Lisses · 91090 · Essonne

Remontée capillaire à Lisses : un bâti des années 1970-1990 face à l’humidité

Un bas de mur qui fonce, un dépôt blanc qui revient après chaque nettoyage, une cave qui sent l’humidité l’hiver : à Lisses, ces signes ne renvoient pas à une ville ancienne, mais à une commune construite pour l’essentiel en vingt ans, entre 1971 et 1990. Le diagnostic ne se pose pas de la même façon qu’au bord d’un fleuve ou dans un centre historique.

Méthode complète, étapes du chantier et fourchettes de prix : voir notre page traitement des remontées capillaires.

  • Diagnostic sur place à Lisses
  • Mesure d’humidité avant devis
  • Intervention en Essonne

L’essentiel, en quatre points

Ce qu’est une remontée capillaire

Un mécanisme bien documenté par le Centre scientifique et technique du bâtiment : l’eau contenue dans un sol humide progresse par capillarité à l’intérieur d’un mur poreux, puis s’évapore en hauteur en y déposant ses sels. Sa gravité dépend surtout de la continuité d’une coupure étanche en pied de mur, bien plus que de l’âge de la construction.

Pourquoi Lisses n’est pas un cas classique

La commune n’a presque pas de bâti ancien : à peine 1,9 % des résidences principales datent d’avant 1919. L’essentiel du parc, 62 %, a été construit entre 1971 et 1990, avec des techniques et des défauts propres à cette période plutôt qu’à la pierre ancienne.

Quel bâti est concerné

Lisses compte 2 121 maisons individuelles, soit 69,9 % des logements de la commune (INSEE, recensement 2023). C’est ce parc pavillonnaire, en contact direct avec le sol par ses fondations et ses dalles, qui concentre les désordres observés.

Par quoi commencer

Par un relevé d’humidité et l’historique du désordre, pas par un devis. Remontée capillaire, infiltration et condensation produisent des signes proches mais ne se traitent pas de la même façon.

Lisses en chiffres : ce que disent les données publiques

62 %des résidences principales achevées avant 2021 ont été construites entre 1971 et 1990 (INSEE, recensement 2023)
9 arrêtésde catastrophe naturelle recensés depuis 1982 : 5 pour inondation, 3 pour sécheresse, 1 pour mouvement de terrain (Géorisques, base GASPAR)
Exposition moyenneau retrait-gonflement des argiles, relevée au centroïde de la commune (Géorisques / BRGM)
2012année d’approbation du PPRI Vallée de l’Essonne, qui couvre le territoire de Lisses (préfecture de l’Essonne)
Pourquoi une année de construction plutôt qu’un risque générique. Dire qu’une commune « est exposée » à l’humidité ne dit rien d’une maison précise. Savoir qu’elle a été bâtie à 62 % sur une fenêtre de vingt ans, avec les techniques de cette période, oriente le diagnostic vers des points de contrôle précis : étanchéité de la dalle, continuité de l’arase, état des drains d’origine.

Le bâti de Lisses : vingt ans ont suffi à construire la commune

C’est la donnée la plus utile au diagnostic. Là où une commune ancienne superpose plusieurs générations de bâti, Lisses est presque entièrement issue d’un seul cycle de construction.

Résidences principales de Lisses achevées avant 2021, par époque (INSEE, recensement 2023)
Époque Maisons Appartements Part du total
Avant 1919 43 8 1,9 %
1919 – 1945 37 9 1,7 %
1946 – 1970 113 73 7,0 %
1971 – 1990 1 349 325 62,1 %
1991 – 2005 229 131 13,3 %
2006 – 2020 237 143 14,1 %

Sur 2 697 résidences principales achevées avant 2021, 97 seulement précèdent 1946, soit moins de 4 %. À l’inverse, les deux décennies 1971-1990 concentrent à elles seules 1 674 logements. Le diagnostic à Lisses porte donc rarement sur une maçonnerie ancienne sans coupure de capillarité : il porte sur des dalles sur terre-plein et des parpaings de la fin du XXe siècle, dont l’étanchéité dépend de la qualité d’exécution plutôt que de l’ancienneté.

Argiles et PPRI : deux risques, deux logiques différentes

Le Bureau de recherches géologiques et minières classe Lisses en exposition moyenne au retrait-gonflement des argiles. Ce phénomène n’a rien à voir avec une remontée capillaire : il fissure les dallages et les soubassements lors des cycles de sécheresse puis de réhumidification du sol, ouvrant des points d’entrée d’eau que l’on confond parfois avec une humidité ascensionnelle.

Un parc particulièrement concerné. Les maisons construites entre 1971 et 1990 sur dalle légère, sans étude de sol systématique, figurent parmi les typologies les plus citées dans les arrêtés de catastrophe naturelle « sécheresse » en Île-de-France. Lisses en compte trois depuis 1982.

Le territoire communal est par ailleurs couvert par le PPRI Vallée de l’Essonne, approuvé par arrêté inter-préfectoral du 18 juin 2012, qui s’applique à Lisses ainsi qu’aux communes riveraines de Corbeil-Essonnes et Villabé. Ce règlement limite la création de sous-sols dans les secteurs les plus exposés et ne l’autorise, dans les zones les moins exposées, que pour du stationnement de véhicules.

Ce que ce règlement ne fait pas. Le PPRI encadre les constructions nouvelles, pas le traitement d’un désordre existant. Une cave ou un sous-sol déjà bâti peut être diagnostiqué et traité quelle que soit la zone, en tenant compte du niveau d’eau documenté pour le secteur.

Symptôme, cause probable, vérification

À Lisses, un même symptôme oriente plus souvent vers une dalle ou un enduit des années 1970-1990 que vers une maçonnerie ancienne. La vérification reste la même logique qu’ailleurs : elle tranche, l’apparence ne tranche pas.

Grille de lecture utilisée sur place pour ne pas se fier à l’apparence seule
Signe observé Hypothèses à écarter ou confirmer Vérification qui tranche
Frange d’humidité en pied de mur, dépôt blanc récurrent Remontée capillaire, défaut ou absence d’arase Mesurer l’humidité à trois hauteurs, comparer à un mur témoin, doser les sels
Fissure au raccord dalle-mur, carrelage qui se soulève Retrait-gonflement des argiles, tassement différentiel Suivre la fissure sur un cycle sec-humide, vérifier la présence d’une étude de sol
Cave ou sous-sol humide, surtout en hiver Nappe ou eaux de ruissellement au-dessus du dallage Relever la cote du dallage, croiser avec le zonage du PPRI Vallée de l’Essonne
Buée sur les vitrages, moisissures en about de fenêtre Condensation, ventilation insuffisante Poser un film alimentaire étanche 48 h : de la buée côté pièce oriente vers la condensation
Peinture qui cloque, enduit qui s’effrite en partie basse Support encore humide sous un revêtement étanche Identifier le revêtement en place et son ancienneté avant tout nouveau traitement
Avant de prendre rendez-vous. Un morceau de film alimentaire fixé de façon étanche sur la zone touchée pendant deux jours permet d’orienter le diagnostic sans outillage : de la buée qui se forme du côté collé à la paroi pointe vers le mur ou le sol, tandis qu’une humidité côté pièce signale plutôt un problème de ventilation.

Ce que vérifie un diagnostic sérieux à Lisses

  1. Dater le bâtiSavoir si la maison appartient au cycle majoritaire 1971-1990 ou à une construction plus récente ou plus ancienne change les points de contrôle prioritaires.
  2. Prendre des mesures étagéesUn relevé du taux d’humidité est effectué de bas en haut de la paroi et comparé à une zone saine du même mur, pour tracer un profil plutôt qu’un chiffre isolé.
  3. Distinguer dalle et murUne fissure au raccord dalle-mur n’appelle pas le même traitement qu’une remontée capillaire en pied de mur porteur.
  4. Vérifier la continuité de l’arase ou son absenceSur le bâti des années 1970-1990, l’arase étanche existe souvent mais peut être pontée par un enduit ou un dallage extérieur trop haut.
  5. Repérer les obstacles à l’évaporationUn parement imperméable ou un doublage posé contre un mur encore chargé en eau ne provoque pas le désordre, mais l’entretient en empêchant le séchage.
  6. Remettre des conclusions écritesChaque désordre identifié est rattaché à sa cause probable et localisé sur un plan, avant toute hiérarchisation des travaux à prévoir.

Les solutions, selon la cause identifiée

Le traitement dépend de la cause établie, de la nature du support (parpaing, béton banché, maçonnerie ancienne) et de l’accessibilité du pied de mur.

Injection de résineRéponse à une arase absente ou pontée : crée ou restaure une barrière continue contre la capillarité sur toute la section du mur en contact avec le sol.
Drainage périphériqueTraitement complémentaire quand le sol extérieur retient l’eau contre les fondations ou la dalle, fréquent sur le bâti des années 1970-1990 dont l’extérieur a été remblayé depuis la construction.
Cuvelage intérieurPour les caves et sous-sols déjà bâtis soumis à une pression d’eau, y compris dans le périmètre du PPRI Vallée de l’Essonne : le règlement n’interdit pas de traiter l’existant.
Ventilation mécanique par insufflationÉvacue la vapeur libérée pendant le séchage des murs. Elle vient après le traitement de la cause, jamais à sa place.
Ce qui aggrave la situationRendre un mur étanche par un revêtement filmogène avant d’avoir traité la cause bloque le seul chemin de sortie de l’eau. Le désordre ne disparaît pas, il se déplace plus haut sur la paroi, souvent au-dessus de la zone traitée en apparence.
Ce que nous n’annonçons pas. Aucun délai de séchage chiffré présenté comme une norme, aucune garantie de résultat par la seule injection, et aucun tarif avant d’avoir vu le mur : le coût dépend de l’épaisseur du support et de l’étendue du désordre, constatées sur place.

Un mur humide à Lisses ? Commencez par le diagnostic.

Nos techniciens se déplacent à Lisses et dans le reste de l’Essonne, rattachés à notre agence Île-de-France. La visite commence par un relevé d’humidité et se termine par un devis chiffré une fois la cause établie.

Questions fréquentes à Lisses

Ma maison a été construite dans les années 1980. Est-elle à l’abri des remontées capillaires ?

Pas automatiquement. Une arase étanche est en principe posée sur les constructions de cette période, mais elle peut avoir été pontée par un dallage extérieur remonté avec le temps, ou n’avoir jamais été continue sur tous les murs en contact avec le sol. L’âge récent du bâti réduit le risque, il ne l’annule pas.

Pourquoi parler d’argiles alors que je cherche un problème d’humidité ?

Parce qu’une fissure ouverte par le retrait-gonflement des argiles au raccord entre la dalle et le mur laisse ensuite entrer l’eau, avec des signes proches d’une remontée capillaire. Lisses est classée en exposition moyenne par le BRGM : la distinction se fait par l’emplacement et l’allure de la fissure, pas par l’aspect de l’humidité seule.

Le PPRI Vallée de l’Essonne m’empêche-t-il de traiter ma cave ?

Non. Ce règlement, approuvé en 2012, encadre la création de nouveaux sous-sols dans les secteurs les plus exposés de la vallée. Il ne s’oppose pas au diagnostic ni au traitement d’une cave ou d’un sous-sol déjà existant.

Comment savoir si mon problème vient du sol plutôt que de la façade ?

La remontée capillaire part du bas, avec une limite supérieure ondulée et un dépôt blanc qui revient après nettoyage. Une infiltration de façade suit plutôt les épisodes de pluie et apparaît près d’un point singulier : appui de fenêtre, descente d’eau ou fissure de dalle.

Faut-il attendre une saison particulière pour faire diagnostiquer un mur humide à Lisses ?

Non, mais les désordres liés à l’eau du sol sont souvent plus visibles en automne et en hiver, et ceux liés aux argiles se révèlent surtout après un été sec suivi de pluies. Un diagnostic reste possible toute l’année : il s’appuie sur des relevés et des traces, pas uniquement sur l’aspect du jour.

Nos interventions autour de Lisses

Les communes limitrophes partagent pour partie le même PPRI ou un bâti de la même génération :

Sources. Données consultées en octobre 2026, périmètre commune de Lisses (91340).

  • INSEE — recensement de la population 2023, résidences principales par type et période d’achèvement.
  • Géorisques — arrêtés de catastrophe naturelle (base GASPAR) et exposition au retrait-gonflement des argiles (BRGM), données commune de Lisses.
  • Préfecture de l’Essonne — règlement du PPRI Vallée de l’Essonne, arrêté inter-préfectoral du 18 juin 2012.
  • Grand Paris Sud — fiche risques intercommunale confirmant la couverture de Lisses par le PPRI Vallée de l’Essonne.