170 jours de gel par an à 1 155 mètres, et un logement sur trois qui n’est pas chauffé l’hiver
C’est le département le plus froid et le plus fermé que nous couvrions. Un tiers des logements sont des résidences secondaires, le gel revient presque un jour sur deux à Barcelonnette, et le sous-sol est fait de marnes imperméables sur lesquelles l’eau ruisselle au lieu de s’infiltrer. Trois faits qui, ensemble, expliquent l’essentiel des désordres.
- 198 communes couvertes
- Mesures sur place
- Devis après diagnostic

L’essentiel, en quatre points
Ce qui change quand on diagnostique une humidité dans les Alpes-de-Haute-Provence plutôt qu’ailleurs.
Barcelonnette compte 169,9 jours par an avec une température minimale sous 0 °C, dont 84,6 sous −5 °C et 28,7 sous −10 °C. Castellane, à 729 mètres seulement, en compte encore 138,5. Une maçonnerie chargée d’eau qui gèle et dégèle cent soixante-dix fois par an se dégrade à chaque cycle : c’est le joint qui éclate, l’enduit qui se pulvérise, la pierre qui se délite.
40 577 résidences secondaires, soit 30,4 % du parc — la proportion la plus élevée de tous les départements que nous couvrons. À Barcelonnette, c’est 51,7 %. Un logement chauffé par intermittence en altitude subit un cycle de condensation à chaque remise en chauffe, et les moisissures s’installent sans qu’aucune eau extérieure n’entre.
Les Terres Noires, qui forment des masses de 600 à 700 mètres d’épaisseur, sont des roches imperméables soumises à une forte érosion. L’eau de pluie ruisselle en surface, se concentre dans les ravines et arrive au pied des constructions. Une maison de pied de versant reçoit donc l’eau de tout ce qui la domine — et son mur amont est rarement drainé.
Nous ne vendons pas de traitement par téléphone. Relevés d’humidité, températures de paroi, examen du terrain, des évacuations et des parties enterrées se font sur place — et c’est seulement ensuite qu’une préconisation chiffrée a un sens.
Ce que les Alpes-de-Haute-Provence ont de particulier
Ces chiffres ne décrivent pas votre logement. Ils décrivent le climat, le mode d’occupation et l’âge du bâti — trois éléments qui déterminent par quelle hypothèse un technicien commence.
Que voyez-vous chez vous ?
Chaque signe ouvre une piste. Aucun ne suffit à conclure — mais il indique par où commencer, et ce qu’il faudra mesurer pour trancher.
Un enduit qui éclate en écailles au printempsLa dégradation apparaît après l’hiver, en bas de mur ou sur une façade nord, là où la maçonnerie reste humide.Gel-dégel sur support saturé
Un mur amont qui suinte en permanenceSur une maison adossée au versant : la paroi du fond perle toute l’année, sans lien avec la météo du jour.Ruissellement de versant sur marne
Un bas de mur de pierre qui se creuseLa trace part du sol, sa limite haute ondule, le joint se sable et un dépôt blanc revient après brossage.Remontée capillaire
Une façade décroûtée qui prend l’eauLe mur a été mis à nu pour faire « pierre apparente », et il fonce entièrement à chaque pluie battante.Mur privé de son enduit d’origine
Une cave ou une remise creusée qui perleLe volume reste frais et humide toute l’année, l’air y est lourd, et rien n’y entre ni n’en sort.Paroi enterrée non ventilée
Un logement sur cinq est antérieur à 1946, et la pierre apparente est une mode récente
13,6 % des résidences principales du département datent d’avant 1919, et 20,2 % d’avant 1946. Mais le point le plus important n’est pas l’âge : c’est ce qu’on a fait de ces murs depuis.
| Période d’achèvement | Résidences principales | Part du parc |
|---|---|---|
| Avant 1919 | 11 009 | 13,6 % |
| 1919 – 1945 | 5 318 | 6,6 % |
| 1946 – 1970 | 16 403 | 20,3 % |
| 1971 – 1990 | 23 032 | 28,5 % |
| 1991 – 2005 | 13 132 | 16,3 % |
| 2006 – 2020 | 11 857 | 14,7 % |
Trois familles de bâti, trois façons de prendre l’eau
- Avant 1946 — 16 327 logements, 20,2 % : l’habitat traditionnel, que l’Atlas des paysages du département décrit ainsi : « sur l’ensemble du département les maisons sont construites avec des pierres trouvées à proximité, galets roulés ou pierres brutes à peine dégrossies », si bien que « l’architecture est le reflet de la géologie du lieu ». En haute montagne, « la présence de la neige impose des toitures à pente plus importante, environ 40 % », couvertes de « tuile écaille, ardoise, bardeau de bois et lauze », et « les ouvertures sont peu nombreuses pour conserver un bon isolement thermique ».
- 1946 – 1990 — 39 435 logements, 48,8 % : près de la moitié du parc, dont la vague des stations et des lotissements des années 1971-1990. Sous-sols, garages semi-enterrés, isolation partielle, ponts thermiques : le couple humidité-froid s’y exprime pleinement, avec des parois froides sur lesquelles la vapeur se dépose.
- Après 1991 — 24 989 logements, 31,0 % : enveloppe étanche, menuiseries performantes, ventilation mécanique indispensable. Dans un département où trois logements sur dix sont des résidences secondaires, une ventilation coupée pendant l’absence suffit à créer un désordre que rien d’extérieur n’explique.
Des marnes qui ne laissent rien passer, et un gypse qui se dissout
Le département est dominé par une formation qui porte bien son nom : les Terres Noires. Ce sont des marnes, c’est-à-dire de l’argile calcaire — et elles se comportent avec l’eau à l’exact opposé d’un calcaire fissuré.
Le BRGM les décrit comme « une masse puissante de l’ordre de 600 à 700 m », dont l’épaisseur « atteint le millier de mètres » plus au nord de Digne. Ce sont « des marnes feuilletées gris sombre à patine roussâtre, avec des intercalations de bancs ou de nodules calcaires sombres », parfois pyriteux. Le Géoparc mondial UNESCO de Haute-Provence, qui en a fait un de ses paysages emblématiques, résume leur comportement : ce sont des « roches imperméables et soumises à une forte érosion », dont l’érosion « porte le nom de robines » — ces ravines nues que les Anglais appellent des badlands.
Le cas le plus documenté du département est le glissement de La Valette, à Saint-Pons près de Barcelonnette. Le document d’information communal sur les risques majeurs de Barcelonnette le décrit comme un glissement « de 6 millions de m³ de matériaux en suspens », doté d’un piège à matériaux, d’un système de surveillance relié au centre opérationnel de Digne et d’une sirène d’alerte. L’observatoire scientifique qui l’instrumente précise qu’il s’est déclenché en mars 1982, qu’il mobilise 3,5 millions de mètres cubes sur deux kilomètres de long, et que son substratum est précisément la formation des marnes noires.
Le Trias, lui, apporte un autre problème. Le BRGM décrit des gypses « blancs, rouges ou noirs », formant « de larges masses diapiriques » aux points de rencontre des grands décrochements, et des cargneules — « roches vacuolaires et bréchiques » dont les éléments dolomitiques ont été « plus ou moins dissous par les eaux séléniteuses issues des gypses avoisinants ». Un gypse est soluble dans l’eau : là où il affleure, le sous-sol se creuse tout seul, et les eaux qui le traversent se chargent en sulfates — mauvaise nouvelle pour les mortiers.
Dans les vallées, enfin, tout change encore. Le BRGM relève que « l’épaisseur des alluvions de la Durance est toujours supérieure à 20 mètres » : c’est un aquifère important, et les bourgs installés dessus ont une nappe sous les pieds. Les molasses miocènes du plateau de Valensole et du Forcalquiérais complètent le tableau, avec leurs « conglomérats ravinant à la base (chenaux) – grès éventuellement – marnes ».
- Remontée capillaire
- Nappe alluviale de la Durance
- Ruissellement de versant sur marnes
- Condensation et gel-dégel
Coupe schématique, sans échelle. Elle montre pourquoi, dans les Alpes-de-Haute-Provence, la question n’est presque jamais « l’eau s’infiltre-t-elle ? » mais « d’où descend-elle, et où s’arrête-t-elle ? ».
Quatre Alpes-de-Haute-Provence, quatre points de départ
198 communes réparties sur quatre arrondissements — Barcelonnette, Castellane, Digne-les-Bains et Forcalquier. Entre la vallée de la Durance à 400 mètres et les vallées de l’Ubaye à plus de 1 100 mètres, le climat, le sol et le mode d’occupation ne se ressemblent pas — et l’ordre des hypothèses change avec eux.
Symptôme, cause probable, vérification
Ces tableaux ne remplacent pas un diagnostic. Ils montrent ce qu’un technicien cherche à confirmer ou à écarter en arrivant chez vous, et dans quel ordre.
| Ce que vous observez | Causes les plus probables | Ce que l’on vérifie |
|---|---|---|
| Moisissures découvertes à la réouverture d’un chalet ou d’une maison de village | Condensation dans un volume non chauffé et non ventilé pendant l’hiver | Régime d’occupation réel, chauffage hors gel maintenu ou non, débits de ventilation, températures de paroi et point de rosée |
| Paroi amont d’une maison de versant humide en permanence | Ruissellement retenu contre un mur enterré, sur marnes imperméables | Position dans le versant, interception en amont, drainage périphérique, ventilation du volume enterré |
| Frange humide en pied de mur, limite ondulée, joints qui se creusent | Remontée capillaire dans une maçonnerie de moellons hourdée à la chaux ou à la terre | Gradient d’humidité sur la hauteur du mur, présence de sels, nature réelle du mortier |
| Enduit qui cloque, se détache par plaques, éclats de pierre après l’hiver | Ravalement au ciment sur un mur ancien, aggravé par les cycles de gel-dégel | Composition de l’enduit d’origine, hauteur du décollement, humidité retenue derrière, exposition |
| Dépôt blanc qui revient après chaque brossage | Salpêtre : l’eau vient du sol et transporte des sels solubles | Nature du dépôt, récurrence saisonnière, humidité du support en profondeur |
| Sous-sol ou garage enterré humide dans la plaine de la Durance | Contact avec la nappe d’accompagnement de la rivière dans les alluvions | Profondeur de l’ouvrage, variations saisonnières du niveau, cuvelage existant, ventilation |
| Dépression fermée ou affaissement qui se creuse dans le terrain | Dissolution du gypse du Trias ou cavité naturelle : 576 des 694 cavités recensées sont naturelles | Écoulements de surface, fuites de réseau, historique de la parcelle — et signalement en mairie |
| Fissures et désordres qui évoluent lentement sur un versant marneux | Mouvement de terrain lié à la saturation des marnes, indépendant de l’humidité du mur | Orientation et évolution des fissures, drainage du versant, suivi — et recours à un géotechnicien |
| Mécanisme | Où cela apparaît | Origine de l’eau | Contrôle déterminant |
|---|---|---|---|
| Condensation d’inoccupation | Résidences secondaires de montagne — 30,4 % du parc, 51,7 % à Barcelonnette | Vapeur de l’air ambiant déposée sur des parois restées froides tout l’hiver | Occupation réelle, chauffage maintenu, renouvellement d’air, point de rosée |
| Ruissellement de versant | Murs amont des constructions de la Bléone, de l’Ubaye et du haut Verdon | Pluie et fonte ruisselant sur des marnes imperméables jusqu’à la paroi enterrée | Pente et exposition, interception en amont, drainage, saisonnalité lente |
| Remontée capillaire | Bas de murs du bâti ancien — 20,2 % du parc est antérieur à 1946 | Eau du sol aspirée par le mortier de chaux ou de terre et par les joints | Profil d’humidité décroissant vers le haut, sels en surface, permanence sur l’année |
| Gel-dégel | Façades exposées en altitude — 169,9 jours de gel par an à 1 155 m | Eau déjà présente dans le mur, qui gonfle en gelant et fait éclater le parement | Teneur en eau du support avant l’hiver, nature du revêtement, orientation |
| Nappe alluviale | Niveaux enterrés de la vallée de la Durance et de ses basses terrasses | Nappe d’accompagnement de la rivière, dans des alluvions de plus de 20 m | Cote du plancher bas, variations de niveau sur l’année, étanchéité de l’ouvrage |
C’est le cas le plus fréquent du département, et le plus mal interprété : ce que l’on découvre en avril s’est presque toujours formé entre novembre et mars, dans un logement froid et fermé. Trouver l’origine demande de reconstituer l’hiver, pas seulement de regarder le mur.
Un département de maisons, dont un tiers ne vit qu’une partie de l’année
60,4 % des logements des Alpes-de-Haute-Provence sont des maisons, et 59,7 % des ménages sont propriétaires de leur résidence principale. Mais 30,4 % du parc est en résidence secondaire : la méthode de diagnostic ne change pas, ce qui change c’est le régime thermique dans lequel le bâtiment passe l’hiver.
En maison individuelle et en maison de versant
- La position dans la pente d’abord : sur les Terres Noires, l’eau ne s’infiltre pas, elle descend. Une maison adossée au versant reçoit tout ce qui ruisselle au-dessus d’elle, et le mur amont est enterré sans drainage neuf fois sur dix.
- L’interception en amont — fossé, caniveau, drain, restanque entretenue. C’est le levier le plus efficace et le moins coûteux sur un terrain en pente, et il est presque toujours absent ou colmaté.
- Le niveau du sol extérieur par rapport au plancher bas, souvent relevé par une terrasse, un accès refait ou un remblai rapporté contre la façade.
- La nature réelle du revêtement : enduit à la chaux d’origine, ravalement au ciment, peinture filmogène. En altitude, un revêtement qui retient l’eau ne fait pas que bloquer le séchage — il livre le mur au gel.
- Dans la plaine de la Durance, la cote des niveaux enterrés par rapport aux variations de la nappe alluviale, qui ne se lit pas en une seule visite.
- Partout où le Trias affleure, tout indice d’affaissement : dépression fermée, fissuration en escalier accompagnée d’un mouvement, désordre localisé sur une seule partie du bâtiment.
En maison de village et en logement fermé une partie de l’année
- Une maison de village est mitoyenne sur deux ou trois côtés, souvent sur trois niveaux, avec une cave voûtée en contact avec le rocher et une seule façade réellement exposée. L’eau y a peu de chemins possibles, ce qui simplifie le diagnostic — à condition d’aller voir la cave.
- Un logement fermé de novembre à avril n’a pas la même physique qu’un logement occupé : les parois restent froides, l’air chargé pendant les périodes d’occupation se dépose dessus, et rien ne sèche. Le chauffage hors gel et une ventilation minimale maintenus valent souvent mieux qu’un traitement.
- Dans un immeuble ou une copropriété — Manosque, Digne-les-Bains, Sisteron —, ventilation intérieure et menuiseries privatives relèvent du lot ; façades, toiture, descentes d’eaux pluviales, caves et colonnes de ventilation relèvent des parties communes. Une infiltration de façade se traite donc au niveau de la copropriété, avec un rapport écrit et daté à présenter au syndic.
Comment nous procédons
Sept étapes, toujours dans cet ordre. Le chiffrage arrive en dernier, une fois la cause établie.
- Premier échangeVous décrivez ce que vous voyez, depuis quand, dans quelles pièces et à quelle saison. Ici, trois questions orientent tout : le logement est-il chauffé tout l’hiver, est-il adossé à un versant ou en fond de vallée, et le désordre se découvre-t-il à la réouverture ?
- Inspection sur placeLe logement, mais aussi ce qui l’entoure : façades et pignons, pied de mur, cave voûtée, parties enterrées, terrain et sa pente, gouttières, descentes, regards, fossés et exutoires.
- MesuresRelevés d’humidité sur plusieurs points et plusieurs hauteurs, conditions d’ambiance, températures de paroi et débits de ventilation. C’est ce qui départage une eau venue de l’extérieur d’une vapeur produite ou piégée à l’intérieur.
- Recherche de la causeLes hypothèses sont écartées une à une : condensation d’inoccupation, ruissellement de versant sur marnes, remontée capillaire, dégradation par gel-dégel, contact avec la nappe alluviale de la Durance.
- Diagnostic remisCe qui a été mesuré, ce qui est retenu comme cause, ce qui reste à surveiller, et si l’origine se trouve dans le logement, dans les parties communes ou à l’extérieur. Sans cette étape, aucun devis n’a de sens.
- PréconisationsLes solutions envisageables sont présentées avec leurs limites — y compris quand la bonne décision consiste à intercepter l’eau en amont, à maintenir un chauffage hors gel pendant l’hiver ou simplement à laisser sécher une saison de plus.
- Traitement, si nécessaireMise en œuvre après votre validation, puis remise en état une fois le support redevenu sec et mesuré comme tel.
Les solutions, selon la cause identifiée
Chaque prestation correspond à une page détaillée du site. Le choix vient après le diagnostic, jamais avant.
Où nous intervenons dans les Alpes-de-Haute-Provence
Les 198 communes du département sont couvertes par notre agence Côte d’Azur, basée à Mandelieu-la-Napoule, de Manosque à Barcelonnette. Les Alpes-de-Haute-Provence ne disposent pas encore de pages commune par commune comme l’Île-de-France : les villes ci-dessous situent nos secteurs d’intervention, et le formulaire reste le plus simple pour nous décrire votre situation.
198 communes, 4 arrondissements · tout le département est couvert — voir toutes nos zones d’intervention
Manosque, Sainte-Tulle, Pierrevert, Villeneuve, Volx, Gréoux-les-Bains, Corbières-en-Provence, Oraison, Les Mées, Valensole, Saint-Martin-de-Brômes, Esparron-de-Verdon, Vinon-sur-Verdon.
Sisteron, Château-Arnoux-Saint-Auban, Volonne, L’Escale, Peyruis, Malijai, Les Omergues, Aubignosc, Salignac, Entrepierres, Digne-les-Bains, Mallemoisson, Aiglun, Mézel, Champtercier, Marcoux, Le Brusquet, La Javie, Thoard, Barrême.
Forcalquier, Mane, Lurs, Niozelles, Cruis, Saint-Étienne-les-Orgues, Ongles, Banon, Simiane-la-Rotonde, Reillanne, Céreste, Sainte-Croix-à-Lauze, Riez, Puimoisson, Roumoules, Moustiers-Sainte-Marie.
Barcelonnette, Jausiers, Uvernet-Fours, Saint-Paul-sur-Ubaye, Le Lauzet-Ubaye, Les Thuiles, Seyne, Le Vernet, Selonnet, Montclar, Allos, Colmars, Beauvezer, Thorame-Haute, Saint-André-les-Alpes.
Castellane, La Palud-sur-Verdon, Rougon, Senez, Blieux, Saint-Julien-du-Verdon, Annot, Entrevaux, Saint-Benoît, Méailles, Ubraye, La Mure-Argens, Saint-Jurs, Majastres.
Décrivez-nous ce que vous constatez : nous convenons d’un passage pour mesurer et chercher la cause sur place.
Notre façon de travailler
Quatre engagements simples, qui expliquent pourquoi nous commençons toujours par une visite.
Ce qu’on nous demande dans les Alpes-de-Haute-Provence
Je rouvre ma maison au printemps et tout sent le moisi. Pourquoi ?
C’est le motif d’appel numéro un du département, et il n’a presque jamais de rapport avec une infiltration. Le contexte l’explique : 30,4 % des logements du département sont des résidences secondaires, et la proportion monte à 51,7 % à Barcelonnette. Or Barcelonnette compte 169,9 jours de gel par an, dont 84,6 jours à moins de −5 °C et 28,7 jours à moins de −10 °C. Un logement fermé et non chauffé pendant cinq mois voit toutes ses parois descendre à la température extérieure : l’humidité de l’air se dépose sur les surfaces les plus froides, les angles, les murs nord, les pièces sans chauffage, et rien ne sèche jamais. La réponse tient en deux gestes : un chauffage hors gel maintenu et un renouvellement d’air minimal pendant l’absence.
Mon mur du fond est contre le versant et il suinte en permanence. Pourquoi ?
Parce que dans une grande partie du département, le sous-sol ne draine pas. Les Terres Noires — les marnes callovo-oxfordiennes — forment selon la notice géologique du BRGM « une masse puissante de l’ordre de 600 à 700 m » qui, au nord, « atteint le millier de mètres ». Ce sont des roches imperméables : l’eau de pluie et de fonte n’y disparaît pas dans le sol, elle ruisselle sur le versant et arrive contre le premier obstacle, qui est souvent votre mur amont, enterré sur toute sa hauteur et sans drainage. Cuveler la face intérieure sans avoir intercepté cette arrivée revient à mettre l’eau sous pression derrière l’enduit. L’action efficace se joue en amont : fossé, drain, restanque entretenue, et une évacuation qui conduit l’eau ailleurs qu’au pied du bâtiment.
Mon enduit éclate et la pierre se délite depuis quelques hivers. Est-ce l’humidité ?
C’est l’humidité, mais c’est le gel qui fait le travail. L’eau contenue dans un mur augmente de volume en gelant : chaque cycle gel-dégel écarte un peu les grains du parement et décolle un peu plus l’enduit. À 169,9 jours de gel par an à Barcelonnette et 138,5 à Castellane, ce cycle se répète plusieurs centaines de fois par saison sur une façade exposée. Un mur sec le supporte ; un mur qui reste chargé parce qu’un ravalement au ciment ou une peinture filmogène l’empêche de sécher, non. C’est pourquoi, en altitude, la question n’est pas seulement d’où vient l’eau, mais si le mur a le temps de se vider avant l’hiver.
Faut-il décroûter ma façade pour retrouver la pierre apparente ?
C’est exactement l’inverse de ce que faisait le bâti d’origine. L’Atlas des paysages des Alpes-de-Haute-Provence est catégorique : « la presque totalité des constructions étaient couvertes d’enduit et le mur en pierres apparentes est une mode actuelle ». Décroûter n’est donc pas un retour à l’état d’origine, c’est retirer la couche que le mur était conçu pour porter — celle qui recevait la pluie et laissait passer la vapeur. Sur une maçonnerie de moellons hourdée à la chaux ou à la terre, un mur nu prend l’eau, et en altitude il la garde jusqu’au premier gel.
Puis-je faire enduire ou rejointoyer ma maison en pierre au ciment ?
Le Parc naturel régional du Verdon répond sans détour : « l’utilisation du ciment est néfaste dans l’entretien du bâti ancien. Sa grande dureté et son manque de porosité empêchent l’évaporation de l’humidité naturelle contenue dans les murs, provoquant ainsi des remontées capillaires et un décollement des enduits. » Le ciment n’empêche pas le mur de pomper l’eau du sol : il l’empêche seulement de la rendre. L’eau contourne alors la zone imperméable et ressort plus haut, ou pousse l’enduit devant elle. La chaux, elle, protège de la pluie tout en laissant le mur respirer — et c’est ce que faisaient les enduits d’origine.
Une cuvette se creuse dans mon terrain. Que dois-je faire ?
Signalez-la en mairie sans attendre et tenez-vous à distance. Le département est particulièrement concerné : l’inventaire du BRGM y recense 694 cavités souterraines réparties sur 116 communes, dont 576 cavités naturelles, soit 83 % du total. Deux mécanismes se croisent, le karst calcaire et la dissolution des gypses du Trias — ces gypses « blancs, rouges ou noirs » que la notice géologique décrit en « larges masses diapiriques », et dont les eaux séléniteuses attaquent les cargneules voisines. Ce n’est pas notre métier et nous ne sondons rien : l’expertise revient à un géotechnicien. En revanche, si une descente d’eau pluviale, une fuite de réseau ou un rejet alimente le phénomène, nous le verrons pendant le diagnostic et nous vous le dirons.
Mon sous-sol est humide à Manosque, Oraison ou Château-Arnoux. Est-ce normal ?
Dans la vallée de la Durance, c’est une hypothèse à examiner en premier. La notice géologique de la feuille de Forcalquier relève que « l’épaisseur des alluvions de la Durance est toujours supérieure à 20 mètres » : c’est un aquifère important, et les bourgs installés sur ces terrasses ont une nappe sous les pieds. Un niveau enterré creusé dans ces alluvions peut donc se trouver au contact d’une eau libre dont le niveau varie au fil de l’année. Le diagnostic consiste alors à situer la cote du plancher bas par rapport à ces variations, ce qui ne se lit pas en une seule visite : c’est le seul secteur du département où nous demandons parfois un second passage à une autre saison.
Comment distinguer une remontée capillaire d’une infiltration ?
Trois indices se lisent avant toute mesure. La remontée part du sol et sa limite supérieure ondule, jamais rectiligne ; elle laisse un dépôt blanc qui revient après nettoyage ; elle est présente été comme hiver. L’infiltration, elle, apparaît ou s’aggrave après un épisode précis, se localise près d’un appui, d’une jonction ou d’une descente d’eau, et se limite à une face du mur. La mesure tranche : dans un cas le taux d’humidité décroît régulièrement en montant, dans l’autre il est maximal au point d’entrée puis diminue autour. Avec 20,2 % du parc antérieur à 1946 — des maçonneries de moellons montées au mortier de chaux ou à la terre, sans arase étanche — la remontée capillaire reste une hypothèse sérieuse dans les villages, mais elle se vérifie, elle ne se suppose pas.
Aller plus loin
Infiltrations latéralesLe cas des maisons adossées à un versant de marnes
Remontées capillairesTraiter un mur de moellons sans arase étanche
Humidité des façadesChaux, ciment et cycles de gel-dégel
Notre expertiseMéthode, moyens de mesure et champ d’intervention
Zones d’interventionL’ensemble des territoires couverts par KM Humidité
Nous contacterDemander un diagnostic dans les Alpes-de-Haute-Provence
Conséquences sur le bâtimentCe qu’un mur humide finit par abîmer
- INSEE — Dossier complet, département des Alpes-de-Haute-Provence (04), recensement 2023 : 133 546 logements, 80 750 résidences principales achevées avant 2021 et leur répartition par période de construction, 60,4 % de maisons, 59,7 % de propriétaires, 30,4 % de résidences secondaires et logements occasionnels, 8,0 % de logements vacants.
- INSEE — Dossier complet, commune de Barcelonnette : 51,7 % de résidences secondaires et logements occasionnels.
- INSEE — Populations de référence, Alpes-de-Haute-Provence : 198 communes et 4 arrondissements (Barcelonnette, Castellane, Digne-les-Bains, Forcalquier).
- Météo-France — Fiche climatologique de la station de Barcelonnette (04), normales 1991-2020 : 169,9 jours de gel par an, 84,6 jours à moins de −5 °C, 28,7 jours à moins de −10 °C, 694,3 mm répartis sur 82,3 jours, 8,2 °C de moyenne annuelle, altitude 1 155 m.
- Météo-France — Fiche climatologique de la station de Castellane (04), normales 1991-2020 : 999,7 mm répartis sur 83,8 jours et 138,5 jours de gel par an.
- Météo-France — Fiche climatologique de la station de Saint-Auban (04), normales 1991-2020 : 714,2 mm répartis sur 72,3 jours et 52,5 jours de gel par an.
- BRGM — Inventaire des cavités souterraines du département des Alpes-de-Haute-Provence (RP-56731-FR, 2009) : 694 cavités recensées sur 116 communes, dont 576 cavités naturelles, soit 83 % du total.
- BRGM — Notice de la carte géologique au 1/50 000, feuille de Digne (n° 944) : Terres Noires en « une masse puissante de l’ordre de 600 à 700 m » atteignant « le millier de mètres » au nord, « marnes feuilletées gris sombre à patine roussâtre » à intercalations calcaires, combe « encombrée de masses solifluées au Quaternaire », gypses « blancs, rouges ou noirs » en « larges masses diapiriques », cargneules « roches vacuolaires et bréchiques » attaquées par « les eaux séléniteuses issues des gypses avoisinants ».
- BRGM — Notice de la carte géologique au 1/50 000, feuille de Forcalquier (n° 943) : « l’épaisseur des alluvions de la Durance est toujours supérieure à 20 mètres » ; molasses et conglomérats de Valensole en « conglomérats ravinant à la base (chenaux) – grès éventuellement – marnes ».
- Géoparc mondial UNESCO de Haute-Provence — Archail, les Terres Noires : « l’érosion de ces marnes porte le nom de robines (ravines) ».
- DREAL Provence-Alpes-Côte d’Azur — Atlas des paysages des Alpes-de-Haute-Provence, les formes de l’habitat : pierres locales, galets roulés ou pierres brutes, toitures à forte pente en zone de neige, ouvertures peu nombreuses, et « la presque totalité des constructions étaient couvertes d’enduit et le mur en pierres apparentes est une mode actuelle ».
- OMIV — Observatoire multidisciplinaire des instabilités de versants, glissement de La Valette (Saint-Pons) : réactivation déclenchée en mars 1982 dans les Terres Noires, environ 3,5 millions de m³ mobilisés sur près de deux kilomètres.
- Parc naturel régional du Verdon — Construire et restaurer dans le Verdon : « l’utilisation du ciment est néfaste dans l’entretien du bâti ancien. Sa grande dureté et son manque de porosité empêchent l’évaporation de l’humidité naturelle contenue dans les murs, provoquant ainsi des remontées capillaires et un décollement des enduits. »
- CICRP et Direction régionale des affaires culturelles Provence-Alpes-Côte d’Azur — Les remontées capillaires dans le bâti ancien : parois massives en contact direct avec le sol et absence de barrière anticapillaire dans le bâti ancien.
Faisons le point sur votre logement
Une maison rouverte au printemps, un mur amont qui suinte au pied d’un versant de marnes, un enduit qui éclate après l’hiver, un sous-sol humide dans la vallée de la Durance : décrivez-nous ce que vous voyez. Nous venons mesurer et chercher la cause — le devis ne vient qu’après.
Agence Côte d’Azur · Alpes-de-Haute-Provence, 198 communes couvertes · Lundi au samedi, 8h – 20h
