Un département coupé en deux : la Beauce qui boit, le Perche qui retient
À l’est, un plateau calcaire posé sur la plus grande réserve d’eau souterraine de France — 20 milliards de mètres cubes — où la pluie s’infiltre au lieu de ruisseler. À l’ouest, l’argile à silex et les sables du Perche, qui gardent l’eau en surface et l’envoient vers le bas des vallons. Deux sous-sols, deux façons pour un mur de se charger en eau.
- 365 communes couvertes
- Mesures sur place
- Devis après diagnostic

L’essentiel, en quatre points
Ce qui change quand on diagnostique une humidité en Eure-et-Loir plutôt qu’ailleurs.
Le calcaire de Beauce, épais de plus de cent mètres, laisse la pluie descendre jusqu’à une nappe qui se tient à une trentaine de mètres sous les plateaux et affleure dans les vallées. Le Perche, lui, repose sur l’argile à silex et les sables : l’eau y reste haute et circule à faible profondeur. Un mur humide ne se lit pas de la même façon des deux côtés.
15,5 % des résidences principales sont antérieures à 1919 et 22,4 % à 1946. Pierre calcaire, moellon, brique, silex, et surtout torchis et bauge sur ossature de bois : le CAUE d’Eure-et-Loir rappelle que ces maçonneries sont montées au mortier de chaux pour rester perspirantes, et que les produits à base de ciment y piègent l’humidité.
Le BRGM classe 26,4 % du territoire départemental en aléa moyen à fort de retrait-gonflement des argiles, et 69,1 % en aléa non nul. Les mouvements du sol ne créent pas l’humidité, mais ils ouvrent les fissures par lesquelles l’eau entre — et ils accompagnent souvent les désordres que nous venons constater.
Nous ne vendons pas de traitement par téléphone. Relevés d’humidité, températures de paroi, examen du terrain, des descentes d’eau et des parties enterrées se font sur place — et c’est seulement ensuite qu’une préconisation chiffrée a un sens.
Ce que l’Eure-et-Loir a de particulier
Ces chiffres ne décrivent pas votre logement. Ils décrivent le type de bâti dominant, son âge et le terrain sur lequel il repose — trois éléments qui déterminent par quelle hypothèse un technicien commence.
Que voyez-vous chez vous ?
Chaque signe ouvre une piste. Aucun ne suffit à conclure — mais il indique par où commencer, et ce qu’il faudra mesurer pour trancher.
Une cave qui se charge de novembre à avrilLe sol reste frais, les murs perlent après un hiver pluvieux, et tout redevient normal en été sans que rien n’ait été fait.Eau du sol contre la paroi enterrée
Un enduit ciment qui se décolle du torchisIl cloque, sonne creux et emporte la terre en tombant — souvent quelques années après un ravalement bien intentionné.Revêtement imperméable sur mur perspirant
Une tache qui suit les orages d’étéElle apparaît sur la façade au vent, près d’un appui de fenêtre ou au droit d’une descente d’eau pluviale, puis s’estompe.Infiltration de façade ou d’abords
De la buée et des moisissures après une rénovationFenêtres changées, combles isolés, et depuis, des angles noirs et une odeur qui ne part plus.Condensation, ventilation devenue insuffisante
Une cuvette qui se creuse dans un champ ou un jardinEn Beauce, une dépression fermée qui avale l’eau de pluie ; ailleurs, un affaissement au-dessus d’une ancienne carrière.Doline ou cavité — à signaler en mairie
Un logement sur sept a plus d’un siècle
15,5 % des résidences principales d’Eure-et-Loir ont été achevées avant 1919, et près d’un quart avant 1946. Face à elles, un tiers du parc bâti entre 1971 et 1990. Ces deux extrêmes n’ont ni les mêmes murs, ni les mêmes désordres.
| Période d’achèvement | Résidences principales | Part du parc |
|---|---|---|
| Avant 1919 | 29 187 | 15,5 % |
| 1919 – 1945 | 12 984 | 6,9 % |
| 1946 – 1970 | 39 048 | 20,7 % |
| 1971 – 1990 | 58 890 | 31,2 % |
| 1991 – 2005 | 23 455 | 12,4 % |
| 2006 – 2020 | 24 956 | 13,2 % |
Trois familles de bâti, trois façons de prendre l’eau
- Avant 1946 — 42 171 logements, 22,4 % : le bâti traditionnel eurélien. En Beauce, pierre calcaire taillée ou en moellons, terre crue en torchis et en bauge sur pan de bois, brique en chaînage d’angle et en encadrement de baie. Dans le Perche, craie blanche tendre, sables ferrugineux, silex à larges joints, et grès ou roussard en soubassement parce qu’ils résistent là où le calcaire gèle. Aucune coupure de capillarité : ces murs pompent l’eau du sol et la rendent par évaporation.
- 1946 – 1990 — 97 938 logements, 51,9 % : plus de la moitié du parc, avec un pic entre 1971 et 1990 (31,2 % à eux seuls). Pavillons de lotissement autour de Chartres, Dreux et Châteaudun, sous-sols totaux, garages semi-enterrés, vides sanitaires, isolation partielle et ponts thermiques en about de plancher. Les désordres s’y partagent entre humidité de partie enterrée et condensation.
- Après 1991 — 48 411 logements, 25,7 % : un quart du parc, dont 24 956 achevés à partir de 2006. Enveloppe étanche, menuiseries performantes, ventilation mécanique indispensable. Si la VMC s’arrête ou si les entrées d’air sont bouchées, la vapeur produite à l’intérieur se dépose sur les angles froids, sans qu’aucune eau extérieure n’entre en jeu.
Vingt milliards de mètres cubes d’un côté, de l’argile de l’autre
L’Eure-et-Loir se lit en deux moitiés. Comprendre laquelle vous habitez change l’ordre des hypothèses avant même d’entrer chez vous.
À l’est et au sud, la Beauce. Sous les limons de labour, le calcaire de Beauce — plusieurs couches de calcaire fissuré séparées par des bancs argileux, épaisses de plus de cent mètres en partie centrale. Ce réservoir porte la nappe de Beauce, l’une des plus grandes réserves d’eau souterraine de France : environ 20 milliards de mètres cubes sous un périmètre de 9 722 km² et 681 communes, alimentant la Loire, la Seine, l’Essonne, l’Eure, le Loir et la Conie. Elle se tient à une trentaine de mètres sous les plateaux et affleure dans les vallées. Un calcaire fissuré, c’est un sol qui boit : la pluie s’infiltre plutôt qu’elle ne ruisselle.
À l’ouest, le Perche. Sous une mince couverture, l’argile à silex, compacte et peu perméable, puis les sables du Perche — des gisements de trente à quarante mètres — et la craie. L’argile fait exactement l’inverse du calcaire : elle retient l’eau, la maintient à faible profondeur et la fait circuler latéralement vers le bas des vallons. C’est le pays du bocage, des prairies humides et des sols lourds, et il y tombe sensiblement plus de pluie qu’en Beauce.
Entre les deux, les vallées : l’Eure et la Blaise vers la Seine, le Loir, l’Ozanne, la Conie et l’Yerre vers la Loire, l’Avre à la frontière normande. En fond de vallée, la nappe est proche de la surface : un mur enterré qui paraissait sec en septembre peut se recharger en février sans qu’aucune fuite ne soit apparue entre-temps.
Reste ce qui a été creusé. L’inventaire départemental du BRGM recense 1 463 cavités souterraines, dont 525 effondrements, dolines et bétoires, 401 caves, 386 carrières et marnières, 63 grottes et 23 habitations troglodytiques. Elles se concentrent en deux zones : la Beauce du sud-est, où dominent les dolines et les dépressions naturelles creusées par la dissolution du calcaire, et le Thymerais et la vallée de l’Eure au nord-ouest, où ce sont d’anciennes carrières souterraines ouvertes dans la craie. Coulombs et Chérisy comptent parmi les communes les plus denses, avec trois à huit cavités au kilomètre carré.
- Remontée capillaire
- Nappe et parties enterrées
- Ruissellement et abords
- Dolines et cavités
Coupe schématique, sans échelle. Elle explique pourquoi le même symptôme ne se diagnostique pas de la même façon à Nogent-le-Rotrou et à Janville : d’un côté une eau qui reste en surface, de l’autre une eau qui descend et remonte au rythme de la nappe.
Quatre Eure-et-Loir, quatre points de départ
365 communes réparties sur quatre arrondissements, et un sous-sol qui change complètement d’ouest en est. Le sol, l’âge du bâti et la façon dont l’eau circule ne sont pas les mêmes d’un secteur à l’autre — et avec eux, l’ordre des hypothèses.
Symptôme, cause probable, vérification
Ces tableaux ne remplacent pas un diagnostic. Ils montrent ce qu’un technicien cherche à confirmer ou à écarter en arrivant chez vous, et dans quel ordre.
| Ce que vous observez | Causes les plus probables | Ce que l’on vérifie |
|---|---|---|
| Frange humide en pied de mur, limite ondulée, enduit pulvérulent | Remontée capillaire dans une maçonnerie sans arase étanche | Gradient d’humidité sur la hauteur, présence de sels, nature du mur et de l’enduit |
| Cave ou sous-sol qui se charge de novembre à avril | Nappe proche en fond de vallée, ou eau retenue par l’argile sur les plateaux du Perche | Contexte hydrogéologique, saisonnalité, drainage, pente des abords |
| Enduit ciment qui cloque et emporte le torchis | Revêtement imperméable posé sur une maçonnerie de chaux ou de terre crue | Composition de l’enduit d’origine, zones de rétention d’eau derrière le revêtement |
| Moisissures et buée apparues après une rénovation énergétique | Condensation par renouvellement d’air insuffisant | VMC en service, entrées d’air non obturées, température de paroi, hygrométrie |
| Tache qui suit les épisodes pluvieux ou les orages | Infiltration de façade ou défaut d’évacuation des eaux pluviales | Enduit, joints, appuis de fenêtre, gouttières, descentes et regards |
| Dépôt blanc qui revient après brossage | Salpêtre : l’eau vient du sol et transporte des sels | Nature du dépôt, récurrence saisonnière, humidité du support en profondeur |
| Fissures en escalier apparues après un été sec, puis un hiver humide | Retrait-gonflement des argiles, aggravé par une eau mal évacuée aux abords | Formation argileuse sous la construction, rejets d’eau pluviale, végétation proche, ouverture des fissures |
| Cuvette ou effondrement dans un champ, un jardin, une cour | Doline en Beauce, ancienne carrière ou cave dans le Thymerais | Écoulements de surface, fuites de réseau, historique de la parcelle — et signalement en mairie |
| Mécanisme | Où cela apparaît | Origine de l’eau | Contrôle déterminant |
|---|---|---|---|
| Remontée capillaire | Bas de murs de rez-de-chaussée, bâti antérieur à 1946 — un logement sur cinq | Eau du sol aspirée par la porosité du calcaire, de la craie, du moellon et du mortier | Profil d’humidité décroissant vers le haut, sels en surface |
| Humidité de partie enterrée | Caves, celliers, sous-sols totaux, garages semi-enterrés | Nappe de Beauce ou nappe alluviale en fond de vallée, eau retenue par l’argile à silex dans le Perche | Position dans le versant, saisonnalité, drainage, pente des abords |
| Infiltration et ruissellement | Façade exposée, appuis, jonctions, pied de mur et abords | Pluie battante, eau pluviale mal évacuée, ruissellement de versant dans le Perche | Corrélation avec les épisodes pluvieux, état des évacuations, pente du terrain |
| Condensation | Angles, pourtours de fenêtres, parois froides, pièces humides | Vapeur produite à l’intérieur, qui se dépose faute de sortie | Écart entre température de paroi et point de rosée, débits d’air |
C’est le motif d’appel numéro un du département. Avant de parler drainage ou injection, il faut savoir d’où vient l’eau et à quelle saison elle arrive. Cela se mesure sur place.
Sur une maison, la cause est souvent dehors
Quand 73,4 % des logements sont des maisons et que 66,3 % des ménages en sont propriétaires, l’enquête ne s’arrête pas au mur qui porte la tache. Elle commence par le terrain qui l’entoure — et en Eure-et-Loir, ce terrain travaille.
Ce que nous regardons à l’extérieur
- Les gouttières, descentes d’eau pluviale et regards : une descente qui se déverse au pied du mur suffit à saturer un soubassement de calcaire, et c’est aussi ce qui alimente le gonflement d’une argile sous la fondation.
- La pente du terrain autour de la construction : dans le Perche, une maison bâtie à mi-versant reçoit l’eau qui descend du plateau et pas seulement celle qui tombe sur son toit.
- Le niveau du sol extérieur par rapport au plancher bas : une terrasse ou un enrobé refait plus haut que l’ancien seuil transforme un mur de façade en mur contre terre.
- La végétation proche : arbres et haies puisent l’eau dans les argiles et accentuent les mouvements saisonniers du sol, notamment dans le Perche et le Thymerais.
- Les soupiraux, aérations de vide sanitaire et grilles de cave, souvent obturés lors d’une rénovation, alors qu’ils assuraient le séchage du niveau bas.
- L’état de l’enduit et des joints : un joint creusé ou un enduit ciment fissuré laisse entrer la pluie battante bien plus qu’une pierre poreuse.
Ce que nous regardons à l’intérieur
- Le niveau enterré en premier : cave, cellier, sous-sol, garage, buanderie — hauteur des traces, sels, condensation sur les canalisations.
- La nature réelle du mur derrière le revêtement, et si un enduit ou un doublage imperméable a été posé sur une maçonnerie de chaux, du torchis ou de la bauge.
- La ventilation du logement, y compris dans une maison ancienne où elle repose souvent sur des entrées d’air devenues invisibles.
Comment nous procédons
Sept étapes, toujours dans cet ordre. Le chiffrage arrive en dernier, une fois la cause établie.
- Premier échangeVous décrivez ce que vous voyez, depuis quand, dans quelles pièces et à quelle saison. Nous notons la commune, l’année de construction, la nature du mur, la position dans le versant et le type de ventilation.
- Inspection sur placeLe logement, mais aussi ce qui l’entoure : façades et pignons, soubassement, niveau enterré, terrain et sa pente, gouttières, descentes et regards, seuils et soupiraux.
- MesuresRelevés d’humidité sur plusieurs points et plusieurs hauteurs, conditions d’ambiance, températures de paroi et débits de ventilation. C’est ce qui départage une eau venue du sol d’une vapeur produite à l’intérieur.
- Recherche de la causeLes hypothèses sont écartées une à une : remontée capillaire, eau retenue contre une paroi enterrée, infiltration, ruissellement de versant, condensation, désordre lié au terrain.
- Diagnostic remisCe qui a été mesuré, ce qui est retenu comme cause, ce qui reste à surveiller, et si l’origine se trouve dans le logement ou en dehors. Sans cette étape, aucun devis n’a de sens.
- PréconisationsLes solutions envisageables sont présentées avec leurs limites — y compris quand l’action la plus efficace consiste à reprendre une descente d’eau pluviale plutôt qu’à traiter un mur.
- Traitement, si nécessaireMise en œuvre après votre validation, puis remise en état une fois le support redevenu sec.
Les solutions, selon la cause identifiée
Chaque prestation correspond à une page détaillée du site. Le choix vient après le diagnostic, jamais avant.
Où nous intervenons en Eure-et-Loir
Les 365 communes du département sont couvertes par notre agence Île-de-France, du Perche à la Beauce. L’Eure-et-Loir ne dispose pas encore de pages commune par commune comme l’Île-de-France : les villes ci-dessous situent nos secteurs d’intervention, et le formulaire reste le plus simple pour nous décrire votre situation.
365 communes, 4 arrondissements · tout le département est couvert — voir toutes nos zones d’intervention
Chartres, Lucé, Mainvilliers, Luisant, Lèves, Champhol, Jouy, Saint-Prest, Sours, Morancez, Maintenon, Épernon, Pierres, Gallardon, Nogent-le-Roi.
Dreux, Vernouillet, Saint-Lubin-des-Joncherets, Saint-Rémy-sur-Avre, Luray, Anet, Abondant, Bû, Boutigny-Prouais, Villemeux-sur-Eure, Châteauneuf-en-Thymerais, Senonches, Brezolles, Tremblay-les-Villages.
Châteaudun, Bonneval, Cloyes-les-Trois-Rivières, Brou, Dangeau, Auneau-Bleury-Saint-Symphorien, Aunay-sous-Auneau, Béville-le-Comte, Janville-en-Beauce, Toury, Voves, Orgères-en-Beauce.
Nogent-le-Rotrou, La Loupe, Authon-du-Perche, Thiron-Gardais, Frazé, Illiers-Combray, Courville-sur-Eure, Fontaine-la-Guyon.
- Paris (75)
- Seine-et-Marne (77)
- Yvelines (78)
- Essonne (91)
- Hauts-de-Seine (92)
- Seine-Saint-Denis (93)
- Val-de-Marne (94)
- Val-d’Oise (95)
- Aisne (02)
- Eure (27)
- Oise (60)
- Charente (16)
- Charente-Maritime (17)
- Dordogne (24)
- Gironde (33)
- Landes (40)
- Lot-et-Garonne (47)
- Alpes-de-Haute-Provence (04)
- Alpes-Maritimes (06)
- Var (83)
Décrivez-nous ce que vous constatez : nous convenons d’un passage pour mesurer et chercher la cause sur place.
Notre façon de travailler
Quatre engagements simples, qui expliquent pourquoi nous commençons toujours par une visite.
Ce qu’on nous demande en Eure-et-Loir
J’habite en Beauce, sur du calcaire. D’où peut venir l’humidité de ma cave ?
De trois endroits, et il faut les départager. La nappe de Beauce d’abord : elle se tient à une trentaine de mètres sous les plateaux mais affleure dans les vallées, et ses variations sont lentes et pluriannuelles — une cave peut se charger progressivement sur plusieurs hivers successifs. Les eaux de surface ensuite : le calcaire est fissuré, l’eau y descend vite, et une descente d’eau pluviale mal évacuée alimente directement le pourtour de la paroi enterrée. Le mur lui-même enfin, s’il est en calcaire ou en moellon sans coupure de capillarité. La mesure et la saisonnalité tranchent.
Pourquoi mon voisin du Perche n’a-t-il pas les mêmes problèmes que moi en Beauce ?
Parce que vous n’avez pas le même sous-sol. En Beauce, le calcaire fissuré laisse la pluie s’infiltrer : l’eau descend jusqu’à la nappe et les désordres viennent d’en bas, lentement. Dans le Perche, l’argile à silex sous une mince couverture retient l’eau à faible profondeur et la fait circuler latéralement vers le bas des vallons : les désordres viennent du côté et de la surface, et suivent les épisodes pluvieux de plus près. Il y tombe aussi davantage de pluie — plus de 770 mm par an à Senonches contre 606 mm à Chartres. Même symptôme visible, deux enquêtes différentes.
Mon enduit ciment s’est décollé et a emporté le torchis. Que faire ?
Ne pas refaire la même chose. Le CAUE d’Eure-et-Loir le dit sans détour : les maçonneries traditionnelles du département sont montées au mortier de chaux naturelle pour rester perspirantes, et les produits à base de ciment piègent l’humidité et dégradent la pierre. Sur du torchis ou de la bauge, l’effet est encore plus net : l’eau qui montait s’évacuait par l’enduit, elle a été bloquée, elle est ressortie plus haut et a délité la terre. La réparation n’a de sens qu’une fois le pied de mur redevenu sec — et le séchage d’une maçonnerie ancienne se compte en mois.
J’ai des fissures et de l’humidité en même temps. Est-ce lié ?
Souvent, oui, mais pas dans le sens qu’on croit. Le BRGM classe 26,4 % du territoire départemental en aléa moyen à fort de retrait-gonflement des argiles et 69,1 % en aléa non nul, sur vingt-trois formations argileuses distinctes. L’argile gonfle quand elle est mouillée et se rétracte quand elle sèche : les fondations bougent, les fissures s’ouvrent, et l’eau entre par là. L’humidité n’est donc pas la cause des fissures, mais leur conséquence — et une eau pluviale mal évacuée aux abords aggrave les deux. Nous traitons l’eau ; la structure relève d’un bureau d’études géotechnique, et nous vous le dirons clairement si c’est le cas.
Une cuvette s’est formée dans mon champ ou mon jardin. Est-ce grave ?
Signalez-la en mairie sans attendre et tenez-vous à distance. En Beauce, il s’agit le plus souvent d’une doline ou d’une bétoire : une dépression naturelle creusée par la dissolution du calcaire, qui avale les eaux de surface — l’inventaire du BRGM en recense 525 dans le département. Dans le Thymerais et la vallée de l’Eure, c’est plutôt une ancienne carrière souterraine ou une cave : le département compte 386 carrières et marnières et 401 caves recensées. Ce n’est pas notre métier, et nous ne comblons ni ne sondons rien. En revanche, si une descente d’eau pluviale ou une fuite alimente le phénomène, nous le verrons pendant le diagnostic.
Ma maison est ancienne. Faut-il l’isoler avant ou après avoir traité l’humidité ?
Après, toujours. Un doublage posé sur un mur encore chargé en eau enferme l’humidité entre l’isolant et la maçonnerie : le support ne sèche plus, l’isolant perd sa performance et les moisissures apparaissent à l’interface, invisibles. C’est l’une des situations les plus fréquentes que nous rencontrons dans le bâti antérieur à 1946, qui représente 22,4 % des résidences principales du département. L’ordre correct est : identifier la cause, la traiter, laisser sécher le support, mesurer, puis isoler — avec un système compatible avec un mur qui doit continuer à respirer.
Comment distinguer une remontée capillaire d’une infiltration ?
Trois indices se lisent avant toute mesure. La remontée part du sol et sa limite supérieure ondule, jamais rectiligne ; elle laisse un dépôt blanc qui revient après nettoyage ; elle est présente été comme hiver, avec un maximum en saison humide. L’infiltration, elle, apparaît ou s’aggrave après un épisode pluvieux précis, se localise souvent près d’un appui de fenêtre, d’une jonction ou d’une descente d’eau, et se limite à une face du mur. La mesure tranche : dans un cas le taux d’humidité décroît régulièrement en montant, dans l’autre il est maximal au point d’entrée puis diminue autour.
Ma maison est récente et j’ai des moisissures. Est-ce normal ?
Ce n’est pas normal, mais ce n’est presque jamais un défaut d’étanchéité. Un quart des résidences principales du département ont été achevées après 1991, et 24 956 depuis 2006. Ces logements sont très bien fermés : l’eau extérieure n’entre pas. En revanche, la vapeur produite à l’intérieur — cuisine, douches, séchage du linge, respiration — doit sortir, et c’est le rôle de la ventilation. VMC arrêtée ou encrassée, entrées d’air obturées après un changement de fenêtres : la vapeur se dépose alors sur les surfaces les plus froides. La réponse passe par l’air, pas par un traitement de maçonnerie.
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- INSEE — Dossier complet, département d’Eure-et-Loir, recensement 2023 : parc de logements, part des maisons et des appartements, périodes d’achèvement, statut d’occupation.
- SAGE Nappe de Beauce et milieux aquatiques associés — fiche Gest’eau du SAGE : périmètre de 9 722 km² et 681 communes, volume stocké d’environ 20 milliards de m³, rivières alimentées.
- BRGM — Cartographie de l’aléa retrait-gonflement des argiles dans le département d’Eure-et-Loir (RP-52519-FR) : 0,12 % du territoire en aléa fort, 26,3 % en aléa moyen, 42,7 % en aléa faible, 23 formations argileuses ou marneuses identifiées.
- BRGM — Inventaire départemental des cavités souterraines d’Eure-et-Loir (RP-54058-FR) : 1 463 cavités recensées, dont 525 effondrements et dolines, 401 caves, 386 carrières et marnières ; zones de concentration en Beauce du sud-est et dans le Thymerais.
- CAUE d’Eure-et-Loir — Fiches architecturales et paysagères : matériaux du bâti traditionnel (pierre calcaire, terre crue, brique, chaux) et incompatibilité des produits à base de ciment avec les maçonneries anciennes.
- Météo-France — Fiche climatologique de la station de Chartres (28), normales 1991-2020 : 606,1 mm de précipitations annuelles réparties sur 108,8 jours.
Faisons le point sur votre mur
Un bas de mur qui fonce chaque hiver, une cave qui se charge à la saison humide, un enduit qui se décolle, des moisissures après une rénovation : décrivez-nous ce que vous voyez. Nous venons mesurer et chercher la cause — le devis ne vient qu’après.
Agence Île-de-France · Eure-et-Loir, 365 communes couvertes · Lundi au samedi, 8h – 20h
