Paris · 75001-75020 · Île-de-France

Remontée capillaire et humidité à Paris : ce que change un parc immobilier presque entièrement collectif

Un bas de mur qui s’effrite, une plinthe qui gondole, une odeur de cave qui persiste malgré l’aération. À Paris, ces désordres se posent rarement dans une maison individuelle : ils se posent dans un immeuble ancien, souvent mitoyen, avec une cave ou un rez-de-chaussée en contact direct avec le sol.

  • Intervention à Paris et dans les communes limitrophes
  • Mesure d’humidité sur place
  • Devis détaillé après diagnostic

L’essentiel, en quatre points

Ce qu’est une remontée capillaire

Un transfert d’humidité par capillarité : le sol imbibe la base d’une maçonnerie poreuse, l’eau progresse verticalement puis s’évapore en surface en libérant des sels minéraux. Les maçonneries construites avant la généralisation d’une coupure de capillarité y sont sensibles ; le bâti récent l’est beaucoup moins.

Pourquoi Paris n’est pas un cas ordinaire

Selon l’INSEE, 97,0 % des résidences principales parisiennes sont des appartements contre 0,8 % de maisons. Le désordre se concentre donc sur les parties communes, les caves de copropriété et les rez-de-chaussée, rarement sur un pavillon entier.

Quel bâti est exposé

48,8 % des résidences principales parisiennes datent d’avant 1946 (31,4 % avant 1919, 17,4 % de 1919 à 1945, INSEE 2023) — un parc majoritairement construit avant la généralisation de l’arase étanche en pied de mur.

Par quoi commencer

Un relevé d’humidité précède toute proposition de travaux. Dans un immeuble collectif ancien, une remontée capillaire, une infiltration venue d’un mur mitoyen et une condensation faute d’aération suffisante donnent des signes voisins mais appellent des réponses différentes.

Paris en chiffres : ce que disent les données publiques

2 103 778habitants pour 10 536 hectares, soit une densité d’environ 19 967 hab/km² (geo.api.gouv.fr)
48,8 %des résidences principales ont été achevées avant 1946, contre seulement 3,5 % entre 2006 et 2020 (INSEE, recensement 2023)
97,0 %du parc de logements est constitué d’appartements, 0,8 % seulement de maisons individuelles (INSEE, recensement 2023)
20arrêtés de catastrophe naturelle recensés depuis 1983, dont 16 pour inondation (Géorisques, base GASPAR)
Pourquoi ces chiffres plutôt qu’une étiquette de risque. Une fiche de risque communale qui indique « inondation : risque existant » vaut pour la quasi-totalité des communes traversées par la Seine. Les taux ci-dessus, tirés de l’INSEE et de la base GASPAR de Géorisques sur le seul périmètre parisien, permettent de comprendre ce qui distingue réellement Paris : la densité du bâti ancien, pas un aléa générique.

Le bâti parisien : de l’ancien dense, presque jamais de pavillon

C’est la donnée la plus utile au diagnostic. Là où beaucoup de communes d’Île-de-France opposent un centre ancien pavillonnaire à des lotissements récents, Paris ne présente presque aucune maison individuelle : le désordre humide se loge dans les parties enterrées d’immeubles construits en mitoyenneté, pas dans un pavillon isolé.

Parc de logements de Paris par statut et par type (INSEE, recensement 2023)
Indicateur Valeur
Logements au total 1 402 024
dont résidences principales 1 124 522
dont résidences secondaires 138 426
dont logements vacants 139 075
Part d’appartements (résidences principales) 97,0 %
Part de maisons individuelles (résidences principales) 0,8 %

Sur les résidences principales, 31,4 % ont été achevées avant 1919 et 17,4 % entre 1919 et 1945, soit 48,8 % de bâti antérieur à 1946. À l’inverse, à peine 3,5 % du parc date de 2006 à 2020 : par différence, environ 47,7 % des logements parisiens ont été construits entre 1946 et 2005, période où les techniques d’étanchéité en pied de mur se généralisent sans être systématiques. L’occupation reste majoritairement locative, avec 61,9 % de locataires contre 33,2 % de propriétaires et 4,9 % de logements occupés à titre gratuit.

Le sous-sol parisien, une exception cartographique

Pour la plupart des communes, Géorisques publie une carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles. Paris fait exception : le BRGM indique que cette cartographie n’existe pas pour la capitale, pour deux raisons documentées.

Ce que dit le BRGM. D’une part, le sous-sol parisien est en grande majorité constitué de matériaux remaniés et artificiels, ce qui rend la méthode de cartographie standard inapplicable. D’autre part, le phénomène de retrait-gonflement touche d’abord les maisons individuelles à fondations peu profondes — un type de bâti très minoritaire à Paris (0,8 % du parc). Le BRGM recommande à la place une étude de sol spécifique à chaque projet.

Conséquence pratique pour un diagnostic parisien : l’absence de carte ne signifie pas absence de risque de mouvement de terrain, mais impossibilité de s’appuyer sur un zonage national. Le bâti ancien mitoyen, avec des fondations hétérogènes selon les immeubles voisins, appelle une vérification au cas par cas plutôt qu’une lecture de carte.

Symptôme, cause probable, vérification

Dans un immeuble ancien parisien, plusieurs causes produisent des signes voisins. C’est la vérification qui tranche, pas l’apparence du désordre.

Du symptôme visible à la vérification qui tranche, en contexte d’habitat collectif ancien
Ce que vous voyez Causes possibles Ce qui permet de trancher
Frange ondulée en pied de mur de cave ou de rez-de-chaussée, dépôt blanc récurrent Remontée capillaire, absence ou rupture de coupure de capillarité Relever l’humidité à plusieurs hauteurs et mesurer la charge en sels
Auréole sur un mur mitoyen, apparue après une pluie Infiltration en façade voisine, joint de toiture ou de zinguerie défaillant Observer pendant et après une pluie ; identifier si le mur est bien mitoyen d’un immeuble tiers
Buée persistante, moisissures dans les angles d’un logement occupé Condensation liée à une ventilation insuffisante, fréquente en petite surface parisienne Poser un film plastique sur la zone 48 heures pour situer l’origine de l’humidité
Cave de copropriété humide toute l’année Absence de cuvelage, contact direct avec un sol remanié en sous-sol urbain Vérifier l’existence d’un cuvelage et la cote du dallage par rapport au terrain naturel
Pied de mur touché par une remontée capillaire, frange d'humidité et dépôt blanc de salpêtre au-dessus de la plinthe
Frange irrégulière et dépôt blanchâtre au bas d’une cloison : le profil type d’une humidité montée depuis le sol, à distinguer d’une tache d’infiltration descendante.
Distinguer remontée et condensation, chez soi. Fixez sur la zone touchée un carré de film plastique bien scellé sur ses quatre bords, et observez-le après deux jours. De la buée apparue contre le mur signale une eau qui vient de la maçonnerie ; de la buée côté pièce signale plutôt un air trop humide faute de renouvellement — un traitement radicalement différent.

Ce que doit vérifier un diagnostic à Paris

Avant tout traitement, il faut confirmer que l’humidité est bien d’origine ascensionnelle et non liée à une infiltration ou à de la condensation. Dans un immeuble parisien ancien, cela suppose quelques vérifications spécifiques :

  1. Situer le désordre dans l’immeubleCave privative, cave de copropriété, rez-de-chaussée commercial ou local d’habitation : le régime juridique et l’accès au pied de mur changent selon le cas.
  2. Identifier les murs mitoyens concernésUn mur mitoyen humide peut recevoir une cause qui vient du bâtiment voisin, ce qui complique l’intervention et suppose parfois un accord de copropriété ou de voisinage.
  3. Établir un profil vertical d’humiditéPlusieurs points de mesure, du sol jusqu’au-dessus de la zone visiblement touchée, avec un point de comparaison sur un mur sec du même bâtiment.
  4. Analyser la charge en selsUn échantillon prélevé en profondeur, dont la teneur en sels révèle depuis combien de temps l’eau circule dans la maçonnerie.
  5. Contrôler la coupure de capillarité existanteUne coupure discontinue, même sur une courte portion, laisse l’eau reprendre son chemin par le côté et annule l’effet recherché.
  6. Restituer un diagnostic écrit et hiérarchiséChaque cause identifiée est nommée et localisée, avec un ordre de priorité entre les interventions, avant toute proposition chiffrée.
Technicien effectuant un relevé d'humidité au pied d'un mur avant traitement
Le relevé d’humidité précède toujours le choix de la technique : c’est lui qui distingue une remontée capillaire d’une infiltration ou d’une condensation.

Les solutions, selon la cause identifiée

Le traitement se choisit après le diagnostic, jamais avant : la cause retenue, l’épaisseur de la maçonnerie et la facilité d’accès au pied du mur — souvent limitée entre deux immeubles mitoyens — orientent chacune une technique différente.

Injection de résine hydrophobeRéponse à une coupure de capillarité absente ou défaillante. Une injection efficace suppose une imprégnation homogène sur toute la section horizontale du mur au contact du sol ; une injection partielle laisse subsister le passage de l’eau.
Drainage périphériqueTraitement palliatif : il ne supprime pas la cause interne mais réduit la pression d’eau contre les fondations quand le sol extérieur retient l’humidité, notamment en cour intérieure ou en pied d’immeuble.
CuvelagePour les parties enterrées soumises à une pression d’eau, typiquement une cave de copropriété. Sa mise en œuvre suit des règles précises selon la nature du support ; sur une cave en maçonnerie ancienne hétérogène, une étude spécifique reste nécessaire.
Assèchement de murs et ventilationL’assèchement accompagne le traitement de la cause ; la ventilation, elle, n’arrête aucune remontée capillaire, elle évacue la vapeur libérée pendant le séchage et réduit la condensation propre aux logements peu ventilés.
Ce qui aggrave la situationUn enduit ciment étanche, une peinture filmogène ou un doublage collé posé sur une paroi encore chargée d’eau bloquent l’évaporation à sa hauteur habituelle. L’humidité cherche alors une autre issue, plus haute dans le mur, et le désordre réapparaît au-dessus du point traité.
Ce que nous évitons d’annoncer sans l’avoir vérifié sur place. Une durée de séchage exprimée en semaines : elle dépend de l’épaisseur du mur, du matériau et de la saison, et aucun texte technique n’en fixe de valeur générale. Un résultat garanti avant d’avoir posé un diagnostic. Un prix au mètre linéaire avant d’avoir examiné la configuration réelle du mur.

Un mur humide à Paris ? Commencez par le diagnostic.

Notre équipe se déplace dans tout Paris et les communes voisines de l’agence Île-de-France pour établir la cause exacte du désordre avant tout chiffrage.

Questions fréquentes à Paris

J’habite un appartement, pas une maison : suis-je concerné par les remontées capillaires ?

Oui si votre logement ou la cave de votre copropriété est en rez-de-chaussée ou en sous-sol. À Paris, où 97,0 % des résidences principales sont des appartements, le désordre se loge dans les parties communes enterrées ou les commerces en pied d’immeuble plutôt que dans un pavillon entier.

Pourquoi n’existe-t-il pas de carte du risque argiles pour Paris ?

Le BRGM explique que le sous-sol parisien est en grande partie constitué de remblais et de matériaux artificiels, ce qui rend la méthode cartographique nationale inapplicable, et que le phénomène concerne d’abord les maisons individuelles, quasiment absentes du parc parisien. Une étude de sol reste la seule réponse fiable à l’échelle d’un projet.

Comment distinguer une remontée capillaire d’une infiltration par un mur mitoyen ?

La remontée capillaire part du pied du mur et forme une frange ondulée avec un dépôt blanc de sels. Une infiltration par un mur mitoyen apparaît plutôt en auréole, à une hauteur variable, et suit les épisodes de pluie plutôt qu’un état permanent.

Pourquoi tant d’arrêtés de catastrophe naturelle pour inondation à Paris ?

Paris compte 20 arrêtés recensés depuis 1983, dont 16 pour inondation, la Seine traversant directement la commune. Cette récurrence concerne surtout les berges et les sous-sols proches du fleuve ; elle ne dit rien à elle seule de l’état d’un mur en particulier, d’où l’intérêt d’un relevé sur place.

Nos interventions autour de Paris

Nos équipes interviennent également dans les communes limitrophes rattachées à l’agence Île-de-France :

Sources. Chiffres consultés en septembre 2026, périmètre commune de Paris (INSEE 75056).

  • geo.api.gouv.fr — identité, population et surface communales.
  • INSEE — dossier complet, commune de Paris (75056) : logements, résidences principales par type, période de construction et statut d’occupation, recensement 2023.
  • Géorisques — base GASPAR, arrêtés de catastrophe naturelle et risques recensés sur la commune.
  • BRGM — explication de l’absence de cartographie du retrait-gonflement des argiles pour la ville de Paris.