Humidité des murs à Clamart : le relief et le sous-sol changent le diagnostic
Entre le bas de la commune et le plateau du Petit Clamart, le terrain grimpe de 110 mètres. Un mur humide ne s’explique pas de la même façon des deux côtés du coteau : ici l’eau vient du sol et des sources de versant, là d’une eau de pluie retenue par les argiles. Avant de traiter, il faut savoir où l’on se trouve.
- Intervention à Clamart et dans le sud des Hauts-de-Seine
- Mesure d’humidité sur place
- Devis détaillé après diagnostic
L’essentiel, en quatre points
Une commune à forte pente. Le terrain passe de 64 m NGF dans le bas à 172 m NGF au Petit Clamart, soit une dénivellation de 110 mètres sur environ six kilomètres. Ce relief, et non la proximité d’un cours d’eau, commande la circulation de l’eau dans les sols.
Pas d’une nappe alluviale généralisée. Le PLU décrit des sources dans les bois, alimentées par une nappe de coteau, et la trace d’un ancien ru qui traversait le centre-ville. L’eau est retenue par les niveaux marneux, puis ressort en versant.
Le retrait-gonflement des argiles. Géorisques classe Clamart en exposition forte au centroïde communal, et 5 des 13 arrêtés de catastrophe naturelle reconnus sur la commune concernent la sécheresse. Une fissure de retrait devient un chemin d’eau.
Par un relevé d’humidité à plusieurs hauteurs, pas par un devis. Trois causes très différentes — remontée capillaire, infiltration, condensation — produisent des taches qui se ressemblent, et trois traitements incompatibles.
Clamart en chiffres : ce que disent les données publiques
Sous Clamart : six couches, et une seule qui retient l’eau
Le rapport de présentation du PLU décrit un empilement régulier, du sommet du plateau vers le bas : limons de plateau, calcaire et meulière de Beauce, sables et grès de Fontainebleau, marnes à huîtres, marnes vertes et glaises, marnes du gypse, puis une épaisse couche de calcaire grossier. Cet empilement est à peu près horizontal ; le terrain, lui, ne l’est pas. C’est de cet écart que naissent les désordres.
Les sables et grès de Fontainebleau laissent passer l’eau de pluie. Les marnes vertes et glaises, situées dessous, la laissent beaucoup moins passer. L’eau descend donc jusqu’à ce niveau, puis chemine latéralement et ressort là où le coteau recoupe la couche : le PLU signale précisément des sources dans les bois, alimentées par une nappe aquifère de coteaux. Une maison bâtie sur ce versant peut donc recevoir de l’eau par l’amont, en permanence, sans qu’aucune canalisation ne fuie.
Schéma de principe établi d’après la description géologique et les altitudes du rapport de présentation du PLU de Clamart. Les épaisseurs ne sont pas à l’échelle.
Trois Clamart, trois diagnostics
La commune se lit en trois bandes, et un mur humide ne raconte pas la même histoire dans chacune. Le PLU décrit un plateau culminant au Petit Clamart, une pente « assez abrupte » vers la Seine, et un centre « pratiquement plat ».
| Point de comparaison | Plateau — Petit Clamart, lisière des bois | Coteau — la pente | Centre et bas — secteur plat |
|---|---|---|---|
| Terrain rencontré | Limons de plateau, meulière et calcaire de Beauce | Sables de Fontainebleau puis marnes recoupées par la pente | Remblais, sables, marnes et caillasses sur calcaire grossier |
| Eau en cause | Eau de pluie retenue au-dessus des niveaux peu perméables | Circulation de versant, sources au toit des marnes | Eaux de convergence, anciens fonds de vallon, réseaux |
| Saisonnalité | Diffuse, liée aux épisodes pluvieux | Marquée : hautes eaux de fin d’hiver et de printemps | Assez constante sur l’année |
| Désordre associé | Retrait-gonflement des argiles, fissuration, dallage désolidarisé | Mur enterré côté amont, poussée d’eau sur la face aveugle | Remontée capillaire en pied de mur, cave humide |
| À vérifier d’abord | Fissures en pied de mur, gestion des eaux pluviales, dallage | Niveau du terrain amont, drainage existant, mur de soutènement | Cote du plancher bas, niveau du sol extérieur, enduits étanches |
Les anciennes carrières : ce qu’elles changent, et ce qu’elles ne changent pas
Clamart figure parmi les communes des Hauts-de-Seine exposées au risque de mouvement de terrain lié aux anciennes carrières souterraines. Le PLU en décrit trois exploitations distinctes : le calcaire grossier du Lutécien, sous un recouvrement pouvant atteindre trente mètres et exploité par piliers tournés ou par hagues et bourrages sur un à trois étages superposés ; le gypse du Ludien, dont la formation peut atteindre cinquante mètres, exploité sur des hauteurs allant jusqu’à dix-sept mètres ; et la craie, sur deux étages superposés.
Le périmètre des zones de risques liées à ces carrières a été délimité par un arrêté préfectoral du 7 août 1985, qui vaut plan de prévention des risques. À l’intérieur de ce périmètre, les projets de construction et les travaux d’ampleur sont soumis à l’avis de l’Inspection générale des carrières.
Depuis 1982, Clamart a enregistré plusieurs arrêtés de catastrophes naturelles pour mouvements de terrain, notamment avenue Henri Barbusse, avenue Jean Jaurès et avenue Victor Hugo, ainsi qu’aux abords de l’hôpital Percy.
PLU de Clamart, rapport de présentation, état initial de l’environnement, p. 49
Symptôme, cause probable, vérification
Plutôt qu’une liste de signes, voici la table de décision qu’utilise un technicien sur place. La colonne de droite est la seule qui tranche : tant qu’elle n’est pas renseignée, la cause reste une hypothèse.
| Ce que vous voyez | Causes possibles | Ce qui permet de trancher |
|---|---|---|
| Frange ondulée en pied de mur, dépôt blanc, plinthe qui se décolle | Remontée capillaire, rejaillissement de pluie, sol extérieur trop haut | Comparer le niveau du sol extérieur et celui du plancher intérieur ; relevé d’humidité à plusieurs hauteurs ; recherche de sels |
| Tache sur un mur enterré côté amont, aggravée après la pluie | Poussée d’eau latérale de versant, drainage absent ou colmaté | Mesurer le dénivelé amont-aval de la parcelle ; vérifier l’exutoire du drain s’il existe |
| Fissure en escalier, dallage désolidarisé, porte qui coince par épisodes | Retrait-gonflement des argiles, tassement différentiel | Situer la parcelle dans le zonage argiles ; suivre l’ouverture de la fissure sur un cycle sec-humide complet |
| Auréole à mi-hauteur, après la pluie seulement | Infiltration en façade, joint défaillant, descente d’eau pluviale | Observer pendant et après une pluie ; inspecter gouttières, appuis et joints |
| Gouttelettes sur murs froids, buée aux fenêtres, moisissure dans les angles | Condensation, ventilation insuffisante | Test du film plastique 48 h : gouttes côté pièce, c’est la condensation |

Ce que doit vérifier un diagnostic à Clamart
L’Agence Qualité Construction rappelle qu’un traitement engagé sans identification préalable de la cause a toutes les chances d’être inefficace. À Clamart, la première étape n’est pas un instrument : c’est une carte.
- Situer la maison dans le reliefAltitude de la parcelle, position par rapport au coteau, dénivelé entre l’avant et l’arrière du bâti. Sur 110 mètres d’amplitude communale, cette seule information élimine déjà des hypothèses.
- Vérifier le périmètre carrièresSavoir si la parcelle est comprise dans le périmètre de l’arrêté du 7 août 1985. Cela ne change pas le traitement de l’humidité, mais cela change la lecture des fissures et les démarches en cas de travaux.
- Mesurer à plusieurs hauteursRelevé du pied de mur jusqu’au-dessus de la frange visible. Une humidité qui décroît régulièrement avec la hauteur signe une origine basse ; un profil irrégulier oriente vers une infiltration ponctuelle.
- Chercher les selsPrélèvement en profondeur dans la maçonnerie : une charge élevée en nitrates et sulfates accompagne les remontées anciennes, et modifie le comportement de l’enduit de finition.
- Vérifier l’arase et les niveaux extérieursPrésence, position et surtout continuité d’une coupure de capillarité ; hauteur du sol extérieur, terrasses rapportées, enrobés qui ont monté le niveau au fil des décennies.
- Regarder ce qui empêche le mur de sécherEnduit ciment étanche, doublage collé, peinture filmogène : un mur qui reçoit peu d’eau mais ne peut plus l’évacuer se dégrade autant qu’un mur très humide.
- Conclure par écrit, cause par causeUn diagnostic utile nomme la cause, la localise, la hiérarchise et indique ce qui reste incertain. Un rapport qui ne comporte qu’un chiffrage n’est pas un diagnostic.
Les solutions, selon la cause identifiée
Il n’existe pas de traitement unique. Le choix découle de la cause établie, et certaines familles de solutions sont classées par l’Agence Qualité Construction comme palliatives : elles améliorent le confort sans supprimer le phénomène.
Un mur humide à Clamart ? Commencez par le diagnostic.
Nos techniciens interviennent à Clamart et dans le sud des Hauts-de-Seine depuis notre agence Île-de-France, basée à Bezons. Relevé d’humidité sur place, cause identifiée par écrit, devis détaillé ensuite — dans cet ordre.
Questions fréquentes à Clamart
Ma maison est sur le plateau, loin de tout cours d’eau. Puis-je quand même avoir une remontée capillaire ?
Oui. Une remontée capillaire n’a pas besoin d’une rivière : il lui suffit d’un sol humide au contact du pied de mur et d’une maçonnerie sans coupure de capillarité. Sur le plateau, l’eau qui entretient cette humidité est une eau de pluie retenue : les limons et les formations argileuses décrites par le PLU freinent l’infiltration, et l’eau stagne au contact des fondations. Le diagnostic est le même, la cause de l’alimentation change.
Les anciennes carrières sous Clamart peuvent-elles rendre un mur humide ?
Pas directement : une galerie située sous trente mètres de terrain ne mouille pas un pied de mur. Elles comptent indirectement, de deux façons. D’abord parce que les mouvements de terrain qu’elles provoquent fissurent les maçonneries, et qu’une fissure ouvre un chemin à l’eau. Ensuite parce que le comblement et les remblais modifient la façon dont l’eau circule dans les premiers mètres. Si votre parcelle est dans le périmètre délimité par l’arrêté préfectoral du 7 août 1985, l’avis de l’Inspection générale des carrières s’impose avant travaux d’ampleur.
Pourquoi mon mur va-t-il mieux en été et plus mal en hiver ?
Parce que deux phénomènes se superposent à Clamart. En hiver, les sols sont saturés et les sources de coteau plus actives : le mur reçoit davantage d’eau. En été, l’évaporation masque une partie du désordre… mais la sécheresse fait travailler les argiles : cinq des treize arrêtés de catastrophe naturelle reconnus sur la commune concernent précisément ce phénomène. Une fissure ouverte l’été se paie en infiltrations l’hiver suivant.
Comment distinguer une remontée capillaire d’une simple condensation ?
Trois indices convergents. La remontée capillaire part du sol et s’arrête à une hauteur à peu près constante, avec une frange ondulée ; elle laisse un dépôt blanc de sels ; elle est présente toute l’année. La condensation, elle, apparaît sur les parois froides et les angles, souvent en haut de mur, et suit l’occupation du logement. Le test du film plastique tranche en 48 heures, et il ne coûte rien.
Le sous-sol de mon pavillon est humide toute l’année. Est-ce la nappe ?
Ce n’est pas la règle à Clamart. Contrairement aux communes de bord de Seine, la commune n’est pas assise sur une nappe alluviale peu profonde et généralisée : les écoulements sont plutôt des circulations perchées, retenues par les niveaux marneux. Le PLU relève par exemple une nappe à 5,45 m de profondeur sur un site du centre-ville, une valeur ponctuelle qui ne vaut pas pour toute la commune. Il faut donc mesurer sur place : cote du dallage, venues d’eau, matériau des parois.
Faut-il traiter avant de vendre ?
Le diagnostic ne se substitue à aucun diagnostic immobilier obligatoire, et l’humidité ne fait pas partie des diagnostics réglementés de la vente. En revanche, un rapport écrit qui nomme la cause, la localise et la hiérarchise vaut mieux qu’un devis de travaux : il vous permet de discuter le prix sur une base vérifiable plutôt que sur une tache.
Nos interventions autour de Clamart
Les communes voisines partagent le même contexte de plateau et de coteau, et souvent les mêmes anciennes carrières. Le diagnostic y suit la même logique, mais chaque commune a ses documents et son zonage propres.
- API Découpage administratif — population légale 58 576 habitants, superficie 875,91 hectares, densité 6 687 hab./km².
- Géorisques — base GASPAR — 13 arrêtés de catastrophe naturelle de 1989 à 2008 ; risques recensés : mouvement de terrain, affaissements et effondrements d’origine anthropique liés aux anciennes carrières souterraines, tassements différentiels.
- Géorisques / BRGM — retrait-gonflement des argiles, exposition forte relevée au centroïde communal. Valeur non représentative de chaque parcelle.
- Ville de Clamart — PLU, rapport de présentation, état initial de l’environnement : topographie p. 8, géologie et carrières p. 9-10, hydrographie p. 12, nappe p. 44, catastrophes naturelles p. 48-49, argiles p. 50, altitude minimale p. 53.
- Préfecture des Hauts-de-Seine — périmètre des zones de risques liés aux anciennes carrières, ayant valeur de plan de prévention des risques.
- Agence Qualité Construction — fiches pathologie bâtiment, remontées capillaires : identification préalable de la cause, classement des traitements palliatifs.
- CSTB — NF DTU 14.1, travaux de cuvelage : règles applicables aux parois enterrées soumises à une pression d’eau.
