Sur les coteaux l’argile travaille, dans les vallées la Garonne monte
Deux départements en un, et deux façons opposées de prendre l’eau. Sur les molasses de l’Agenais, 97 % des communes ont déjà été reconnues en catastrophe naturelle sécheresse. Dans les vallées de la Garonne et du Lot, les 319 communes du département ont toutes connu au moins un arrêté inondation. Savoir où se trouve votre maison change tout l’ordre du diagnostic.
- 319 communes couvertes
- Mesures sur place
- Devis après diagnostic

L’essentiel, en quatre points
Ce qui change quand on diagnostique une humidité en Lot-et-Garonne plutôt qu’ailleurs.
Le BRGM le mesure sans ambiguïté sur les molasses de l’Agenais : « quel que soit le membre considéré, on constate la prédominance des argiles gonflantes, surtout des interstratifiés (70 à 90 %) ». Il n’existe pourtant aucune zone d’aléa fort dans le département — mais 51 % du territoire est en aléa moyen, réparti sur presque toutes les communes.
C’est la confusion la plus fréquente ici. Le retrait-gonflement fissure la maçonnerie ; l’eau de pluie entre ensuite par la fissure et produit une tache. L’humidité est alors la conséquence, pas la cause. Traiter le mur sans comprendre le mouvement de terrain revient à refaire l’enduit tous les trois ans.
Les 319 communes du département ont fait l’objet d’au moins un arrêté de catastrophe naturelle pour inondation. Après une crue, la maçonnerie reste chargée d’eau pendant des mois : le tort le plus courant consiste à refermer trop tôt — enduit, doublage, peinture — un mur qui n’a pas fini de rendre son eau.
Nous ne vendons pas de traitement par téléphone. Relevés d’humidité, températures de paroi, examen du terrain, des descentes d’eau et des parties enterrées se font sur place — et c’est seulement ensuite qu’une préconisation chiffrée a un sens.
Ce que le Lot-et-Garonne a de particulier
Ces chiffres ne décrivent pas votre logement. Ils décrivent le sol, l’âge du bâti et l’exposition aux aléas — trois éléments qui déterminent par quelle hypothèse un technicien commence.
Que voyez-vous chez vous ?
Chaque signe ouvre une piste. Aucun ne suffit à conclure — mais il indique par où commencer, et ce qu’il faudra mesurer pour trancher.
Une cave qui n’a jamais reséché depuis la crueDes mois après la décrue, le mur reste sombre en pied, l’air sent le moisi et l’enduit se détache par plaques.Maçonnerie encore chargée en eau
Un bas de mur de galets ou de brique qui se sableLa trace part du sol, sa limite haute ondule, le joint se creuse et un dépôt blanc revient après brossage.Remontée capillaire
Une maison de bourg restée vide plusieurs annéesAngles noircis, papiers décollés, odeur tenace — le tout apparu sans qu’aucune fuite ne soit en cause.Condensation en logement inoccupé
Un cellier creusé dans le coteau qui suinteLa paroi du fond perle en permanence, indépendamment de la météo, et le sol reste frais toute l’année.Eau du versant contre une paroi enterrée
Une tache après un orage violentElle apparaît d’un coup, près d’un appui de fenêtre, d’une jonction ou au droit d’une descente d’eau saturée.Infiltration de façade ou d’abords
Un quart du parc est antérieur à 1946, et un logement sur neuf est vide
24,4 % des résidences principales ont été achevées avant 1946, et 44,2 % avant 1971. S’y ajoutent 21 748 logements vacants, soit 11,3 % du parc : le taux le plus élevé de tous les départements que nous couvrons, et un facteur d’humidité à lui seul.
| Période d’achèvement | Résidences principales | Part du parc |
|---|---|---|
| Avant 1919 | 26 303 | 16,9 % |
| 1919 – 1945 | 11 663 | 7,5 % |
| 1946 – 1970 | 30 793 | 19,8 % |
| 1971 – 1990 | 42 267 | 27,1 % |
| 1991 – 2005 | 23 190 | 14,9 % |
| 2006 – 2020 | 21 610 | 13,9 % |
Trois familles de bâti, trois façons de prendre l’eau
- Avant 1946 — 37 966 logements, 24,4 % : le bâti agenais, dont l’Atlas des paysages de Lot-et-Garonne rappelle qu’il est fait de matériaux « extraits ou fabriqués à proximité ». Concrètement : « le sous-sol calcaire a fourni des moellons et des pierres de taille », « les galets des vallées, surtout en Garonne, ont servi à bâtir des murs, quelquefois intercalés avec des assises de briques plates », et « limons et argiles ont permis de fabriquer des tuiles plates ou creuses, des briques ou de bâtir des murs en terre crue, du torchis, du pisé ». Aucun de ces murs n’a de coupure de capillarité — et le pisé, en particulier, ne supporte pas d’être maintenu humide : l’Atlas évoque des murs qui « se dissolvent ».
- 1946 – 1990 — 73 060 logements, 46,9 % : près de la moitié du parc, avec un pic entre 1971 et 1990. Pavillons sur sous-sol ou vide sanitaire, souvent implantés sur les coteaux de molasse, c’est-à-dire précisément sur les terrains les plus sensibles au retrait-gonflement. Les fissures y sont fréquentes, et l’humidité arrive derrière.
- Après 1991 — 44 800 logements, 28,8 % : enveloppe étanche, menuiseries performantes, ventilation mécanique indispensable. Ici, l’eau extérieure n’entre pas : quand des moisissures apparaissent, c’est la vapeur produite à l’intérieur qui ne sort plus.
Des coteaux qui gonflent, des vallées qui se remplissent
Le Lot-et-Garonne se lit en deux étages. En haut, les molasses tertiaires de l’Agenais, chargées d’argiles gonflantes. En bas, les terrasses alluviales de la Garonne, du Lot, du Dropt et de la Baïse, où la nappe est peu profonde. Les désordres n’ont pas la même origine selon l’étage où se trouve votre maison.
Le BRGM décrit un département où se sont déposées « les formations sédimentaires sablo-argileuses déposées à l’ère tertiaire, appelées molasses, constituant le véritable pays agenais ». La Formation des molasses de l’Agenais est la plus étendue à l’affleurement : elle occupe l’essentiel des coteaux entre la Garonne et le Lot, sur 50 à 60 mètres de puissance, et alterne grès carbonatés, silts micacés et « argiles carbonatées parfois silteuses ».
Sa minéralogie explique tout le reste. Le rapport est catégorique : « quel que soit le membre considéré, on constate la prédominance des argiles gonflantes, surtout des interstratifiés (70 à 90 %) ». Ces terrains sont classés en susceptibilité forte vis-à-vis du retrait-gonflement, avec des indices de plasticité moyens compris entre 29 et 38. Et pourtant, la cartographie départementale ne retient aucune zone d’aléa fort : 51 % du territoire est en aléa moyen, 21 % en aléa faible, 28 % a priori non concerné.
La sinistralité le confirme. Selon la base Géorisques, 310 des 319 communes du département — 97 % — ont fait l’objet d’au moins un arrêté de catastrophe naturelle sécheresse entre 1989 et 2024, avec des pics en 2003 et 2022. Le département a d’ailleurs compté jusqu’à 295 plans de prévention du risque retrait-gonflement, abrogés par arrêté préfectoral du 5 juin 2026 au profit de la carte d’exposition nationale approuvée le 9 janvier 2026.
Descendez de quelques dizaines de mètres, et le problème change de nature. Les vallées sont tapissées de terrasses alluviales — 1 à 5 mètres d’épaisseur, « alluvions surtout limoneuses en surface au-dessus de sables et de graviers » dans le lit majeur — où la nappe accompagne la rivière. En février 2026, la crue a placé le département en vigilance rouge du 11 au 20, avec des pics à 7,69 m à Agen, 9,56 m à Tonneins, 10,35 m à Marmande et 5,87 m à Villeneuve-sur-Lot, et près de 1 750 personnes évacuées. Toutes les communes du département ont déjà été reconnues au moins une fois en catastrophe naturelle pour inondation.
- Remontée capillaire
- Nappe alluviale et crues
- Infiltrations par fissuration
- Caves creusées et condensation
Coupe schématique, sans échelle. Elle montre pourquoi, en Lot-et-Garonne, la même question — « d’où vient l’eau ? » — appelle deux enquêtes différentes selon que vous habitez le coteau ou la vallée.
Quatre Lot-et-Garonne, quatre points de départ
319 communes réparties sur quatre arrondissements — Agen, Marmande, Nérac et Villeneuve-sur-Lot. Entre la confluence de la Garonne et du Lot, les coteaux de molasse, les landes de l’Albret et les collines du Haut-Agenais, le sol, l’âge du bâti et la façon dont l’eau arrive changent d’un secteur à l’autre.
Symptôme, cause probable, vérification
Ces tableaux ne remplacent pas un diagnostic. Ils montrent ce qu’un technicien cherche à confirmer ou à écarter en arrivant chez vous, et dans quel ordre.
| Ce que vous observez | Causes les plus probables | Ce que l’on vérifie |
|---|---|---|
| Fissure en escalier qui s’ouvre en fin d’été, avec une tache après les pluies | Retrait-gonflement de la molasse, puis infiltration par la fissure | Saisonnalité de l’ouverture, nature du terrain, position de la fissure, entrée d’eau associée |
| Mur qui reste sombre en pied plusieurs mois après une crue | Maçonnerie encore saturée, séchage incomplet | Humidité du support en profondeur et à plusieurs hauteurs, revêtements posés depuis la décrue |
| Frange humide en pied de mur, limite ondulée, joint qui se creuse | Remontée capillaire dans une maçonnerie sans arase étanche | Gradient d’humidité vers le haut, présence de sels, nature du mur — galet, brique, pierre, pisé |
| Cave ou cellier creusé dans le coteau qui perle en permanence | Eau du versant contre une paroi enterrée, sans ventilation | Position dans le versant, existence d’un drainage, renouvellement d’air du volume |
| Moisissures apparues dans un logement resté vide | Condensation faute de chauffage et de ventilation | Durée d’inoccupation, températures de paroi, hygrométrie, état des menuiseries |
| Tache soudaine après un orage violent | Infiltration de façade ou évacuation d’eau pluviale saturée | Appuis, jonctions, enduit, gouttières, descentes et regards, capacité des évacuations |
| Enduit qui cloque et se détache sur un mur ancien | Revêtement au ciment posé sur une maçonnerie de terre, de galet ou de chaux | Composition de l’enduit d’origine, hauteur du décollement, rétention d’eau derrière |
| Dépôt blanc qui revient après brossage | Salpêtre : l’eau vient du sol et transporte des sels | Nature du dépôt, récurrence saisonnière, humidité du support en profondeur |
| Mécanisme | Où cela apparaît | Origine de l’eau | Contrôle déterminant |
|---|---|---|---|
| Remontée capillaire | Bas de murs du bâti ancien — 24,4 % du parc est antérieur à 1946 | Eau du sol aspirée par le mortier, les joints, la brique ou la terre crue | Profil d’humidité décroissant vers le haut, sels en surface, permanence sur l’année |
| Séchage post-crue | Rez-de-chaussée et caves du lit majeur de la Garonne, du Lot, du Dropt | Eau de l’inondation encore stockée dans l’épaisseur du mur | Mesure en profondeur, comparaison avec la date de la décrue, revêtements reposés depuis |
| Infiltration par fissuration | Maisons de coteau implantées sur molasse argileuse | Pluie entrant par une fissure ouverte par le retrait-gonflement | Saisonnalité de la fissure, corrélation avec les épisodes pluvieux |
| Humidité de partie enterrée | Caves creusées, celliers, sous-sols semi-enterrés | Eau du versant ou nappe alluviale retenue contre la paroi | Pente du terrain, drainage périphérique, ventilation du volume |
| Condensation | Logements vacants ou peu chauffés, angles froids, pièces humides | Vapeur de l’air se déposant sur les parois les plus froides | Écart entre température de paroi et point de rosée, débits d’air, occupation réelle |
C’est la situation la plus courante du département, et celle où l’on se trompe le plus souvent d’ordre. Savoir laquelle des deux a commencé change entièrement les travaux à engager. Cela se mesure sur place.
Sur une maison, la cause est souvent dehors
Quand 79,3 % des logements sont des maisons et que 65,1 % des ménages en sont propriétaires, l’enquête ne s’arrête pas au mur qui porte la tache. Elle commence par le terrain — et en Lot-et-Garonne, la première question est de savoir si vous êtes sur le coteau ou dans la vallée.
Ce que nous regardons à l’extérieur
- La position de la maison dans le relief : coteau de molasse ou terrasse alluviale. Ce seul point réoriente complètement l’ordre des hypothèses.
- La végétation proche des fondations : sur un sol argileux, un arbre mature prélève l’eau du sol en été et accentue le retrait sous une partie du bâtiment plutôt qu’une autre.
- Les gouttières, descentes et regards : une descente qui se déverse au pied d’un mur sur argile crée en plus une zone de gonflement local — le double effet est fréquent ici.
- Le niveau du sol extérieur par rapport au plancher bas : une cour, une terrasse ou un enrobé refaits plus haut que l’ancien seuil transforment un mur de façade en mur contre terre.
- La pente du terrain et la position dans le versant, quand une cave ou un cellier est creusé dans le coteau.
- Les traces de la ligne d’eau des crues passées, quand elles sont encore lisibles sur la façade ou dans la cave.
Ce que nous regardons à l’intérieur
- Le niveau enterré en premier : cave, cellier, garage, buanderie — hauteur des traces, sels, condensation sur les canalisations, odeur.
- La nature réelle du mur derrière le revêtement : galet, brique, pierre calcaire, torchis ou pisé n’ont ni la même porosité ni la même tolérance à l’eau.
- Les revêtements posés après une crue ou après une longue vacance : un enduit ou un doublage appliqué sur un support encore chargé est une cause de désordre à part entière.
- La ventilation du logement, y compris dans une maison ancienne où elle repose souvent sur des entrées d’air devenues invisibles.
Comment nous procédons
Sept étapes, toujours dans cet ordre. Le chiffrage arrive en dernier, une fois la cause établie.
- Premier échangeVous décrivez ce que vous voyez, depuis quand, dans quelles pièces et à quelle saison. En Lot-et-Garonne, deux questions orientent tout : votre maison est-elle sur le coteau ou dans la vallée, et le logement a-t-il été inondé ou laissé vide ?
- Inspection sur placeLe logement, mais aussi ce qui l’entoure : façades et pignons, pied de mur, cave ou cellier, terrain et sa pente, végétation proche, gouttières, descentes et regards.
- MesuresRelevés d’humidité sur plusieurs points et plusieurs hauteurs, conditions d’ambiance, températures de paroi et débits de ventilation. C’est ce qui départage une eau venue du sol d’une vapeur produite à l’intérieur.
- Recherche de la causeLes hypothèses sont écartées une à une : remontée capillaire, séchage incomplet après crue, infiltration par une fissure, eau du versant contre une paroi enterrée, condensation.
- Diagnostic remisCe qui a été mesuré, ce qui est retenu comme cause, ce qui reste à surveiller, et si l’origine se trouve dans le logement, dans le terrain ou dans un mouvement de sol qui relève d’un géotechnicien.
- PréconisationsLes solutions envisageables sont présentées avec leurs limites — y compris quand la bonne décision consiste à attendre encore une saison de séchage avant de refermer un mur.
- Traitement, si nécessaireMise en œuvre après votre validation, puis remise en état une fois le support redevenu sec et mesuré comme tel.
Les solutions, selon la cause identifiée
Chaque prestation correspond à une page détaillée du site. Le choix vient après le diagnostic, jamais avant.
Où nous intervenons en Lot-et-Garonne
Les 319 communes du département sont couvertes par notre agence Bordeaux, de Fumel à Casteljaloux. Le Lot-et-Garonne ne dispose pas encore de pages commune par commune comme l’Île-de-France : les villes ci-dessous situent nos secteurs d’intervention, et le formulaire reste le plus simple pour nous décrire votre situation.
319 communes, 4 arrondissements · tout le département est couvert — voir toutes nos zones d’intervention
Agen, Le Passage, Bon-Encontre, Boé, Foulayronnes, Pont-du-Casse, Colayrac-Saint-Cirq, Layrac, Astaffort, Puymirol, Sérignac-sur-Garonne, Roquefort, Estillac, Sainte-Colombe-en-Bruilhois, Brax, Castelculier.
Villeneuve-sur-Lot, Bias, Pujols, Sainte-Livrade-sur-Lot, Casseneuil, Penne-d’Agenais, Le Lédat, Saint-Antoine-de-Ficalba, Laroque-Timbaut, Monflanquin, Cancon, Castelmoron-sur-Lot, Sainte-Colombe-de-Villeneuve.
Marmande, Tonneins, Sainte-Bazeille, Le Mas-d’Agenais, Meilhan-sur-Garonne, Virazeil, Fauguerolles, Gontaud-de-Nogaret, Beaupuy, Fourques-sur-Garonne, Couthures-sur-Garonne, Clairac, Aiguillon, Damazan.
Nérac, Lavardac, Vianne, Barbaste, Mézin, Francescas, Durance, Houeillès, Buzet-sur-Baïse, Feugarolles, Port-Sainte-Marie, Casteljaloux, Bouglon, Sos.
Fumel, Monsempron-Libos, Tournon-d’Agenais, Sauveterre-la-Lémance, Duras, Miramont-de-Guyenne, Seyches, Lauzun, Castillonnès, Villeréal, Allemans-du-Dropt, Beaugas.
Décrivez-nous ce que vous constatez : nous convenons d’un passage pour mesurer et chercher la cause sur place.
Notre façon de travailler
Quatre engagements simples, qui expliquent pourquoi nous commençons toujours par une visite.
Ce qu’on nous demande en Lot-et-Garonne
Mon mur est fissuré et taché. Faut-il traiter l’humidité ou la fissure ?
Il faut d’abord établir laquelle a précédé l’autre, et c’est la question centrale du département. Les molasses de l’Agenais contiennent 70 à 90 % d’argiles gonflantes : le sol se rétracte en été, gonfle en hiver, et le mouvement — limité aux deux premiers mètres — suffit à fissurer une maçonnerie. La fissure laisse ensuite entrer la pluie, et une tache apparaît. Dans ce cas, l’humidité est la conséquence : reboucher et repeindre ne tiendra pas, parce que la fissure se rouvrira. Nous mesurons pour trancher, et si le mouvement de terrain domine, nous vous dirons qu’il faut un géotechnicien avant tout traitement de mur.
Ma cave a été inondée. Combien de temps avant de pouvoir refaire les murs ?
Plus longtemps que la plupart des gens ne l’imaginent, et c’est la principale cause de travaux à refaire. Une maçonnerie ancienne qui a été immergée stocke une quantité d’eau considérable et ne l’évacue que par sa surface, très lentement. Refermer trop tôt — enduit, doublage, peinture filmogène — empêche ce séchage et déplace le désordre : la trace ressort plus haut, l’isolant se dégrade, les moisissures s’installent à l’interface. La seule façon de savoir où en est le mur est de mesurer son humidité en profondeur, à plusieurs hauteurs et à plusieurs semaines d’intervalle. Nous pouvons aussi accélérer le ressuyage avec une déshumidification, mais cela ne remplace pas la mesure.
Je suis en zone inondable. Puis-je faire quelque chose contre l’humidité ?
Oui, à condition de séparer deux choses. L’inondation elle-même relève de la prévention du risque : les plans de prévention du Val de Garonne prennent pour référence la crue de 1930, ceux du secteur des Confluents celle de 1875, et ils encadrent ce que vous pouvez construire ou aménager. L’humidité permanente d’un rez-de-chaussée ou d’une cave, elle, se traite : remontées capillaires, ventilation, drainage périphérique, choix de revêtements capables de sécher. Nous travaillons sur cette seconde partie, avec un objectif réaliste — pas empêcher l’eau d’entrer lors d’une crue, mais permettre au bâtiment de repartir à sec ensuite.
La maison que j’achète est restée vide plusieurs années. Est-ce grave ?
C’est un point à vérifier avant la signature. Le Lot-et-Garonne compte 21 748 logements vacants, soit 11,3 % du parc — le taux le plus élevé de tous les départements que nous couvrons. Un logement vide n’est ni chauffé ni ventilé : les parois refroidissent, l’humidité de l’air se dépose sur les surfaces froides, les papiers se décollent, les moisissures apparaissent dans les angles. Deux hivers suffisent à dégrader un bâtiment sain. La bonne nouvelle, c’est que ce désordre-là se traite par l’air et par la remise en chauffe. La mauvaise, c’est qu’il masque souvent un problème plus ancien, qu’il faut chercher avant d’engager des travaux.
Ma cave est creusée dans le coteau et suinte en permanence. Que faire ?
C’est un cas très fréquent ici : le BRGM a recensé 566 cavités souterraines réparties sur 118 communes du département, dont 44 % d’origine anthropique — carrières, caves creusées, ouvrages abandonnés — surtout dans l’Agenais, le Fumélois et le Néracais. Un volume creusé dans le coteau reçoit l’eau du versant et n’est presque jamais ventilé : il reste frais, saturé, et la condensation s’y ajoute à l’eau du sol. On agit sur trois leviers : intercepter l’eau en amont, rétablir un renouvellement d’air, et renoncer à rendre étanche une paroi qui doit rester capable de sécher. Ce qui ne fonctionne jamais, c’est un cuvelage posé sans avoir traité l’arrivée d’eau.
Il ne pleut pas tant que ça à Agen. Pourquoi mon mur reste-t-il humide ?
La station d’Agen-La Garenne relève en effet 708,2 mm de précipitations par an, réparties sur 107,2 jours (normales 1991-2020) : un cumul modéré. Mais deux choses comptent davantage. D’abord la fréquence : un jour sur trois et demi, un mur n’a pas de longue fenêtre pour se ressuyer entre octobre et mars. Ensuite l’intensité : la même station a enregistré 129,8 mm en une seule journée le 8 septembre 2021. Un épisode de ce type sature les évacuations, fait entrer l’eau par des points qui ne posaient aucun problème le reste de l’année, et révèle des défauts jusque-là invisibles.
Mon mur est en pisé ou en terre crue. Que ne faut-il surtout pas faire ?
Ne jamais l’enfermer, et ne jamais le laisser durablement humide. L’Atlas des paysages de Lot-et-Garonne rappelle que « limons et argiles ont permis de fabriquer des tuiles plates ou creuses, des briques ou de bâtir des murs en terre crue, du torchis, du pisé », et il décrit sans détour ce qui arrive quand l’eau s’installe : des murs qui « se dissolvent ». Un mur de terre tient parce qu’il reste sec et parce qu’il peut évacuer ce qu’il absorbe. Un enduit ciment, une peinture filmogène ou un doublage collé bloquent cette évacuation. La priorité absolue est ailleurs : protéger le pied de mur, évacuer les eaux pluviales loin de la base, et conserver un enduit perméable à la vapeur.
Comment distinguer une remontée capillaire d’une infiltration ?
Trois indices se lisent avant toute mesure. La remontée part du sol et sa limite supérieure ondule, jamais rectiligne ; elle laisse un dépôt blanc qui revient après nettoyage ; elle est présente été comme hiver, avec un maximum en saison humide. L’infiltration, elle, apparaît ou s’aggrave après un épisode pluvieux précis, se localise souvent près d’un appui de fenêtre, d’une fissure ou d’une descente d’eau, et se limite à une face du mur. La mesure tranche : dans un cas le taux d’humidité décroît régulièrement en montant, dans l’autre il est maximal au point d’entrée puis diminue autour. Avec 24,4 % du parc antérieur à 1946, la première hypothèse est fréquente ici — mais elle se vérifie, elle ne se suppose pas.
Aller plus loin
Humidité des caves et sous-solsCaves creusées, celliers et niveaux enterrés
Infiltration dans les mursQuand l’eau entre par une fissure ou un point faible
DéshumidificationAccélérer le séchage après une inondation
Notre expertiseMéthode, moyens de mesure et champ d’intervention
Zones d’interventionL’ensemble des territoires couverts par KM Humidité
Nous contacterDemander un diagnostic en Lot-et-Garonne
Conséquences sur le bâtimentCe qu’un mur humide finit par abîmer
- INSEE — Logement en 2023, département de Lot-et-Garonne : 155 825 résidences principales achevées avant 2021, périodes d’achèvement, 79,3 % de maisons et 19,8 % d’appartements, 65,1 % de propriétaires, 6,4 % de résidences secondaires, 11,3 % de logements vacants.
- INSEE — Populations de référence en vigueur au 1er janvier 2026, Lot-et-Garonne : 319 communes et 4 arrondissements (Agen, Marmande, Nérac, Villeneuve-sur-Lot).
- BRGM — Cartographie de l’aléa retrait-gonflement des argiles en Lot-et-Garonne (RP-51752-FR, 2002) : aucune zone d’aléa fort, 51 % du territoire en aléa moyen, 21 % en aléa faible, 28 % a priori négligeable ; molasses de l’Agenais à 70-90 % d’argiles gonflantes, susceptibilité forte, indices de plasticité de 29 à 38 ; alluvions des terrasses de 1 à 5 m d’épaisseur.
- Géorisques, base GASPAR — Arrêtés de catastrophe naturelle et carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles, version 2026 : 310 des 319 communes reconnues au moins une fois en catastrophe naturelle sécheresse entre 1989 et 2024 ; l’ensemble des communes concernées par au moins un arrêté inondation.
- Préfecture de Lot-et-Garonne — Abrogation des PPR retrait-gonflement des argiles : abrogation des 295 plans de prévention du risque retrait-gonflement par arrêté du 5 juin 2026, au profit de la carte d’exposition nationale approuvée le 9 janvier 2026.
- Préfecture de Lot-et-Garonne — Crues de février 2026, retour à la vigilance verte : vigilance rouge du 11 au 20 février 2026, pics à 7,69 m à Agen, 9,56 m à Tonneins, 10,35 m à Marmande et 5,87 m à Villeneuve-sur-Lot, près de 1 750 personnes évacuées.
- DDT de Lot-et-Garonne — PPRI Garonne, secteur des Confluents, règlement : crue de référence de 1875 pour le secteur des Confluents ; les plans du Marmandais retiennent la crue de 1930.
- BRGM — Inventaire départemental des cavités souterraines de Lot-et-Garonne (RP-54265-FR, 2006) : 566 cavités recensées sur 118 communes, 44 % d’origine anthropique et 56 % naturelles, 622 dolines et 40 instabilités associées.
- Conseil départemental de Lot-et-Garonne — Atlas des paysages, le bâti rural de Lot-et-Garonne : moellons et pierres de taille issus du sous-sol calcaire, murs de galets intercalés d’assises de briques plates, terre crue, torchis et pisé, et dégradation des murs en pisé.
- Météo-France — Fiche climatologique de la station d’Agen-La Garenne (47), normales 1991-2020 : 708,2 mm de précipitations annuelles réparties sur 107,2 jours, 13,8 °C de moyenne annuelle, record quotidien de 129,8 mm le 8 septembre 2021.
Faisons le point sur votre mur
Une fissure accompagnée d’une tache, une cave qui n’a pas reséché depuis la crue, un bas de mur qui se creuse, une maison restée vide trop longtemps : décrivez-nous ce que vous voyez. Nous venons mesurer et chercher la cause — le devis ne vient qu’après.
Agence Bordeaux · Lot-et-Garonne, 319 communes couvertes · Lundi au samedi, 8h – 20h
