Remontée capillaire à Montreuil : ce que le bâti et le sous-sol changent au diagnostic
Une plinthe qui gondole, un dépôt blanc qui revient après chaque nettoyage, une odeur de cave qui persiste malgré l’aération. À Montreuil, ville dense et largement bâtie en collectif, ces signes touchent d’abord le bâti ancien encore présent dans le tissu pavillonnaire — et se croisent avec un sous-sol connu pour ses anciennes carrières.
- Intervention à Montreuil et en Seine-Saint-Denis
- Mesure d’humidité sur place
- Devis détaillé après diagnostic
L’essentiel, en quatre points
Un mur enterré fonctionne un peu comme une mèche : le matériau poreux aspire l’humidité du sol par capillarité, et cette eau ne s’arrête qu’en séchant à l’air libre, plus haut sur la paroi, en y déposant les minéraux qu’elle transportait. Les bâtisses récentes y échappent presque toujours grâce à leur coupure de capillarité ; les constructions plus anciennes, elle, en sont dépourvues.
Selon l’INSEE (RP2016), 20,5 % des résidences principales de Montreuil sont antérieures à 1946, soit avant la généralisation de l’arase étanche en pied de mur — la barrière qui coupe la capillarité entre fondations et maçonnerie.
Montreuil est concernée par d’anciennes carrières souterraines et par un phénomène de dissolution du gypse, en plus d’un aléa retrait-gonflement des argiles classé fort par le BRGM. Ces facteurs peuvent fragiliser le bâti et modifier la façon dont l’eau circule sous une parcelle.
Un devis donné sans avoir vu le mur ne repose sur rien de vérifiable. La priorité est de faire constater sur place d’où vient réellement l’eau, car remontée capillaire, infiltration et condensation se ressemblent au premier regard mais appellent des réponses très différentes.
Montreuil en chiffres : ce que disent les données publiques
Le bâti de Montreuil : une ville d’appartements, avec un noyau pavillonnaire ancien
Montreuil est très majoritairement une commune d’habitat collectif : 82,1 % des résidences principales sont des appartements, contre 16,5 % de maisons. Mais ce sont justement ces maisons, souvent les plus anciennes, qui présentent le plus de contact direct avec le sol — donc le plus d’exposition à une remontée capillaire.
| Période | Résidences principales | Part du total |
|---|---|---|
| Avant 1919 | 2 746 | 6,1 % |
| 1919 – 1945 | 6 832 | 15,2 % |
| 1946 – 1970 | 15 589 | 34,6 % |
| 1971 – 1990 | 11 592 | 25,7 % |
| 1991 – 2005 | 4 779 | 10,6 % |
| 2006 et après | 3 527 | 7,8 % |
Sur les 9 578 logements montreuillois antérieurs à 1946, une part significative se trouve dans les quartiers pavillonnaires plutôt que dans les grands ensembles construits en majorité après-guerre, période qui concentre à elle seule 34,6 % du parc actuel. C’est ce bâti ancien, mêlé au tissu pavillonnaire, qui reste le plus concerné par les remontées capillaires classiques.
Sous-sol et risques à Montreuil : carrières, gypse et argiles
Au-delà de l’âge du bâti, Montreuil présente une particularité de sous-sol qui influence directement les désordres liés à l’humidité et aux fissures.
Ce sous-sol explique en partie le profil des arrêtés de catastrophe naturelle de la commune : sur les 17 recensés depuis 1983, la sécheresse (9 arrêtés) domine largement l’inondation (6 arrêtés), à l’inverse d’une commune riveraine d’un cours d’eau. Le PPRMT de Montreuil, actif depuis le 22 avril 2011, impose aux propriétaires concernés la réalisation de travaux de prévention dans un délai réglementaire, dans la limite de 10 % de la valeur vénale du bien.
« Anciennes carrières » et « dissolution du gypse » figurent parmi les risques recensés par la commune, aux côtés du retrait-gonflement des argiles reconnu en catastrophe naturelle à plusieurs reprises depuis les années 1980.
Ville de Montreuil, page Risques naturels et technologiques
Symptôme, cause probable, vérification
Un même signe peut avoir plusieurs origines. Voici la logique de diagnostic utilisée sur place, pour ne pas traiter la mauvaise cause.
| Ce que vous voyez | Causes possibles | Ce qui permet de trancher |
|---|---|---|
| Bas du mur assombri, ligne irrégulière, poudre blanche qui repousse après grattage | Remontée capillaire ; niveau extérieur monté au fil des années par rapport au sol intérieur | Comparer les altitudes sol/plancher, puis mesurer l’humidité tous les 20 cm en montant le long du mur |
| Lézarde qui s’ouvre en pied de mur ou traverse un carrelage | Sol argileux qui travaille, ou tassement lié à une ancienne carrière | Photographier la fissure et sa largeur à intervalles réguliers ; consulter le zonage PPRMT de la parcelle |
| Marque qui apparaît en hauteur seulement quand il pleut | Défaut d’étanchéité en façade, gouttière ou raccord qui fuit | Guetter le mur juste après une averse ; contrôler descentes d’eau et appuis de fenêtre |
| Vitres embuées, gouttes qui perlent sur un mur froid l’hiver | Manque de renouvellement d’air, salle de bain ou cuisine mal ventilée | Coller un carré de film plastique sur la zone et regarder deux jours après de quel côté se forme la buée |
| Cave qui sent l’humidité toute l’année, davantage après un épisode pluvieux | Sous-sol ancien jamais rendu étanche, ou terrain instable à proximité d’une cavité | Mesurer le niveau du sol de cave par rapport au terrain naturel et croiser avec le zonage de sous-sol de la commune |

Ce que doit vérifier un diagnostic à Montreuil
Avant tout traitement, un diagnostic sérieux distingue l’origine réelle de l’humidité. Concrètement, à Montreuil :
- Situer la maison dans son quartierBâti pavillonnaire ancien ou immeuble plus récent, proximité éventuelle d’une zone d’anciennes carrières ou d’un secteur argileux : le contexte change l’hypothèse de départ.
- Prendre des mesures à différentes hauteursEn partant du bas du mur et en montant au-delà de la zone visiblement touchée, avec un point de comparaison pris sur un mur sec. La courbe obtenue en dit plus long qu’une seule mesure : elle décroît progressivement en cas de remontée, alors qu’une infiltration donne un profil plus localisé.
- Rechercher les sels dans la maçonnerieUn prélèvement en profondeur permet de confirmer un transport d’eau ancien et prolongé depuis le sol.
- Vérifier l’existence et la continuité d’une coupure de capillaritéSa présence, sa position et surtout sa continuité conditionnent l’efficacité de toute solution ultérieure.
- Vérifier si le mur peut respirerUn enduit étanche, un doublage collé ou une peinture filmogène n’est jamais la cause première du désordre, mais bloque l’évaporation en surface : l’eau est alors contrainte de chercher une sortie plus haut sur la paroi.
- Formaliser les constats dans un compte-renduChaque désordre observé doit être rattaché à une cause précise et positionné sur un plan du bâtiment, pour permettre de prioriser les travaux plutôt que de tout traiter en même temps.
Les solutions, selon la cause identifiée
Une même façade humide peut relever de traitements très différents : tout dépend de ce que le diagnostic a établi comme cause réelle, de l’épaisseur du mur concerné et de la possibilité d’y accéder d’un côté ou des deux.
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Questions fréquentes à Montreuil
J’habite un appartement, suis-je concerné par les remontées capillaires ?
Moins souvent qu’une maison, mais cela dépend de l’étage et de la configuration de l’immeuble. À Montreuil, 82,1 % des résidences principales sont des appartements ; le risque de remontée capillaire concerne surtout les logements en rez-de-chaussée ou les parties communes en contact avec le sol, notamment dans les immeubles anciens.
Les anciennes carrières de Montreuil ont-elles un lien avec l’humidité de mon mur ?
Indirectement. La présence d’anciennes carrières souterraines et le phénomène de dissolution du gypse, documentés par la Ville de Montreuil, peuvent provoquer des mouvements de sol qui fragilisent une coupure de capillarité existante ou ouvrent de nouvelles voies d’entrée pour l’eau. C’est un facteur de contexte à mentionner lors du diagnostic, pas une cause à elle seule.
Comment savoir si l’humidité de mon mur vient du sol plutôt que de la pluie ?
Regardez d’abord la forme de la tache : une remontée capillaire dessine une ligne irrégulière qui part du sol, alors qu’une infiltration de pluie laisse plutôt une auréole ronde plus haut sur le mur. Le dépôt blanc qui revient après un simple lavage est également caractéristique du sel transporté par l’eau du sol. En cas de doute, un carré de film plastique posé deux jours sur la zone touchée permet de confirmer l’origine exacte de l’humidité.
Le PPRMT de Montreuil m’oblige-t-il à faire des travaux ?
Le plan de prévention des risques naturels mouvements de terrain, actif depuis le 22 avril 2011, peut imposer des mesures de prévention aux propriétaires concernés, dans la limite de 10 % de la valeur vénale du bien, notamment pour rester couvert en cas de sinistre. Un diagnostic permet de vérifier ce qui s’applique réellement à votre parcelle.
Pourquoi ma cave reste-t-elle humide même en été ?
Un sous-sol ancien, non étanché à l’origine, reste sensible à l’humidité du sol toute l’année, avec une aggravation possible lors des périodes pluvieuses. Le diagnostic permet de distinguer une remontée capillaire d’une infiltration ponctuelle liée à une fissure ou à un défaut d’étanchéité.
Nos interventions autour de Montreuil
Nos équipes interviennent également dans les communes proches :
- geo.api.gouv.fr — identité administrative, population, superficie de la commune.
- Géorisques (GASPAR, BRGM, IRSN) — arrêtés de catastrophe naturelle, risques recensés, sismicité, radon, retrait-gonflement des argiles.
- INSEE — Dossier complet, commune de Montreuil : logement et résidences principales, RP2016.
- Ville de Montreuil — Risques naturels et technologiques à Montreuil : carrières, gypse, PPRMT.
