Il pleut 57 jours par an à Toulon — et 286 mm sont tombés en une journée au Luc
Le Var reçoit moins de pluie que la moyenne française, mais elle arrive d’un coup. Ajoutez un logement sur quatre fermé une grande partie de l’année, un bâti ancien de pierre et de chaux sans barrière anticapillaire, et un sous-sol qui va du schiste imperméable des Maures au gypse soluble du Trias : quatre mécanismes différents, et un seul moyen de les départager — la mesure.
- 153 communes couvertes
- Mesures sur place
- Devis après diagnostic

L’essentiel, en quatre points
Ce qui change quand on diagnostique une humidité dans le Var plutôt qu’ailleurs.
Toulon relève 633,4 mm par an répartis sur 57,5 jours — un jour sur six. Au Luc, dans l’intérieur, le record de la station est de 286,2 mm en 24 heures, le 15 juin 2010 : plus d’un tiers du cumul annuel en une seule journée. Ce n’est pas l’étanchéité courante qui cède, c’est la capacité d’évacuation au moment du pic.
183 660 résidences secondaires, soit 24,2 % du parc. Sur le littoral, la proportion s’inverse : 70,8 % au Lavandou, 68,3 % à Saint-Tropez, 55,7 % à Sainte-Maxime. Un logement fermé neuf mois n’est ni chauffé ni ventilé — c’est le scénario type de la moisissure découverte à la réouverture.
La cartographie départementale du BRGM est catégorique : « il n’y a pas de secteur classé en aléa fort » de retrait-gonflement dans le Var. 10,4 % du territoire est en aléa moyen, 44 % en aléa faible. Quand une maison varoise fissure et se tache, il faut donc regarder ailleurs — notamment vers le gypse du Trias, qui se dissout et provoque des effondrements.
Nous ne vendons pas de traitement par téléphone. Relevés d’humidité, températures de paroi, examen du terrain, des évacuations et des parties enterrées se font sur place — et c’est seulement ensuite qu’une préconisation chiffrée a un sens.
Ce que le Var a de particulier
Ces chiffres ne décrivent pas votre logement. Ils décrivent le climat, le mode d’occupation et le sol — trois éléments qui déterminent par quelle hypothèse un technicien commence.
Que voyez-vous chez vous ?
Chaque signe ouvre une piste. Aucun ne suffit à conclure — mais il indique par où commencer, et ce qu’il faudra mesurer pour trancher.
Un bas de mur en pierre qui se sableLa trace part du sol, sa limite haute ondule, le joint se creuse et un dépôt blanc revient après brossage.Remontée capillaire
Un rez-de-chaussée qui n’a jamais reséchéDes mois après une inondation, le mur reste sombre en pied, l’enduit se détache et l’air sent le renfermé.Maçonnerie encore chargée en eau
Une tache après un orage violentElle apparaît d’un coup, en plafond ou près d’un appui, au moment où les descentes d’eau sont saturées.Infiltration par pluie intense
Un mur amont qui suinte dans les MauresSur un terrain en pente, la paroi adossée au versant perle en permanence, sans lien avec la météo du jour.Ruissellement de versant sur schiste
Un affaissement ou une cuvette dans le terrainUne dépression qui se creuse, parfois brutalement, dans un secteur où le sous-sol contient du gypse.Dissolution du gypse — à signaler en mairie
Un parc majoritairement récent, et un littoral qui vit une saison sur deux
33,2 % des résidences principales varoises ont été achevées après 1991, et seulement 13,6 % avant 1946. Mais le chiffre qui commande le diagnostic n’est pas l’âge du bâti : c’est le taux d’occupation.
| Période d’achèvement | Résidences principales | Part du parc |
|---|---|---|
| Avant 1919 | 40 029 | 7,7 % |
| 1919 – 1945 | 31 021 | 5,9 % |
| 1946 – 1970 | 109 769 | 21,0 % |
| 1971 – 1990 | 167 804 | 32,2 % |
| 1991 – 2005 | 85 450 | 16,4 % |
| 2006 – 2020 | 87 671 | 16,8 % |
Trois familles de bâti, trois façons de prendre l’eau
- Avant 1946 — 71 050 logements, 13,6 % : le bâti provençal des centres anciens et des bastides. Le CAUE du Var le décrit ainsi : on y observe « des enduits à la chaux naturelle, hydraulique ou aérienne, particulièrement adaptés au bâti ancien », qui « assurent la protection et l’isolation contre l’humidité des maçonneries composées de moellons de pierre, bâtis au mortier de chaux ou à la terre ». Les toitures sont « traditionnellement couvertes de deux couches inversées de tuiles rondes en terre cuite, dites aussi tuiles canal », sur des pentes de 27 à 33 %.
- 1946 – 1990 — 277 573 logements, 53,2 % : plus de la moitié du parc, avec un pic très net entre 1971 et 1990. Villas de lotissement, immeubles littoraux, sous-sols et garages semi-enterrés, toitures-terrasses. Les désordres s’y répartissent entre défauts d’étanchéité et condensation.
- Après 1991 — 173 121 logements, 33,2 % : enveloppe étanche, menuiseries performantes, ventilation mécanique indispensable. L’eau extérieure n’entre pas ; quand des moisissures apparaissent, c’est la vapeur produite à l’intérieur qui ne sort plus.
Deux sous-sols opposés, et un gypse qui se dissout entre les deux
Le BRGM résume le département en deux grands ensembles : « le socle et une couverture sédimentaire, auxquels s’ajoutent les terrains récents des formations superficielles ». Sur le terrain, cela donne deux comportements à l’eau radicalement différents — et une troisième formation, discrète, qui explique une bonne part des désordres.
Au sud-est, le socle : « les massifs cristallins et métamorphiques des Maures et de l’Estérel », faits de « gneiss, micaschistes et phyllades ». Ces roches ne laissent pas passer l’eau : elle ruisselle en surface, se concentre dans les vallons et arrive vite en bas. Le BRGM ajoute que « selon la pente et les directions de schistosité des phyllades, ces derniers peuvent être instables et être alors le siège de glissements de terrains ». Le massif de l’Estérel, lui, « est principalement composé de gneiss et de rhyolite ».
Au nord et au centre, la couverture sédimentaire : les formations du Jurassique — « calcaires, dolomies, calcaires dolomitiques » — qui forment les plateaux du Haut-Var et « les gorges du Verdon », et celles du Crétacé, aux « faciès variés : calcaires, alternances marno-calcaires, marnes, calcaires argileux, grès, sables, argiles ». Ici, l’eau disparaît dans la roche au lieu de ruisseler.
Dans les vallées, enfin, « les différents cours d’eau qui traversent le département sont à l’origine du dépôt d’alluvions quaternaires composées de limons, cailloutis, graviers, sable ». Ce sont ces terrains — le long de l’Argens, de la Nartuby, du Gapeau — qui portent l’essentiel des bourgs de fond de vallée, et qui accompagnent la rivière quand elle monte.
Un point mérite d’être dit clairement, parce qu’il change l’ordre des hypothèses : dans le Var, le retrait-gonflement des argiles n’est jamais classé en aléa fort. La cartographie départementale du BRGM est explicite : « il n’y a pas de secteur classé en aléa fort », et retient 10,4 % du territoire en aléa moyen, 44 % en aléa faible, 45,6 % en aléa a priori nul. Le département a tout de même recensé 2 882 sinistres déclarés liés à la sécheresse, et 45 communes sur 153 avaient été reconnues en catastrophe naturelle à ce titre entre 1989 et 2002.
- Remontée capillaire
- Crues et séchage des maçonneries
- Ruissellement de versant et infiltrations
- Condensation en logement fermé
Coupe schématique, sans échelle. Elle montre pourquoi la même pluie ne produit pas les mêmes désordres selon l’endroit : elle disparaît dans le calcaire au nord, ruisselle sur le schiste des Maures, et se rassemble dans les alluvions de la vallée.
Quatre Var, quatre points de départ
153 communes réparties sur trois arrondissements — Toulon, Draguignan et Brignoles. Entre la rade de Toulon, le golfe de Saint-Tropez, la vallée de l’Argens et les plateaux calcaires du Haut-Var, le sol, le bâti et le mode d’occupation changent complètement, et avec eux l’ordre des hypothèses.
Symptôme, cause probable, vérification
Ces tableaux ne remplacent pas un diagnostic. Ils montrent ce qu’un technicien cherche à confirmer ou à écarter en arrivant chez vous, et dans quel ordre.
| Ce que vous observez | Causes les plus probables | Ce que l’on vérifie |
|---|---|---|
| Moisissures dans un logement rouvert après plusieurs mois | Condensation faute de chauffage et de renouvellement d’air | Régime d’occupation réel, fonctionnement de la ventilation, températures de paroi, hygrométrie |
| Frange humide en pied de mur, limite ondulée, joint qui se creuse | Remontée capillaire dans une maçonnerie de moellons sans arase étanche | Gradient d’humidité sur la hauteur, présence de sels, nature du mortier — chaux ou terre |
| Mur qui reste sombre en pied des mois après une inondation | Maçonnerie encore saturée, séchage incomplet | Humidité du support en profondeur et à plusieurs hauteurs, revêtements posés depuis la décrue |
| Tache soudaine après un orage violent | Évacuation saturée, toiture-terrasse ou point d’entrée ponctuel | Capacité des descentes et des gouttières, état de l’étanchéité, corrélation avec les épisodes |
| Paroi amont d’une maison en pente qui perle en permanence | Ruissellement de versant retenu contre un mur enterré, sur socle imperméable | Position dans le versant, drainage périphérique, ventilation du volume enterré |
| Enduit qui cloque et se détache par plaques | Revêtement au ciment posé sur une maçonnerie de chaux ou de terre | Composition de l’enduit d’origine, hauteur du décollement, rétention d’eau derrière |
| Dépôt blanc qui revient après brossage | Salpêtre : l’eau vient du sol et transporte des sels solubles | Nature du dépôt, récurrence saisonnière, humidité du support en profondeur |
| Dépression ou affaissement qui se creuse dans le terrain | Dissolution du gypse du Trias ou cavité karstique | Écoulements de surface, fuites de réseau, historique de la parcelle — et signalement en mairie |
| Mécanisme | Où cela apparaît | Origine de l’eau | Contrôle déterminant |
|---|---|---|---|
| Condensation d’inoccupation | Résidences secondaires du littoral — un logement sur quatre du département | Vapeur de l’air ambiant déposée sur des parois froides | Occupation réelle, chauffage maintenu, débits d’air, point de rosée |
| Remontée capillaire | Bas de murs du bâti ancien — 13,6 % du parc est antérieur à 1946 | Eau du sol aspirée par le mortier de chaux ou de terre et par les joints | Profil d’humidité décroissant vers le haut, sels en surface, permanence sur l’année |
| Séchage après inondation | Rez-de-chaussée et niveaux bas des vallées de l’Argens, de la Nartuby, du Gapeau | Eau de la crue encore stockée dans l’épaisseur du mur | Mesure en profondeur, date de la décrue, revêtements reposés depuis |
| Infiltration par pluie intense | Toitures, terrasses, appuis, jonctions, abords | Épisode méditerranéen dépassant la capacité des évacuations | Corrélation avec les épisodes, état et dimensionnement des évacuations |
| Ruissellement de versant | Murs amont des constructions à flanc de colline, Maures et Estérel | Eau de pluie ruisselant sur un socle imperméable jusqu’à la paroi enterrée | Pente du terrain, interception en amont, drainage, saisonnalité lente |
Dans le Var, une année de pluie tombe en moins de soixante jours. Ce n’est pas la pluie ordinaire qui révèle un défaut, c’est le pic — et un défaut qui ne se voit qu’une fois par an reste un défaut. Cela se mesure sur place.
Un parc partagé presque à parts égales
Le Var compte 52,7 % d’appartements et 46,2 % de maisons : c’est le département le plus équilibré que nous couvrions. La méthode de diagnostic ne change pas, mais ce que l’on examine — et qui devra faire les travaux — dépend entièrement de ce partage.
En maison et en villa : le terrain d’abord
- La position dans la pente : sur le socle des Maures et de l’Estérel, l’eau ne s’infiltre pas, elle ruisselle. Une villa adossée au versant reçoit donc tout ce qui descend au-dessus d’elle, et le mur amont est enterré sans drainage neuf fois sur dix.
- L’interception en amont : fossé, caniveau, drain, restanque en bon état. C’est le levier le plus efficace, et le moins coûteux, sur un terrain en pente.
- Les gouttières, descentes et regards, et surtout leur capacité : une évacuation dimensionnée pour une pluie ordinaire est dépassée quand il tombe 150 mm en quelques heures.
- Le niveau du sol extérieur par rapport au plancher bas, souvent relevé par une terrasse, une piscine ou un accès refait.
- La nature réelle du revêtement de façade : enduit à la chaux d’origine, ravalement au ciment, peinture filmogène. C’est ce qui explique le plus souvent pourquoi la trace est remontée d’un étage.
- Dans les secteurs où le Trias affleure, tout indice d’affaissement : dépression fermée, fissuration en escalier accompagnée d’un mouvement, désordre localisé sur une seule partie du bâtiment.
En appartement et en copropriété : où passe la frontière
- Ventilation intérieure, revêtements et menuiseries privatives relèvent en général du lot ; façades, toiture-terrasse, descentes d’eaux pluviales, caves et colonnes de ventilation relèvent des parties communes.
- Une tache en plafond de dernier étage ou une infiltration de façade se traite donc au niveau de la copropriété, avec un rapport écrit et daté à présenter au syndic : c’est exactement ce que nous produisons.
- Dans une résidence où beaucoup de lots sont fermés hors saison, l’humidité d’un logement occupé peut migrer vers un logement froid et vide. Le désordre apparaît alors chez quelqu’un qui n’en est pas la source.
Comment nous procédons
Sept étapes, toujours dans cet ordre. Le chiffrage arrive en dernier, une fois la cause établie.
- Premier échangeVous décrivez ce que vous voyez, depuis quand, dans quelles pièces et à quelle saison. Ici, trois questions orientent tout : le logement est-il occupé toute l’année, est-il en pente ou en fond de vallée, et le désordre suit-il les épisodes de pluie ?
- Inspection sur placeLe logement, mais aussi ce qui l’entoure : façades et pignons, pied de mur, terrasse, parties enterrées, terrain et sa pente, gouttières, descentes, regards, fossés et exutoires.
- MesuresRelevés d’humidité sur plusieurs points et plusieurs hauteurs, conditions d’ambiance, températures de paroi et débits de ventilation. C’est ce qui départage une eau venue de l’extérieur d’une vapeur produite ou piégée à l’intérieur.
- Recherche de la causeLes hypothèses sont écartées une à une : condensation d’inoccupation, remontée capillaire, séchage incomplet après inondation, infiltration par pluie intense, ruissellement de versant.
- Diagnostic remisCe qui a été mesuré, ce qui est retenu comme cause, ce qui reste à surveiller, et si l’origine se trouve dans le logement, dans les parties communes ou à l’extérieur. Sans cette étape, aucun devis n’a de sens.
- PréconisationsLes solutions envisageables sont présentées avec leurs limites — y compris quand la bonne décision consiste à intercepter l’eau en amont, à remettre une ventilation en service ou simplement à laisser sécher une saison de plus.
- Traitement, si nécessaireMise en œuvre après votre validation, puis remise en état une fois le support redevenu sec et mesuré comme tel.
Les solutions, selon la cause identifiée
Chaque prestation correspond à une page détaillée du site. Le choix vient après le diagnostic, jamais avant.
Où nous intervenons dans le Var
Les 153 communes du département sont couvertes par notre agence Côte d’Azur, basée à Mandelieu-la-Napoule, de Saint-Raphaël à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. Le Var ne dispose pas encore de pages commune par commune comme l’Île-de-France : les villes ci-dessous situent nos secteurs d’intervention, et le formulaire reste le plus simple pour nous décrire votre situation.
153 communes, 3 arrondissements · tout le département est couvert — voir toutes nos zones d’intervention
Toulon, La Seyne-sur-Mer, La Garde, La Valette-du-Var, Six-Fours-les-Plages, Ollioules, Sanary-sur-Mer, Bandol, Saint-Cyr-sur-Mer, La Cadière-d’Azur, Le Beausset, Évenos, Le Revest-les-Eaux, Le Pradet, Carqueiranne, La Crau, Solliès-Pont, Hyères.
Saint-Tropez, Sainte-Maxime, Cogolin, Gassin, Ramatuelle, Grimaud, La Croix-Valmer, Cavalaire-sur-Mer, Le Lavandou, Bormes-les-Mimosas, La Londe-les-Maures, Rayol-Canadel-sur-Mer, La Môle, Plan-de-la-Tour, Le Muy.
Fréjus, Saint-Raphaël, Puget-sur-Argens, Roquebrune-sur-Argens, Bagnols-en-Forêt, Les Adrets-de-l’Estérel, Callian, Montauroux, Fayence, Seillans, Tourrettes, Saint-Paul-en-Forêt.
Draguignan, Trans-en-Provence, Vidauban, Lorgues, Le Luc, Les Arcs, Taradeau, Figanières, Callas, Bargemon, Flayosc, Salernes, Villecroze, Aups, Tourtour.
Brignoles, Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Le Val, Barjols, Cotignac, Tourves, Garéoult, Rians, Rougiers, Nans-les-Pins, Plan-d’Aups-Sainte-Baume, Mazaugues, Signes, Mons, Aiguines.
Décrivez-nous ce que vous constatez : nous convenons d’un passage pour mesurer et chercher la cause sur place.
Notre façon de travailler
Quatre engagements simples, qui expliquent pourquoi nous commençons toujours par une visite.
Ce qu’on nous demande dans le Var
Ma maison de vacances sent le moisi à chaque retour. Que faire ?
C’est le motif d’appel numéro un du littoral varois, et il n’a presque jamais de rapport avec une infiltration. Le contexte l’explique : 24,2 % des logements du département sont des résidences secondaires, et la proportion s’inverse sur la côte — 70,8 % au Lavandou, 68,3 % à Saint-Tropez, 55,7 % à Sainte-Maxime. Un logement fermé neuf mois n’est ni chauffé ni ventilé : les parois refroidissent, l’humidité de l’air se dépose sur les surfaces les plus froides, et les moisissures s’installent dans les angles et derrière les meubles. Le CAUE du Var le dit à sa façon : plus une maison est étanche à l’air, plus il faut veiller au renouvellement de l’air « afin d’éviter le développement de moisissures et de salpêtre ». La réponse passe par la ventilation et par un chauffage minimal maintenu en votre absence.
Il pleut peu dans le Var. Pourquoi mon mur prend-il l’eau ?
Parce que ce n’est pas le cumul qui compte, c’est l’intensité. La station de Toulon relève 633,4 mm de précipitations par an, réparties sur 57,5 jours seulement (normales 1991-2020) : un jour sur six. Mais au Luc, à l’intérieur, le record de la station est de 286,2 mm en 24 heures — le 15 juin 2010 — pour un cumul annuel de 832,3 mm. Plus d’un tiers d’une année de pluie en une journée. Une évacuation dimensionnée pour une pluie ordinaire est alors dépassée, et un défaut qui ne se voit jamais le reste de l’année se révèle d’un coup.
Mon rez-de-chaussée a été inondé. Quand puis-je refaire les murs ?
Plus tard qu’on ne le croit, et c’est la principale cause de travaux à refaire dans les vallées de l’Argens et de la Nartuby. Une maçonnerie de moellons qui a été immergée stocke une quantité d’eau considérable et ne l’évacue que par sa surface, très lentement. Refermer trop tôt — enduit, doublage, peinture filmogène — empêche ce séchage et déplace le désordre : la trace ressort plus haut, l’isolant se dégrade, les moisissures s’installent à l’interface. La seule façon de savoir où en est le mur est de mesurer son humidité en profondeur, à plusieurs hauteurs et à plusieurs semaines d’intervalle. Une déshumidification peut accélérer le ressuyage, mais elle ne remplace pas la mesure.
Mes murs fissurent. Est-ce le retrait-gonflement des argiles ?
Dans le Var, c’est peu probable, et c’est une bonne nouvelle. La cartographie départementale du BRGM est formelle : « il n’y a pas de secteur classé en aléa fort » de retrait-gonflement, et « aucune zone d’affleurement des formations argileuses n’apparaît en aléa fort ». Le département compte 10,4 % de son territoire en aléa moyen et 44 % en aléa faible. Il faut donc chercher ailleurs — et dans certains secteurs, notamment là où le Trias affleure, la piste sérieuse est la dissolution du gypse, qui provoque des effondrements. Le BRGM recense 90 affaissements ou effondrements dans le département, soit 12 % des mouvements de terrain, et les rattache d’abord aux formations gypseuses.
Une cuvette se creuse dans mon terrain. Que dois-je faire ?
Signalez-la en mairie sans attendre et tenez-vous à distance. Le BRGM décrit le Trias varois comme un ensemble « très hétérogène, composé d’argiles, gypses, dolomies, cargneules », et souligne que « la présence de gypse, roche soluble, tendre et litée, provoque de multiples désordres » — dont des effondrements « remarquables par leur fréquence et leurs dimensions », celui de Bargemon atteignant 80 mètres de diamètre. Ce n’est pas notre métier et nous ne sondons rien : l’expertise revient à un géotechnicien. En revanche, si une descente d’eau pluviale, une fuite de réseau ou un rejet alimente le phénomène, nous le verrons pendant le diagnostic et nous vous le dirons.
Puis-je faire enduire ma maison en pierre au ciment ?
Le CAUE du Var répond sans détour : « parce qu’ils sont rigides et imperméables, les enduits contemporains à base de ciment industriel ne sont pas adaptés au bâti ancien. Ils emprisonnent l’humidité qui, de façon naturelle, transite à travers les murs anciens, et qui doit pouvoir être évacuée en s’évaporant. » Il précise même la conséquence pour un rez-de-chaussée en moellons : « ne pas utiliser d’enduit-ciment, car l’eau et les sels solubles gagneront alors les étages supérieurs ». L’enduit à la chaux, lui, « laisse passer la vapeur d’eau tout en protégeant de la pluie ». Autrement dit, le ciment n’empêche pas le mur de pomper : il l’empêche seulement de rendre.
Ma villa est adossée au versant et le mur du fond suinte. Pourquoi ?
Parce que dans les Maures et l’Estérel, le sous-sol ne draine pas. Le BRGM décrit ces massifs comme faits de « gneiss, micaschistes et phyllades » — des roches imperméables. L’eau de pluie n’y disparaît pas dans le sol : elle ruisselle sur le versant et arrive contre le premier obstacle, qui est souvent votre mur amont, enterré sur toute sa hauteur et sans drainage. Cuveler la face intérieure sans avoir intercepté cette arrivée revient à mettre l’eau sous pression derrière l’enduit. L’action efficace se joue en amont : fossé, drain, restanque en bon état, et une évacuation qui conduit l’eau ailleurs qu’au pied du bâtiment.
Comment distinguer une remontée capillaire d’une infiltration ?
Trois indices se lisent avant toute mesure. La remontée part du sol et sa limite supérieure ondule, jamais rectiligne ; elle laisse un dépôt blanc qui revient après nettoyage ; elle est présente été comme hiver. L’infiltration, elle, apparaît ou s’aggrave après un épisode pluvieux précis, se localise près d’un appui, d’une jonction ou d’une descente d’eau, et se limite à une face du mur. La mesure tranche : dans un cas le taux d’humidité décroît régulièrement en montant, dans l’autre il est maximal au point d’entrée puis diminue autour. Avec 13,6 % du parc antérieur à 1946 — des maçonneries de moellons montées au mortier de chaux ou à la terre — la remontée capillaire reste une hypothèse sérieuse dans les centres anciens, mais elle se vérifie, elle ne se suppose pas.
Aller plus loin
Remontées capillairesTraiter un mur de moellons sans arase étanche
Infiltrations latéralesLe cas des villas adossées au versant
DéshumidificationAccélérer le séchage après une inondation
Notre expertiseMéthode, moyens de mesure et champ d’intervention
Zones d’interventionL’ensemble des territoires couverts par KM Humidité
Nous contacterDemander un diagnostic dans le Var
Conséquences sur le bâtimentCe qu’un mur humide finit par abîmer
- INSEE — Dossier complet, département du Var (83), recensement 2023 : 759 434 logements, 521 744 résidences principales achevées avant 2021 et leur répartition par période, 46,2 % de maisons et 52,7 % d’appartements, 58,7 % de propriétaires, 24,2 % de résidences secondaires, 5,5 % de logements vacants.
- INSEE — Le Lavandou, Saint-Tropez et Sainte-Maxime : 70,8 %, 68,3 % et 55,7 % de résidences secondaires et logements occasionnels.
- INSEE — Populations de référence en vigueur au 1er janvier 2026, Var : 153 communes et 3 arrondissements (Draguignan, Toulon, Brignoles).
- BRGM — Complément d’inventaire départemental des mouvements de terrain du Var (RP-62846-FR) : socle cristallin des Maures et de l’Estérel en gneiss, micaschistes et phyllades ; Permien de grès et schistes rouges ; Trias hétérogène à argiles, gypses, dolomies et cargneules ; effondrement de Bargemon de 80 m de diamètre ; 90 affaissements et effondrements, soit 12 % des mouvements de terrain ; alluvions quaternaires de limons, cailloutis, graviers et sable.
- BRGM — Cartographie de l’aléa retrait-gonflement des argiles dans le département du Var (RP-55471-FR, 2007) : aucun secteur en aléa fort, 10,4 % du territoire en aléa moyen, 44 % en aléa faible, 45,6 % en aléa a priori nul ; 2 882 sinistres déclarés ; 45 communes sur 153 reconnues en catastrophe naturelle sécheresse entre 1989 et 2002 ; 37 formations argileuses identifiées.
- BRGM — Inventaire des cavités souterraines naturelles des Bouches-du-Rhône, du Var et du Vaucluse (RP-53977-FR, 2006) : 3 653 cavités naturelles recensées sur 253 communes, dont 71 % en contexte calcaire et 12 % en dolomie ; Signes 422 cavités, Évenos 221, Mons 129, Aiguines 109.
- Météo-France — Fiche climatologique de la station de Toulon (83), normales 1991-2020 : 633,4 mm répartis sur 57,5 jours, 16,7 °C de moyenne, record de 156,0 mm en 24 h le 16 janvier 1978.
- Météo-France — Fiche climatologique de la station du Luc (83), normales 1991-2020 : 832,3 mm répartis sur 64,8 jours, record de 286,2 mm en 24 h le 15 juin 2010.
- Météo-France — 15 juin 2010, la catastrophe de Draguignan : 397 mm en 24 heures aux Arcs, 259 mm à Sainte-Maxime, 172 mm à l’aéroport de Hyères.
- CAUE du Var — Fiche conseil n° 1, les façades enduites, n° 3, les façades en pierre de taille, n° 5, les toitures en tuiles rondes et n° 15, le confort thermique : enduits à la chaux adaptés aux moellons montés au mortier de chaux ou à la terre, caractère inadapté du ciment, migration des sels vers les étages supérieurs, pentes de toiture de 27 à 33 %, nécessité du renouvellement d’air.
- CICRP et Direction régionale des affaires culturelles Provence-Alpes-Côte d’Azur — Les remontées capillaires dans le bâti ancien : parois massives en contact direct avec le sol et absence de barrière anticapillaire dans le bâti ancien.
Faisons le point sur votre logement
Une maison rouverte au printemps, un rez-de-chaussée qui n’a pas reséché, un mur amont qui suinte dans les Maures, une tache après l’orage : décrivez-nous ce que vous voyez. Nous venons mesurer et chercher la cause — le devis ne vient qu’après.
Agence Côte d’Azur · Var, 153 communes couvertes · Lundi au samedi, 8h – 20h
