Carrières-sur-Seine · 78420 · Yvelines

Traitement de l’humidité des murs à Carrières-sur-Seine : trois terrains, quatre causes

Un mur qui noircit, une plinthe qui se décolle, une odeur de cave qui s’installe. À Carrières-sur-Seine, ces signes n’ont pas une explication mais quatre — et le terrain change tout. Entre le lit de la Seine, le coteau creusé d’anciennes carrières et la plaine de Montesson, la commune étage plus de trente mètres de dénivelé.

  • Intervention à Carrières-sur-Seine depuis notre agence Île-de-France, à Bezons
  • Relevé d’humidité sur place avant toute proposition
  • Conclusion écrite, cause par cause

L’essentiel, en quatre points

Un mur humide, quatre origines

Remontée capillaire, infiltration en façade, condensation, fuite accidentelle. Les quatre donnent la même tache sombre et ne se traitent pas de la même façon. L’Agence Qualité Construction rappelle que le traitement d’une remontée suppose d’abord d’avoir établi que l’eau vient du sol.

Ce que le bâti de la commune indique

Sur les 5 830 résidences principales recensées à Carrières-sur-Seine, 906 sont antérieures à 1946, soit 15,6 % (INSEE). Autrement dit : dans plus de huit logements sur dix, une coupure de capillarité est attendue. La remontée capillaire n’y est pas l’hypothèse par défaut.

Le coteau est un cas particulier

Le PLU signale « la présence de nombreuses anciennes carrières » et place la commune sous un plan de prévention du risque d’effondrement des carrières souterraines, en plus du PPRI de la Seine. Une cave taillée dans le calcaire ne se traite pas comme un sous-sol maçonné.

Par quoi commencer

Par un relevé, pas par un devis. Tant que la cause n’est pas nommée, tout traitement est un pari — et un traitement de remontée posé sur un problème de condensation ne corrige rien.

Carrières-sur-Seine en chiffres : un parc de logements jeune

15,6 %des résidences principales sont antérieures à 1946, soit 906 logements sur 5 830 (INSEE, recensement 2017)
35,1 %du parc a été achevé après 1990, soit 2 031 logements : c’est la période la plus représentée de la commune (INSEE)
43,0 %des logements sont des maisons, soit 2 751 sur 6 394 — la majorité du parc est en collectif (INSEE)
30 mde dénivelé entre la plaine de Montesson et le lit de la Seine, sur 504 hectares de territoire (PLU, rapport de présentation)
Pourquoi ces chiffres-là. Les fiches communales de risques affichent des mentions qualitatives identiques sur la quasi-totalité des communes de la boucle : elles ne disent rien d’une maison en particulier. L’époque de construction, elle, se compte — et c’est elle qui décide si la remontée capillaire est une hypothèse crédible à une adresse donnée.

L’âge du bâti, première clé de lecture

La coupure de capillarité — l’arase étanche posée en pied de mur — s’est généralisée dans la construction courante après la Seconde Guerre mondiale. C’est la raison pour laquelle la date d’achèvement d’un logement oriente le diagnostic avant même la première mesure.

Résidences principales de Carrières-sur-Seine selon la période d’achèvement (INSEE, recensement 2017, exploitation principale)
Période d’achèvement Logements Part Ce que cela change en pied de mur
Avant 1919 338 5,8 % Maçonneries anciennes, arase étanche le plus souvent absente : la remontée capillaire est une hypothèse sérieuse
De 1919 à 1945 568 9,8 % Coupure inconstante et rarement continue sur tous les murs enterrés
De 1946 à 1970 1 556 26,9 % Arase généralement présente, mais parfois court-circuitée par une terrasse ou un enduit rapportés
De 1971 à 1990 1 293 22,4 % Remontée peu probable : chercher d’abord l’infiltration et la condensation
De 1991 à 2005 1 859 32,1 % Bâti étanche à l’air : la condensation devient la première piste, surtout en angle et derrière les meubles
De 2006 à 2014 172 3,0 % Même logique, ventilation mécanique comprise : un extracteur à l’arrêt suffit à mouiller un mur

Lue dans ce sens, la statistique communale devient un outil de tri. Les 906 logements antérieurs à 1946 se concentrent pour l’essentiel dans le noyau villageois du coteau et dans les tissus pavillonnaires anciens ; c’est là que le scénario « l’eau vient du sol » mérite d’être testé en premier. Sur les 2 031 logements achevés après 1990, la même hypothèse est statistiquement faible, et s’y accrocher fait perdre du temps.

Une statistique n’est pas un diagnostic. Une maison de 1995 peut parfaitement présenter une remontée capillaire si son arase a été percée lors d’une extension ou si un vide sanitaire a été remblayé. Le tableau ci-dessus hiérarchise les hypothèses ; il ne les tranche pas. Seule la mesure sur place tranche.

Trois terrains superposés sur trente mètres

Coupe schématique ouest-est de la communeDe la Seine vers la plaine de Montesson : la plaine alluviale et l’Île Fleurie en partie basse, puis le coteau entaillé dans le calcaire grossier du Lutétien où se trouvent les anciennes carrières souterraines, puis le plateau. Le PLU indique un dénivelé de plus de trente mètres entre la plaine de Montesson et le lit de la Seine.La SeinePlaine alluviale et Île FleurieLe coteauLe plateau, plaine de MontessonAnciennes carrières souterrainesCalcaire grossier, LutétienAlluvions de la SeinePlus de 30 m de déniveléCoupe schématique, sans échelle verticale respectée

Coupe schématique d’ouest en est : la Seine et sa plaine alluviale, le coteau entaillé dans le calcaire grossier et miné par les anciennes carrières, puis le plateau de la plaine de Montesson.

Le rapport de présentation du PLU décrit une commune qui n’a pas un sol mais trois, empilés du fleuve au plateau : « le plateau (la plaine de Montesson), le coteau, et le cours de la Seine (la plaine alluviale et l’Île Fleurie) ». C’est une configuration rare pour une commune de 504 hectares, et elle a une conséquence directe sur l’humidité des murs : deux maisons distantes de huit cents mètres peuvent être posées sur deux contextes hydrogéologiques différents.

« Le territoire communal couvre une superficie de 504 hectares. Il accuse un dénivelé de plus de 30 mètres entre la plaine de Montesson et le lit de la Seine. »

PLU de Carrières-sur-Seine, rapport de présentation, p. 30

En partie basse, le mur enterré est en contact avec des alluvions, un matériau qui garde l’eau et la restitue lentement. Sur le plateau, la question devient celle de l’eau pluviale retenue en surface et du drainage de la parcelle. Entre les deux, sur le coteau, on rencontre un troisième cas de figure, propre à Carrières-sur-Seine.

Le coteau, le calcaire et les anciennes carrières

La commune doit son nom à son sous-sol. Le calcaire grossier du Lutétien, la pierre à bâtir de la région parisienne, y a été exploité en galeries jusqu’au XIXe siècle. Le Cerema, qui a établi en 2021 une cartographie d’aléa des mouvements de terrain sur la commune, le formule sans détour.

« Son sous-sol est truffé de carrières exploitées jusqu’au XIXe siècle. »

Cerema, Le Cerema étudie les fronts rocheux de la commune de Carrières-sur-Seine, 15 juin 2021

L’étude porte sur ce que les géologues appellent des versants rocheux sous-cavés : une falaise dont le pied est creusé de galeries. Pour un mur, cela se traduit très concrètement. Une partie des caves du coteau ne sont pas des ouvrages maçonnés mais des volumes taillés dans la roche, dont la paroi est le terrain lui-même. Un tel local n’a jamais eu d’arase étanche, il n’en aura jamais, et l’y chercher n’a pas de sens : l’humidité qu’on y observe est d’abord un échange normal entre le rocher et l’air.

Deux périmètres réglementaires se superposent ici. Le PLU indique que la commune est soumise « à un Plan de Prévention des Risques Naturels, relatif au risque d’inondation de la Seine (P.P.R.I.) » et « à un Plan de Prévention du Risque d’effondrement des carrières souterraines ». Avant tout travaux touchant une paroi enterrée, une cave ou un terrassement, la première vérification n’est pas technique mais cartographique : votre parcelle est-elle dans l’un de ces périmètres ? Les plans sont annexés au PLU et consultables auprès de la commune. Nous ne réalisons pas de travaux de confortement de carrière : cela relève d’un bureau d’études spécialisé.

Le même mur humide, quatre lectures possibles

Mur intérieur dégradé par l'humidité : moisissures noires étendues en partie basse au-dessus de la plinthe et auréoles sombres en haut du mur, près de l'angle de la fenêtre
Deux désordres cohabitent sur ce mur : la bande sombre en partie basse et les auréoles hautes près de l’angle ne relèvent pas de la même cause, ni du même traitement.
Orientation du diagnostic à partir de ce qui est visible
Ce que vous observez Ce vers quoi cela oriente Ce qui le confirme
Frange partant du sol, limite supérieure ondulée, dépôt blanc qui revient après nettoyage Remontée capillaire Profil d’humidité mesuré à plusieurs hauteurs et recherche de sels en profondeur
Auréole à mi-hauteur, sur un mur exposé à la pluie battante, qui s’étend après un épisode pluvieux Infiltration en façade Corrélation avec la météo, examen des joints, des appuis et des descentes d’eau
Buée persistante sur les vitrages, moisissure noire en angle de mur et derrière les meubles Condensation Hygrométrie et température de surface des parois, contrôle du renouvellement d’air
Tache localisée, apparue brutalement, plancher ou plinthe qui gonflent Fuite ou accident Contrôle du réseau, essai à la fermeture des arrivées, recherche non destructive
Paroi enterrée froide et suintante, cave dont le mur est le rocher lui-même Parois enterrées, cas fréquent sur le coteau Examen du niveau du terrain extérieur, de la ventilation du local et de son usage réel
Un test que vous pouvez faire avant de nous appeler. Fixez un carré de film plastique transparent sur la zone humide, hermétiquement sur ses quatre bords, et laissez-le 48 heures. Si les gouttes se forment sous le film, côté mur, l’eau vient de la maçonnerie. Si elles se forment dessus, côté pièce, c’est de la condensation. Le test ne remplace pas une mesure, mais il oriente utilement la conversation.

Notre méthode de diagnostic à Carrières-sur-Seine

Le déroulé est le même partout, mais deux étapes prennent ici une importance particulière : situer la parcelle dans l’un des trois terrains, et mesurer l’air autant que le mur.

  1. Situer la maison dans la communePlaine alluviale, coteau ou plateau : le contexte n’est pas le même à trente mètres d’altitude d’écart. On vérifie au passage si la parcelle relève du périmètre PPRI ou de celui des carrières souterraines.
  2. Dater le bâtimentL’époque de construction hiérarchise les hypothèses avant la première mesure. On note aussi les reprises : extension, terrasse, remblai, doublage — ce sont elles qui créent la plupart des exceptions.
  3. Mesurer à plusieurs hauteursDu pied de mur jusqu’au-dessus de la frange visible, avec un mur témoin sec dans la même pièce. C’est ce profil vertical, et lui seul, qui distingue une remontée d’une infiltration.
  4. Chercher les selsUn prélèvement en profondeur : une charge élevée en nitrates ou en sulfates signe un transport d’eau de longue durée depuis le sol, pas un accident récent.
  5. Mesurer l’air, pas seulement le murHygrométrie, température de surface des parois, renouvellement d’air réel. Dans un parc où un logement sur trois a été achevé après 1990, l’étanchéité à l’air est bonne : le point de rosée se déplace sur les parois froides et la condensation devient la cause la plus fréquente.
  6. Repérer ce qui bloque l’évaporationUn mur ne sèche que par la face qu’on lui laisse libre. Enduit ciment, peinture filmogène, doublage collé sur un support encore chargé : aucun de ces parements ne crée le désordre, tous le déplacent vers le haut. On les inventorie avant de proposer quoi que ce soit.
  7. Rendre un écrit qui engageLe compte rendu nomme la cause retenue, indique sur quelle mesure elle repose et signale les hypothèses écartées. Lorsque plusieurs causes coexistent — pied de mur enterré côté coteau et pièce peu renouvelée côté séjour, par exemple —, il dit laquelle traiter en premier, et pourquoi.

Ce qui traite quoi

Chaque cause appelle une famille de réponses. Les mélanger, ou en appliquer une au hasard, est la façon la plus sûre de payer deux fois.

Remontée capillaireRétablir une coupure de capillarité là où elle manque. L’Agence Qualité Construction pose une condition nette : la barrière doit être rigoureusement continue sur toute la section horizontale des murs au contact du sol. Une barrière partielle reproduit le défaut qu’elle prétend corriger.
Infiltration en façadeReprendre le point d’entrée avant de traiter le mur : joints, appuis de fenêtre, descentes d’eau pluviale, raccords de couverture. Puis laisser la maçonnerie sécher, sans l’enfermer.
Infiltration latérale et parois enterréesCas fréquent sur le coteau et en partie basse. On travaille sur le niveau du terrain extérieur, l’évacuation des eaux et le comportement de la paroi. Le cuvelage, lui, a un domaine d’emploi précis : le NF DTU 14.1 de novembre 2020 vise les structures « en béton armé ou précontraint » — sur une cave en moellons ou taillée dans le rocher, on en sort, et une étude spécifique s’impose.
CondensationElle ne se traite pas au mur mais à l’air : renouvellement, traitement des ponts thermiques, usage réel des pièces. C’est la première hypothèse dans un logement récent, et la plus souvent confondue avec une remontée.
Champignons et moisissuresCe sont des conséquences, jamais des causes. On les traite, mais après avoir coupé l’alimentation en eau du support — sinon ils reviennent au même endroit.
Ce qui aggravePeinture dite anti-humidité, enduit ciment étanche, doublage posé sur un mur encore humide. L’AQC est formelle : ces parements empêchent l’évaporation basse et l’eau « migre alors toujours plus haut ». Le désordre revient — plus haut qu’avant, et plus cher.
Ce que nous n’annonçons pas. Aucun délai de séchage chiffré : ni l’AQC, ni le CSTB, ni aucun DTU ne publie de durée de référence. Aucune garantie de résultat par une technique seule. Aucun tarif au mètre linéaire avant d’avoir vu le mur. Et aucun délai d’intervention annoncé à l’avance : il dépend de la nature du désordre et du planning réel.

Un mur humide à Carrières-sur-Seine ? Commencez par le diagnostic.

Nos techniciens interviennent à Carrières-sur-Seine depuis notre agence Île-de-France, à Bezons. Relevé d’humidité sur place, identification de la cause, proposition détaillée ensuite.

Questions fréquentes à Carrières-sur-Seine

Ma maison date des années 1990. Puis-je quand même avoir une remontée capillaire ?

C’est possible, mais statistiquement peu probable : à Carrières-sur-Seine, 35,1 % des résidences principales ont été achevées après 1990, une période où la coupure de capillarité est la règle. Dans ce parc, un mur humide vient bien plus souvent de la condensation ou d’une infiltration. L’exception existe quand l’arase a été percée par une extension, une terrasse rapportée ou un remblai contre la façade — c’est précisément ce que le relevé cherche à établir.

Ma cave est taillée dans le rocher. Est-il normal qu’elle soit humide ?

Sur le coteau, une partie des caves sont des volumes creusés dans le calcaire grossier, hérités de l’exploitation des carrières : la paroi est le terrain lui-même. Une hygrométrie élevée y est un comportement normal, pas un désordre. La question utile n’est donc pas « comment étanchéifier ce mur » mais « quel usage ce local peut-il supporter » — et un local en sous-sol qui n’a pas été conçu comme pièce de vie ne devrait pas le devenir.

Comment savoir si ma parcelle est concernée par un périmètre réglementaire ?

Le PLU de Carrières-sur-Seine indique que la commune est couverte à la fois par un plan de prévention du risque d’inondation de la Seine et par un plan de prévention du risque d’effondrement des carrières souterraines. Les plans de zonage correspondants sont annexés au PLU et consultables auprès de la commune. Cette vérification se fait avant tout terrassement ou travaux sur une paroi enterrée.

Comment distinguer une condensation d’une remontée capillaire ?

Trois indices séparent les deux. La remontée part du sol et sa limite supérieure est ondulée ; elle laisse un dépôt blanc qui réapparaît après nettoyage ; et elle est peu sensible à l’aération. La condensation, elle, se concentre sur les parois froides — angles de murs, embrasures, derrière un meuble collé au mur —, s’accompagne de buée sur les vitrages et varie fortement avec l’occupation du logement et la saison.

Intervenez-vous à Carrières-sur-Seine ?

Oui. Notre agence Île-de-France, basée à Bezons, intervient dans toute la boucle de Seine. La visite commence toujours par un relevé d’humidité sur place ; la proposition chiffrée vient après, une fois la cause identifiée.

Nos interventions autour de Carrières-sur-Seine

Les communes voisines de la boucle partagent en partie le même contexte alluvial :

Sources. Données consultées en août 2026, périmètre commune de Carrières-sur-Seine (78124).

  • INSEE — dossier complet, recensement 2017, exploitation principale : catégories et types de logements, résidences principales selon la période d’achèvement.
  • INSEE — comparateur de territoires : 14 791 habitants et 6 482 logements au recensement 2023.
  • Ville de Carrières-sur-Seine — PLU, rapport de présentation : superficie et dénivelé (p. 30), plans de prévention des risques applicables (p. 11).
  • Ville de Carrières-sur-Seine — annexe du PLU : plan du périmètre des carrières souterraines.
  • Ville de Carrières-sur-Seine — annexe du PLU : plan de zonage du PPRI.
  • Cerema — cartographie de l’aléa mouvements de terrain liés aux fronts rocheux, 15 juin 2021.
  • Agence Qualité Construction — fiche pathologie « Remontées capillaires ».
  • CSTB — NF DTU 14.1, travaux de cuvelage, novembre 2020.