Drancy · 93700 · Paris Terres d’Envol

Remontée capillaire à Drancy : trouver la cause avant le traitement

Un bas de mur qui fonce, une peinture qui cloque près du sol, une poudre blanche qui revient après chaque lessivage. À Drancy, il n’y a ni fleuve ni grande nappe alluviale à proximité immédiate : la cause se cherche plutôt dans la nature du sol, l’époque de construction du bâti et l’écoulement des eaux de pluie sur un territoire très dense.

Méthode complète, étapes du chantier et fourchettes de prix : voir notre page traitement des remontées capillaires.

  • Intervention à Drancy et en Seine-Saint-Denis
  • Mesure d’humidité sur place
  • Devis détaillé après diagnostic

L’essentiel, en quatre points

Ce qu’est une remontée capillaire

De l’eau du sol qui imbibe le pied d’un mur enterré ou en contact direct avec la terre, migre dans la maçonnerie par capillarité et s’évapore en façade en y laissant ses sels. L’Agence Qualité Construction rappelle que le désordre touche surtout les maçonneries anciennes, rarement les constructions récentes dotées d’une coupure de capillarité.

Pourquoi Drancy est concernée

Drancy ne borde aucun cours d’eau majeur. La commune a néanmoins recensé 12 arrêtés de catastrophe naturelle depuis 1983, dont 10 pour inondation ou coulée de boue : sur un territoire dense de 776 ha, l’eau de pluie qui ne s’infiltre pas se charge dans le sol avant de ressortir en pied de mur.

Quel bâti est exposé

14,1 % des résidences principales de Drancy datent d’avant 1946, et ce parc ancien reste à 62,6 % des maisons individuelles — donc en contact direct avec le sol, souvent sans arase étanche.

Par quoi commencer

Par un relevé d’humidité, pas par un devis. La question à trancher n’est pas « quel traitement » mais « d’où vient l’eau » : une remontée, une infiltration ou de la condensation laissent souvent la même trace sur le mur, pour des réponses très différentes.

Ce que mesurent l’INSEE et Géorisques à Drancy

14,1 %des résidences principales de Drancy ont été achévées avant 1946, soit 3 919 logements sur 27 828 (INSEE, recensement 2023)
62,6 %du bâti d’avant 1946 est constitué de maisons, contre 37,5 % toutes périodes confondues (INSEE, recensement 2023)
35,7 %des résidences principales datent de 1946 à 1970, la période la plus représentée du parc (INSEE, recensement 2023)
12arrêtés de catastrophe naturelle recensés à Drancy depuis 1983, dont 10 pour inondation ou coulée de boue (Géorisques, base GASPAR)
Un choix volontaire : des chiffres, pas des mentions génériques. Une fiche de risque qui se contente d’indiquer « aléa présent » dit la même chose pour des dizaines de communes voisines et n’aide pas à juger une maison précise. Les quatre valeurs ci-dessus sont calculées sur le périmètre administratif exact de Drancy, à partir du recensement INSEE 2023 et de la base GASPAR de Géorisques.

Le bâti de Drancy : un parc ancien pavillonnaire, un parc d’après-guerre très collectif

Sur l’ensemble du parc de logements, Drancy compte 35,3 % de maisons pour 62,5 % d’appartements (INSEE, recensement 2023). Mais cette moyenne masque un écart important selon l’époque de construction.

Résidences principales de Drancy par époque d’achèvement (INSEE, recensement 2023)
Époque de construction Maisons Appartements Part de maisons individuelles
Avant 1919 248 147 62,8 %
1919 – 1945 2 117 1 263 62,6 %
1946 – 1970 3 495 6 105 36,4 %
1971 – 1990 2 639 4 635 36,3 %
1991 – 2005 1 131 1 383 45,0 %
2006 et après 556 3 441 13,9 %

Le basculement se situe en 1946. Avant cette date, près des deux tiers des résidences sont des maisons individuelles ; après, la construction se fait majoritairement en immeubles collectifs, portée par la période 1946–1970 qui concentre 35,7 % du parc actuel. Pour le diagnostic, cela change tout : une maison ancienne touche le sol sur tout son pourtour, un immeuble des années 1950–1970 repose souvent sur des fondations et des sous-sols plus techniques, béton armé compris.

Une idée reçue à écarter. On pense parfois que seul le bâti d’avant-guerre peut être touché. Un immeuble ou un pavillon des années 1960 sans arase, avec un sous-sol mal ventilé ou un dallage posé directement sur terre-plein, peut présenter exactement le même désordre qu’une maison du début du XXe siècle.

Eau et sol à Drancy : une problématique de ruissellement plus que de fleuve

Drancy se situe sur le plateau de la plaine de France, à l’écart des vallées de la Seine et de la Marne. Les risques recensés par Géorisques sur la commune comprennent l’inondation par ruissellement et coulée de boue, la remontée de nappes naturelles et le mouvement de terrain par tassement différentiel.

Avec une densité de 9 327 habitants au km² sur seulement 7,76 km², le sol est très largement imperméabilisé : voirie, cours, toitures. Lors d’un épisode pluvieux intense, l’eau qui ne s’infiltre pas ruisselle, stagne temporairement dans les points bas et peut charger localement le sous-sol autour des fondations. C’est un mécanisme différent de celui d’une commune riveraine d’un fleuve : pas de nappe alluviale permanente à faible profondeur, mais des recharges ponctuelles liées à la pluie et à la configuration du terrain.

Ce que signifie un arrêté « inondation et coulée de boue ». Contrairement à une crue de rivière, cet arrêté sanctionne un épisode de pluie exceptionnelle que le réseau n’a pas pu absorber. Dix de ces arrêtés ont été pris à Drancy entre 1983 et 2013 (Géorisques, base GASPAR) : cela ne dit rien d’une parcelle en particulier, mais signale un terrain où l’évacuation des eaux de surface mérite d’être vérifiée avant d’incriminer la maçonnerie.

Le retrait-gonflement des argiles est classé en exposition moyenne sur la commune (Géorisques / BRGM). Ce phénomène fait travailler le sol au gré des cycles secs et humides et peut fissurer un dallage ou désolidariser un seuil, ouvrant un chemin supplémentaire à l’eau en pied de mur.

Pavillon ancien ou immeuble d’après-guerre : deux diagnostics

À Drancy, la ligne de partage la plus utile n’est pas géographique mais générationnelle : l’époque de construction du bâtiment change la cause la plus probable et les points à vérifier en priorité.

Ce que l’époque de construction change au diagnostic
Point de comparaison Pavillon d’avant 1946 Immeuble ou pavillon 1946–1990
Contact avec le sol Murs porteurs enterrés sur tout le pourtour, souvent sans arase Fondations et sous-sols plus techniques, béton armé fréquent
Cause dominante Remontée capillaire par absence de coupure de capillarité Infiltration, condensation en sous-sol ou défaut d’étanchéité ponctuel
Facteur aggravant fréquent Enduit ciment ou peinture étanche appliqué par-dessus le désordre Ventilation insuffisante, sous-sol fermé, dallage sur terre-plein
À vérifier d’abord Présence et continuité d’une coupure de capillarité, charge en sels Étanchéité des parties enterrées, renouvellement d’air, points de condensation

Les deux types de bâti se côtoient dans les mêmes rues : un diagnostic utile commence donc par dater le bâtiment et observer son rapport au sol, avant toute hypothèse sur la cause.

Reconnaître le type de désordre avant d’agir

Deux murs qui ont l’air aussi abîmés l’un que l’autre peuvent relever de causes totalement différentes : seule une vérification ciblée permet de choisir le bon traitement.

Lecture croisée : signe observé, hypothèses, moyen de trancher
Signe observé sur le mur Hypothèses envisageables Comment trancher entre elles
Bas de mur qui fonce par vagues, poudre blanche récurrente juste au-dessus du sol Remontée capillaire, ou simplement un niveau de sol extérieur monté trop haut contre le mur Mesurer la différence de niveau intérieur/extérieur et relever l’humidité à trois hauteurs avec dosage des sels
Tache localisée qui s’étend surtout quand il pleut Défaut d’étanchéité en façade, gouttière ou descente qui rejette mal l’eau Surveiller le mur pendant et juste après une pluie, contrôler gouttières et appuis de fenêtre
Vitres et murs froids qui perlent, sans lien avec la pluie Condensation liée à un renouvellement d’air trop faible Poser un carré de film étanche sur la zone : l’emplacement des gouttes indique la direction de l’eau
Sous-sol humide en continu, qui s’aggrave après un orage Eaux de pluie non évacuées qui stagnent contre le bâti, parois enterrées non étanches Contrôler les évacuations extérieures et l’état des murs enterrés côté terre
Lézarde au pied du mur, carrelage qui se décolle d’un seuil Mouvement du sol lié au retrait-gonflement des argiles Suivre l’évolution de la fissure sur une saison et croiser avec le zonage argiles de la parcelle
Bas de mur touché par une remontée capillaire, avec frange d’humidité ondulée et dépôt blanc de salpêtre au-dessus de la plinthe
Un pied de mur rongé par vagues successives et couvert de salpêtre : le profil type décrit en première ligne du tableau, celui d’une eau qui monte depuis le sol.
Un repère simple, avant d’appeler un professionnel. Collez un morceau de film étanche sur la partie humide, bords bien scotchés, et laissez deux jours complets. Si la buée se forme sous le film, contre le mur, l’eau vient de la maçonnerie. Si elle se dépose au-dessus, côté pièce, c’est de la condensation ambiante : un problème différent, qui se règle autrement.

Ce que doit vérifier un diagnostic à Drancy

Pour l’Agence Qualité Construction, la première étape consiste toujours à écarter les autres causes possibles avant de traiter une remontée capillaire. Appliqué au contexte de Drancy, ce principe donne la séquence suivante :

  1. Dater le bâtimentAvant ou après 1946, maison individuelle ou immeuble collectif : la probabilité de chaque cause change avec l’époque de construction.
  2. Comparer plusieurs points de mesureUn relèvement d’humidité au pied du mur, au-dessus de la zone touchée, et sur un mur sain pris comme témoin : cette comparaison distingue une remontée d’une simple infiltration localisée.
  3. Doser la teneur en selsUn échantillon prélevé dans l’épaisseur du mur : une concentration importante témoigne d’un apport d’eau ancien et continu, caractéristique d’une remontée plutôt que d’un accident récent.
  4. Vérifier l’arase et les niveaux extérieursPrésence et continuité de la coupure de capillarité, et comparaison du niveau du sol extérieur avec le plancher intérieur.
  5. Identifier les revêtements qui bloquent le séchageUn enduit étanche, un doublage collé ou une peinture filmogène ne créent pas le désordre d’origine, mais l’empêchent de s’évacuer normalement, ce qui pousse le front d’humidité plus haut sur la hauteur du mur.
  6. Formaliser les constats dans un rapportChaque zone touchée doit être reliée à une cause précise et classée par ordre de priorité d’intervention, pas traitée en bloc.

Les solutions, selon la cause identifiée

Le bon traitement se déduit du diagnostic, pas d’un catalogue : il tient compte de la cause retenue, du matériau et de l’épaisseur du mur concerné, et de ce qui est accessible pour intervenir.

Injection d’une barrière hydrofugeTechnique de référence quand la coupure de capillarité d’origine est absente ou endommagée. Sa réussite tient à une seule condition, posée par l’AQC : un produit réparti de manière homogène sur toute l’épaisseur du mur, sans zone non traitée, faute de quoi l’eau retrouve un chemin par l’endroit laissé de côté.
Drainage périphériqueL’AQC le classe parmi les traitements palliatifs : il ne supprime pas la remontée capillaire mais peut en réduire nettement les conséquences. Utile quand l’eau de ruissellement stagne contre les fondations.
CuvelagePour les sous-sols et parties enterrées soumis à une pression d’eau. Le NF DTU 14.1 vise les structures en béton armé ou précontraint : sur une cave en matériaux plus anciens, une étude spécifique est nécessaire avant de sortir du domaine d’emploi du DTU.
Dégagement et doublage ventiléAutres solutions palliatives citées par l’AQC : dégager la maçonnerie pour favoriser l’évaporation, ou poser un doublage avec vide d’air ventilé lorsqu’une face du mur reste inaccessible.
VentilationElle n’arrête aucune remontée capillaire : elle évacue la vapeur d’eau libérée pendant le séchage. Elle intervient après le traitement de la cause, jamais à sa place.
Ce qu’il vaut mieux éviterUn revêtement présenté comme « anti-humidité », un enduit ciment étanche ou un doublage collé posé sur un mur encore humide ferment la seule voie de sortie naturelle de l’eau. Résultat documenté par l’AQC : le front d’humidité grimpe au lieu de redescendre, et le désordre réapparaît plus haut sur le mur.
Pour rester honnête sur ce que l’on peut promettre. Aucune durée de séchage n’est publiée par un texte normatif : ni l’AQC, ni le CSTB, ni un DTU ne fixent de chiffre de référence, et nous n’en inventons pas. L’injection seule n’est jamais vendue comme une garantie absolue : c’est une technique éprouvée, pas une promesse de résultat. Et sans avoir vu le mur, seules des fourchettes sont communicables : 112 € à 442 € HT le mètre linéaire pour une injection selon l’épaisseur, 220 € à 300 € HT le m² pour un cuvelage selon l’état du support.

Un doute sur l’origine de l’humidité à Drancy ?

Avant tout chiffrage, un technicien se déplace chez vous pour mesurer, comprendre d’où vient l’eau et vous remettre un compte rendu écrit.

Questions fréquentes à Drancy

Mon pavillon à Drancy n’a pas de cave. Puis-je tout de même avoir une remontée capillaire ?

Oui. La remontée capillaire se produit dès qu’un mur est en contact avec un sol humide, avec ou sans sous-sol : un pavillon sans cave, posé sur un simple vide sanitaire ou directement sur terre-plein, peut être touché si la coupure de capillarité est absente ou défaillante.

Pourquoi mon immeuble des années 1960 a-t-il de l’humidité en sous-sol ?

Sur le bâti de cette période, la cause la plus fréquente n’est pas la remontée capillaire mais une infiltration par les parties enterrées ou un défaut de ventilation du sous-sol. Les deux désordres se ressemblent en surface : seule une vérification sur place permet de les distinguer.

Drancy est-elle exposée aux inondations ?

La commune a recensé 12 arrêtés de catastrophe naturelle depuis 1983, dont 10 pour inondation ou coulée de boue (Géorisques, base GASPAR). Il s’agit surtout d’épisodes de ruissellement liés à un territoire très dense, et non d’une crue de rivière : Drancy ne borde aucun cours d’eau majeur.

Comment savoir si l’humidité de mon mur vient du sol ?

Regardez où l’humidité commence et comment elle se termine : une remontée capillaire démarre toujours au ras du sol et dessine un contour irrégulier, avec une poudre blanche qui revient même après un nettoyage soigné. Le repère au film étanche, laissé deux jours, permet ensuite de vérifier dans quel sens l’eau circule réellement.

Le retrait-gonflement des argiles concerne-t-il Drancy ?

La commune est classée en exposition moyenne par Géorisques et le BRGM. Ce phénomène fait travailler le sol selon l’alternance de périodes sèches et humides et peut fissurer un dallage ou désolidariser un seuil, ouvrant un passage supplémentaire à l’eau en pied de mur.

Nos interventions autour de Drancy

Les communes voisines partagent un contexte urbain et un bâti comparables :

Sources. Données consultées en octobre 2026, périmètre commune de Drancy (93029). Agence référente : Agence Île-de-France (Bezons).