes, jusqu’à ~10 mAlluvions anciennes, terrasse +15 à +30 m NGFSables, argile et lignite (peuvent dépasser 30 m)Calcaire grossier (~10 m)Marnes et caillasses (~10 m)

Schéma de principe d’après la coupe géologique du PLU de Chatou (p. 151) et la description des nappes (p. 153). Épaisseurs non à l’échelle.

La Seine est suivie à Chatou même : la station La Seine à Chatou – Barrage (aval) est ouverte depuis le 1er janvier 1932 et sert de station de prévision Vigicrues. Elle a enregistré la crue de janvier 1910 à 7,40 m pour 2 400 m³/s ; exprimée en cote absolue, cette crue atteint 28,08 m NGF au droit de la commune, contre 24,04 m NGF pour la cote d’alerte. Le PLU note des « hautes eaux l’hiver et au début du printemps » : c’est la période où les murs bas se rechargent.

Un mécanisme que la commune nomme elle-même

« Par débordement direct — le cours d’eau sort de son lit mineur pour occuper son lit majeur ; par débordement indirect — les eaux remontent par les nappes alluviales, réseaux d’assainissement ; par stagnation d’eaux pluviales liées à une capacité insuffisante d’infiltration. »

DICRIM de Chatou, avril 2024

Le règlement du PPRI en donne une définition opposable : la « zone de remontée de nappe d’accompagnement » désigne « un lieu protégé des submersions directes […] qui doit son inondation à la remontée d’eau dans le sol ». On peut donc avoir les pieds au sec en surface et un mur qui se charge par le bas.

Un indice indirect, mais parlant. Les diagnostics de réseaux repris par le PLU signalent que « par temps sec apparaissent un certain nombre de dysfonctionnements : collecteurs en charge et opposition de flux ». Des collecteurs en charge par temps sec signent une nappe présente en permanence dans le sous-sol.

Deux Chatou, deux diagnostics

La commune s’étage de 20,5 à 60,3 m NGF, altitude médiane 38 m. Ces quarante mètres de dénivelé séparent deux situations qui n’ont ni la même cause ni les mêmes vérifications.

Ce que le secteur change au diagnostic
Point de comparaison Partie basse, vers la Seine Plateau et Hauts de Chatou
Terrain Alluvions modernes, sable et argile jusqu’à ~10 m Alluvions anciennes puis formations argileuses
Eau en cause Nappe alluviale, en lien direct avec le fleuve Eau pluviale retenue, ruissellement, réseaux
Saisonnalité Marquée : hautes eaux en hiver et début de printemps Diffuse, liée aux épisodes pluvieux
Risque associé Débordement indirect, inondation de cave, zone PPRI Retrait-gonflement des argiles, fissuration, anciennes carrières
À vérifier d’abord Cote du plancher bas, niveau du sol extérieur, cuvelage Fissures en pied de mur, eaux pluviales, dallage désolidarisé

Ce n’est pas théorique : Chatou compte 11 arrêtés de catastrophe naturelle, dont 5 pour inondation et 5 pour sécheresse. Les premiers concernent la frange fluviale, les seconds le plateau — le PLU rapporte un épisode de fissuration par retrait-gonflement dans le secteur du parc Moisant.

Symptôme, cause probable, vérification

Plutôt qu’une liste de signes, voici la table de décision utilisée sur place. Un même symptôme renvoie souvent à plusieurs causes : c’est la vérification qui tranche, pas l’apparence.

Du symptôme visible à la vérification qui tranche
Ce que vous voyez Causes possibles Ce qui permet de trancher
Frange ondulée en pied de mur, dépôt blanc récurrent Remontée capillaire, rejaillissement de pluie, sol extérieur trop haut Comparer sol extérieur et plancher intérieur ; relever l’humidité à trois hauteurs et mesurer la charge en sels
Auréole à mi-hauteur, après la pluie Infiltration en façade, joint défaillant, eau pluviale mal rejetée Observer pendant et après une pluie ; inspecter descentes et appuis
Gouttelettes sur murs froids, buée aux fenêtres Condensation, ventilation insuffisante Test du film plastique 48 h : gouttes côté pièce = condensation
Cave humide toute l’année, davantage en hiver Nappe au-dessus du dallage, absence de cuvelage Relever la cote du dallage ; croiser avec le zonage PPRI et l’altitude
Fissure en pied de mur, dallage désolidarisé Retrait-gonflement des argiles Situer la parcelle dans le zonage argiles ; suivre la fissure sur un cycle sec-humide
Pied de mur touché par une remontée capillaire : frange d'humidité ondulée et dépôt blanc de salpêtre au-dessus de la plinthe
La frange ondulée et le dépôt blanc de salpêtre correspondent à la première ligne du tableau : l’eau vient du sol, pas de la façade.
Le test que vous pouvez faire vous-même. Scotchez hermétiquement un carré de film plastique transparent sur la zone humide, laissez 48 heures. Gouttelettes côté mur : l’eau vient de la maçonnerie. Gouttelettes côté pièce : c’est de la condensation, et le traitement est tout autre.

Ce que doit vérifier un diagnostic à Chatou

L’Agence Qualité Construction demande, avant tout traitement en rénovation, de « vérifier si celle-ci est bien d’origine ascensionnelle et non liée à des infiltrations ou de la condensation ». Concrètement, ici :

  1. Situer la maison dans la communeAltitude de la parcelle, distance au fleuve, appartenance ou non au périmètre PPRI. Deux maisons distantes d’un kilomètre n’ont pas le même contexte hydrogéologique.
  2. Mesurer à plusieurs hauteursRelevé du pied de mur jusqu’au-dessus de la frange, plus un mur témoin. C’est ce profil vertical qui distingue une remontée d’une infiltration.
  3. Chercher les selsPrélèvement en profondeur : une charge élevée signe un transport d’eau de longue durée depuis le sol.
  4. Vérifier l’arase et les niveauxPrésence, position et surtout continuité de la coupure de capillarité. L’AQC rappelle qu’elle doit être « rigoureusement continue » sur tous les murs au contact du sol.
  5. Regarder ce qui empêche le mur de sécherEnduit ciment, doublage collé, peinture filmogène : ils ne créent pas le désordre, mais l’AQC précise que l’eau « migre alors toujours plus haut ».
  6. Conclure par écrit, cause par causeUn diagnostic utile nomme la cause, la localise et hiérarchise les interventions.

Caves et sous-sols : ce que le PPRI autorise, et ce qu’il interdit

Chatou est couverte par le PPRI de la vallée de la Seine et de l’Oise dans les Yvelines, approuvé par arrêté préfectoral du 30 juin 2007 et valant servitude d’utilité publique. Sur la commune, 47,5 hectares sont réglementés, soit 9,4 % du territoire, en quatre zones.

Marron · 18,9 haBande de 25 m en zone de grand écoulement
Verte · 14,0 haSecteur inondable non bâti, bâti dispersé ou friche
Rouge clair · 12,0 haZone urbanisée en aléa très fort, 1 à 2 m d’eau
Bleue · 2,6 haCentre urbain en aléa modéré à fort

Contrairement à une idée répandue, ce règlement n’interdit pas les sous-sols. Il impose que la cote du premier plancher dépasse de 0,20 m celle des plus hautes eaux connues, et subordonne la création de volumes étanches à une compensation volumétrique intégrale, « en dernier recours ».

En revanche, une chose est bien interdite. Dans toutes les zones du PPRI, « le changement d’usage des caves ou stationnements n’est pas autorisé ». Transformer une cave en chambre ou en bureau y est réglementairement impossible. Et la règle de l’art dit la même chose : l’AQC recommande d’« éviter d’aménager ultérieurement en lieu de vie un local en sous-sol non conçu initialement pour cet usage ».

Les solutions, selon la cause identifiée

Il n’existe pas de traitement unique. Le choix dépend de la cause établie, de l’épaisseur et de la nature du mur, et de l’accessibilité du pied de mur.

Barrière hydrofuge par injectionRéponse à une coupure de capillarité absente ou défaillante. L’AQC pose une condition nette : imprégnation homogène et barrière continue sur toute la section horizontale des murs au contact du sol. Une injection partielle reproduit le défaut qu’elle prétend corriger.
Drainage périphériqueClassé par l’AQC parmi les traitements palliatifs : il « ne mettra pas fin aux remontées capillaires mais peut en réduire notablement les conséquences ». Pertinent quand le sol extérieur retient l’eau contre les fondations.
CuvelagePour les parties enterrées soumises à une pression d’eau. Attention au domaine d’emploi : le NF DTU 14.1 de novembre 2020 vise les structures « en béton armé ou précontraint ». Sur une cave en moellons, on sort du DTU : étude spécifique obligatoire.
Mise à nu, doublage ventiléAutres palliatifs cités par l’AQC : dégager les maçonneries pour accélérer l’évaporation, ou doubler avec un vide d’air ventilé, quand une face du mur est inaccessible.
VentilationElle n’arrête aucune remontée : elle évacue la vapeur libérée pendant le séchage. Elle vient après le traitement, jamais à sa place.
Ce qui aggravePeinture dite anti-humidité, enduit ciment étanche, doublage collé sur mur humide. L’AQC est formelle : ces parements empêchent l’évaporation basse et l’eau « migre alors toujours plus haut ». Le désordre revient, plus haut qu’avant.
Ce que nous n’annonçons pas. Aucun délai de séchage chiffré : ni l’AQC, ni le CSTB, ni aucun DTU ne publie de durée de référence, et les chiffres trouvés en ligne viennent tous d’entreprises. Aucune garantie de résultat par la seule injection : la fiche AQC parle de techniques employées « pour tenter de mettre fin aux remontées capillaires ». Et aucun tarif au mètre linéaire avant d’avoir vu le mur.

Un mur humide à Chatou ? Commencez par le diagnostic.

Nos techniciens interviennent à Chatou et dans toute la boucle de Seine. Relevé d’humidité sur place, identification de la cause, devis détaillé.

Questions fréquentes à Chatou

Ma maison est loin de la Seine. Suis-je quand même concerné ?

Oui, mais pas pour la même raison. Sur le plateau, la cause dominante n’est pas la nappe alluviale mais l’eau pluviale retenue et le comportement des argiles : 26,4 % du territoire de Chatou est classé en aléa fort pour le retrait-gonflement. Une fissure en pied de mur ouvre un chemin à l’eau aussi sûrement qu’une nappe haute.

Puis-je transformer ma cave en pièce à vivre à Chatou ?

Pas si votre parcelle est dans le périmètre réglementé du PPRI, qui couvre 9,4 % du territoire le long de la Seine et sur l’île : le règlement indique que « le changement d’usage des caves ou stationnements n’est pas autorisé », dans toutes les zones. Hors périmètre, la question devient technique, et l’AQC déconseille d’aménager en pièce de vie un sous-sol qui n’a pas été conçu pour cela.

Comment savoir si l’humidité de mon mur vient du sol ?

Trois indices convergents : l’humidité part du bas, sa limite supérieure est ondulée et non circulaire, et un dépôt blanc revient après nettoyage. Le test du film plastique posé 48 heures confirme le sens du transfert.

Pourquoi le désordre s’aggrave-t-il en hiver ?

Parce que la Seine et sa nappe suivent un régime pluvial océanique. Le PLU de Chatou décrit « des hautes eaux l’hiver et au début du printemps », et des étiages l’été. Un mur qui semblait stabilisé en août peut se recharger en février sans qu’aucune fuite ne soit apparue.

Existe-t-il un suivi du niveau de la nappe à Chatou ?

Pas en continu. Treize points de la Banque du sous-sol sont référencés sur la commune, mais chacun ne porte qu’une mesure isolée, réalisée entre 1934 et 1975. La seule valeur de référence publiée reste celle du PLU : environ deux mètres de profondeur dans la boucle. Le fleuve, lui, est suivi en temps réel à Chatou depuis 1932.

Nos interventions autour de Chatou

Les communes voisines de la boucle partagent le même contexte alluvial :

Sources. Chiffres consultés en août 2026, périmètre commune de Chatou (78146).

  • INSEE — recensement 2023, logements par type et époque.
  • Géorisques / BRGM — remontées de nappes, retrait-gonflement des argiles, base GASPAR. Taux calculés sur le contour communal IGN.
  • Préfecture des Yvelines / DDT 78 — PPRI de la vallée de la Seine et de l’Oise, arrêté du 30 juin 2007 : arrêté, notice, règlement et zonage réglementaire.
  • Ville de Chatou — DICRIM, avril 2024.
  • Ville de Chatou — PLU, rapport de présentation : p. 151, 153, 163, 179, 182-183.
  • Vigicrues — station La Seine à Chatou – Barrage (aval), ouverte le 1er janvier 1932.
  • IGN — RGE ALTI, 1 407 points échantillonnés sur une maille de 60 m.
  • Agence Qualité Construction — fiches pathologie B.01 et B.02, édition 2024.
  • CSTB — NF DTU 14.1 (novembre 2020) et NF DTU 20.1 (juillet 2020).