Alpes-de-Haute-Provence · 04 · Agence Côte d’Azur

170 jours de gel par an à 1 155 mètres, et un logement sur trois qui n’est pas chauffé l’hiver

C’est le département le plus froid et le plus fermé que nous couvrions. Un tiers des logements sont des résidences secondaires, le gel revient presque un jour sur deux à Barcelonnette, et le sous-sol est fait de marnes imperméables sur lesquelles l’eau ruisselle au lieu de s’infiltrer. Trois faits qui, ensemble, expliquent l’essentiel des désordres.

  • 198 communes couvertes
  • Mesures sur place
  • Devis après diagnostic
Technicien de KM Humidité inspectant un mur humide avec un appareil de mesure dans une maison
169,9jours de gel par an à Barcelonnette, dont 28,7 sous −10 °C

L’essentiel, en quatre points

Ce qui change quand on diagnostique une humidité dans les Alpes-de-Haute-Provence plutôt qu’ailleurs.

Le gel n’est pas un détail, c’est un mécanisme

Barcelonnette compte 169,9 jours par an avec une température minimale sous 0 °C, dont 84,6 sous −5 °C et 28,7 sous −10 °C. Castellane, à 729 mètres seulement, en compte encore 138,5. Une maçonnerie chargée d’eau qui gèle et dégèle cent soixante-dix fois par an se dégrade à chaque cycle : c’est le joint qui éclate, l’enduit qui se pulvérise, la pierre qui se délite.

Un logement sur trois n’est occupé qu’une partie de l’année

40 577 résidences secondaires, soit 30,4 % du parc — la proportion la plus élevée de tous les départements que nous couvrons. À Barcelonnette, c’est 51,7 %. Un logement chauffé par intermittence en altitude subit un cycle de condensation à chaque remise en chauffe, et les moisissures s’installent sans qu’aucune eau extérieure n’entre.

Sur la marne, l’eau ne s’infiltre pas : elle descend

Les Terres Noires, qui forment des masses de 600 à 700 mètres d’épaisseur, sont des roches imperméables soumises à une forte érosion. L’eau de pluie ruisselle en surface, se concentre dans les ravines et arrive au pied des constructions. Une maison de pied de versant reçoit donc l’eau de tout ce qui la domine — et son mur amont est rarement drainé.

Aucun chiffrage avant la visite

Nous ne vendons pas de traitement par téléphone. Relevés d’humidité, températures de paroi, examen du terrain, des évacuations et des parties enterrées se font sur place — et c’est seulement ensuite qu’une préconisation chiffrée a un sens.

Le département en données publiques

Ce que les Alpes-de-Haute-Provence ont de particulier

Ces chiffres ne décrivent pas votre logement. Ils décrivent le climat, le mode d’occupation et l’âge du bâti — trois éléments qui déterminent par quelle hypothèse un technicien commence.

169,9jours de gel par an à Barcelonnette, à 1 155 m (Météo-France, 1991-2020)
30,4 %de résidences secondaires, 51,7 % à Barcelonnette (INSEE, RP 2023)
20,2 %des résidences principales achevées avant 1946 (INSEE, RP 2023)
694cavités souterraines recensées, sur 116 communes (BRGM)
Point de départ

Que voyez-vous chez vous ?

Chaque signe ouvre une piste. Aucun ne suffit à conclure — mais il indique par où commencer, et ce qu’il faudra mesurer pour trancher.

Ces cartes aident à observer, elles ne diagnostiquent pas. Dans ce département, deux mécanismes se combinent souvent : un mur reste humide pour une raison quelconque, puis le gel s’en charge. Traiter la dégradation visible sans avoir supprimé l’humidité revient à refaire le même enduit tous les trois ou quatre hivers.
Le parc de logements

Un logement sur cinq est antérieur à 1946, et la pierre apparente est une mode récente

13,6 % des résidences principales du département datent d’avant 1919, et 20,2 % d’avant 1946. Mais le point le plus important n’est pas l’âge : c’est ce qu’on a fait de ces murs depuis.

Résidences principales des Alpes-de-Haute-Provence par période d’achèvement — INSEE, recensement 2023 (base : 80 750 logements achevés avant 2021)
Période d’achèvement Résidences principales Part du parc
Avant 1919 11 009 13,6 %
1919 – 1945 5 318 6,6 %
1946 – 1970 16 403 20,3 %
1971 – 1990 23 032 28,5 %
1991 – 2005 13 132 16,3 %
2006 – 2020 11 857 14,7 %

Trois familles de bâti, trois façons de prendre l’eau

  • Avant 1946 — 16 327 logements, 20,2 % : l’habitat traditionnel, que l’Atlas des paysages du département décrit ainsi : « sur l’ensemble du département les maisons sont construites avec des pierres trouvées à proximité, galets roulés ou pierres brutes à peine dégrossies », si bien que « l’architecture est le reflet de la géologie du lieu ». En haute montagne, « la présence de la neige impose des toitures à pente plus importante, environ 40 % », couvertes de « tuile écaille, ardoise, bardeau de bois et lauze », et « les ouvertures sont peu nombreuses pour conserver un bon isolement thermique ».
  • 1946 – 1990 — 39 435 logements, 48,8 % : près de la moitié du parc, dont la vague des stations et des lotissements des années 1971-1990. Sous-sols, garages semi-enterrés, isolation partielle, ponts thermiques : le couple humidité-froid s’y exprime pleinement, avec des parois froides sur lesquelles la vapeur se dépose.
  • Après 1991 — 24 989 logements, 31,0 % : enveloppe étanche, menuiseries performantes, ventilation mécanique indispensable. Dans un département où trois logements sur dix sont des résidences secondaires, une ventilation coupée pendant l’absence suffit à créer un désordre que rien d’extérieur n’explique.
Une phrase de l’Atlas des paysages mérite d’être encadrée : « la presque totalité des constructions étaient couvertes d’enduit et le mur en pierres apparentes est une mode actuelle ». Décroûter une façade ancienne pour faire apparaître la pierre, ce n’est donc pas revenir à l’état d’origine : c’est retirer la couche que le mur était conçu pour porter. En altitude, avec 170 jours de gel, un mur nu et saturé se dégrade beaucoup plus vite qu’un mur enduit à la chaux.
Géologie et hydrogéologie

Des marnes qui ne laissent rien passer, et un gypse qui se dissout

Le département est dominé par une formation qui porte bien son nom : les Terres Noires. Ce sont des marnes, c’est-à-dire de l’argile calcaire — et elles se comportent avec l’eau à l’exact opposé d’un calcaire fissuré.

Le BRGM les décrit comme « une masse puissante de l’ordre de 600 à 700 m », dont l’épaisseur « atteint le millier de mètres » plus au nord de Digne. Ce sont « des marnes feuilletées gris sombre à patine roussâtre, avec des intercalations de bancs ou de nodules calcaires sombres », parfois pyriteux. Le Géoparc mondial UNESCO de Haute-Provence, qui en a fait un de ses paysages emblématiques, résume leur comportement : ce sont des « roches imperméables et soumises à une forte érosion », dont l’érosion « porte le nom de robines » — ces ravines nues que les Anglais appellent des badlands.

Pour un bâtiment, cela change tout. Sur un terrain de marnes, l’eau de pluie ne s’infiltre pas : elle ruisselle, se concentre dans les ravines et arrive au pied des constructions. Une maison bâtie en pied de versant reçoit donc l’eau de tout ce qui la domine, et son mur amont — souvent enterré, rarement drainé — devient le point bas où l’eau s’accumule. Le BRGM note d’ailleurs que la combe des Terres noires est « encombrée de masses solifluées au Quaternaire » : le versant lui-même bouge.

Le cas le plus documenté du département est le glissement de La Valette, à Saint-Pons près de Barcelonnette. Le document d’information communal sur les risques majeurs de Barcelonnette le décrit comme un glissement « de 6 millions de m³ de matériaux en suspens », doté d’un piège à matériaux, d’un système de surveillance relié au centre opérationnel de Digne et d’une sirène d’alerte. L’observatoire scientifique qui l’instrumente précise qu’il s’est déclenché en mars 1982, qu’il mobilise 3,5 millions de mètres cubes sur deux kilomètres de long, et que son substratum est précisément la formation des marnes noires.

Le Trias, lui, apporte un autre problème. Le BRGM décrit des gypses « blancs, rouges ou noirs », formant « de larges masses diapiriques » aux points de rencontre des grands décrochements, et des cargneules — « roches vacuolaires et bréchiques » dont les éléments dolomitiques ont été « plus ou moins dissous par les eaux séléniteuses issues des gypses avoisinants ». Un gypse est soluble dans l’eau : là où il affleure, le sous-sol se creuse tout seul, et les eaux qui le traversent se chargent en sulfates — mauvaise nouvelle pour les mortiers.

Dans les vallées, enfin, tout change encore. Le BRGM relève que « l’épaisseur des alluvions de la Durance est toujours supérieure à 20 mètres » : c’est un aquifère important, et les bourgs installés dessus ont une nappe sous les pieds. Les molasses miocènes du plateau de Valensole et du Forcalquiérais complètent le tableau, avec leurs « conglomérats ravinant à la base (chenaux) – grès éventuellement – marnes ».

Le sous-sol est aussi creusé : l’inventaire départemental du BRGM recense 694 cavités souterraines réparties sur 116 communes, dont 576 cavités naturelles, soit 83 % du total, complétées par 80 ouvrages de génie civil, 34 ouvrages militaires et 4 carrières abandonnées. Une cave creusée dans la marne ou dans le calcaire n’est jamais ventilée : elle reste fraîche, humide toute l’année, et la condensation s’y ajoute à l’eau du terrain.
Coupe schématique des Alpes-de-Haute-Provence : versant de Terres Noires, robines, village de pied de versant et vallée de la Durance Coupe du sommet vers la vallée. À gauche, un versant de Terres Noires, marnes imperméables ravinées en robines : l’eau de pluie y ruisselle au lieu de s’infiltrer et descend jusqu’au pied du versant. Une lentille de gypse du Trias, roche soluble, s’intercale dans la masse marneuse. En pied de versant, un village de montagne aux murs de pierre enduits, exposé au gel une grande partie de l’année. À droite, la vallée de la Durance, dont les alluvions dépassent vingt mètres d’épaisseur et abritent une nappe proche de la surface. Sur la marne, l’eau ne s’infiltre pas : elle descend Crêtes et versants Robines : ravinement des marnes Terres Noires : marnes imperméables Gypse du Trias, roche soluble Village de pied de versant Gel-dégel : 170 jours par an à 1 155 m Vallée de la Durance Alluvions de plus de 20 m et nappe Substratum profond
  • Remontée capillaire
  • Nappe alluviale de la Durance
  • Ruissellement de versant sur marnes
  • Condensation et gel-dégel

Coupe schématique, sans échelle. Elle montre pourquoi, dans les Alpes-de-Haute-Provence, la question n’est presque jamais « l’eau s’infiltre-t-elle ? » mais « d’où descend-elle, et où s’arrête-t-elle ? ».

Profils de territoire

Quatre Alpes-de-Haute-Provence, quatre points de départ

198 communes réparties sur quatre arrondissements — Barcelonnette, Castellane, Digne-les-Bains et Forcalquier. Entre la vallée de la Durance à 400 mètres et les vallées de l’Ubaye à plus de 1 100 mètres, le climat, le sol et le mode d’occupation ne se ressemblent pas — et l’ordre des hypothèses change avec eux.

La vallée de la Durance et le pays manosquinManosque, Sisteron, Château-Arnoux-Saint-Auban, Volonne, L’Escale, Peyruis, Les Mées, Malijai, Oraison, Villeneuve, Sainte-Tulle, Pierrevert, Corbières-en-Provence. L’axe le plus urbain, le plus bas et le plus habité à l’année. Le sous-sol y est fait d’alluvions de plus de vingt mètres d’épaisseur, avec une nappe qui accompagne la rivière : c’est le seul secteur du département où un sous-sol ou un garage enterré peut être en contact direct avec de l’eau libre. Saint-Auban relève 714,2 mm de pluie et 52,5 jours de gel par an.
Digne, la Bléone et le pays des Terres NoiresDigne-les-Bains, Champtercier, Marcoux, Le Brusquet, La Javie, Thoard, Aiglun, Mallemoisson, Mézel, Barrême, Prads-Haute-Bléone. Le domaine des marnes noires jurassiques : des versants imperméables, ravinés en robines, sur lesquels l’eau de pluie ne s’infiltre pas mais descend. Une construction adossée à ce type de versant reçoit tout ce qui ruisselle au-dessus d’elle, et la paroi amont est enterrée sans drainage dans la grande majorité des cas.
Forcalquier, la montagne de Lure et le plateau de ValensoleForcalquier, Mane, Lurs, Cruis, Saint-Étienne-les-Orgues, Banon, Simiane-la-Rotonde, Reillanne, Céreste, Valensole, Puimoisson, Riez, Moustiers-Sainte-Marie, Gréoux-les-Bains. Le pays du bâti ancien en pierre et de la restauration : villages perchés, maisons de village mitoyennes sur trois niveaux, caves voûtées sur la roche. C’est aussi la zone où les décroûtages de façade et les enduits au ciment posés depuis les années 1970 produisent le plus de désordres visibles.
L’Ubaye, le haut Verdon et la haute montagneBarcelonnette, Jausiers, Saint-Paul-sur-Ubaye, Uvernet-Fours, Le Lauzet-Ubaye, Seyne, Le Vernet, Allos, Colmars, Beauvezer, Thorame-Haute, Annot, Castellane, Saint-André-les-Alpes, La Palud-sur-Verdon, Entrevaux. Ici, tout se joue sur la température et l’occupation : 169,9 jours de gel par an à Barcelonnette, 28,7 jours à moins de −10 °C, et 51,7 % des logements en résidence secondaire. Un logement fermé et non chauffé pendant l’hiver le plus froid du département n’a aucune chance de sécher.
Ne pas confondre

Symptôme, cause probable, vérification

Ces tableaux ne remplacent pas un diagnostic. Ils montrent ce qu’un technicien cherche à confirmer ou à écarter en arrivant chez vous, et dans quel ordre.

Lecture des signes visibles et contrôles associés
Ce que vous observez Causes les plus probables Ce que l’on vérifie
Moisissures découvertes à la réouverture d’un chalet ou d’une maison de village Condensation dans un volume non chauffé et non ventilé pendant l’hiver Régime d’occupation réel, chauffage hors gel maintenu ou non, débits de ventilation, températures de paroi et point de rosée
Paroi amont d’une maison de versant humide en permanence Ruissellement retenu contre un mur enterré, sur marnes imperméables Position dans le versant, interception en amont, drainage périphérique, ventilation du volume enterré
Frange humide en pied de mur, limite ondulée, joints qui se creusent Remontée capillaire dans une maçonnerie de moellons hourdée à la chaux ou à la terre Gradient d’humidité sur la hauteur du mur, présence de sels, nature réelle du mortier
Enduit qui cloque, se détache par plaques, éclats de pierre après l’hiver Ravalement au ciment sur un mur ancien, aggravé par les cycles de gel-dégel Composition de l’enduit d’origine, hauteur du décollement, humidité retenue derrière, exposition
Dépôt blanc qui revient après chaque brossage Salpêtre : l’eau vient du sol et transporte des sels solubles Nature du dépôt, récurrence saisonnière, humidité du support en profondeur
Sous-sol ou garage enterré humide dans la plaine de la Durance Contact avec la nappe d’accompagnement de la rivière dans les alluvions Profondeur de l’ouvrage, variations saisonnières du niveau, cuvelage existant, ventilation
Dépression fermée ou affaissement qui se creuse dans le terrain Dissolution du gypse du Trias ou cavité naturelle : 576 des 694 cavités recensées sont naturelles Écoulements de surface, fuites de réseau, historique de la parcelle — et signalement en mairie
Fissures et désordres qui évoluent lentement sur un versant marneux Mouvement de terrain lié à la saturation des marnes, indépendant de l’humidité du mur Orientation et évolution des fissures, drainage du versant, suivi — et recours à un géotechnicien
Comparatif des cinq mécanismes rencontrés dans le département
Mécanisme Où cela apparaît Origine de l’eau Contrôle déterminant
Condensation d’inoccupation Résidences secondaires de montagne — 30,4 % du parc, 51,7 % à Barcelonnette Vapeur de l’air ambiant déposée sur des parois restées froides tout l’hiver Occupation réelle, chauffage maintenu, renouvellement d’air, point de rosée
Ruissellement de versant Murs amont des constructions de la Bléone, de l’Ubaye et du haut Verdon Pluie et fonte ruisselant sur des marnes imperméables jusqu’à la paroi enterrée Pente et exposition, interception en amont, drainage, saisonnalité lente
Remontée capillaire Bas de murs du bâti ancien — 20,2 % du parc est antérieur à 1946 Eau du sol aspirée par le mortier de chaux ou de terre et par les joints Profil d’humidité décroissant vers le haut, sels en surface, permanence sur l’année
Gel-dégel Façades exposées en altitude — 169,9 jours de gel par an à 1 155 m Eau déjà présente dans le mur, qui gonfle en gelant et fait éclater le parement Teneur en eau du support avant l’hiver, nature du revêtement, orientation
Nappe alluviale Niveaux enterrés de la vallée de la Durance et de ses basses terrasses Nappe d’accompagnement de la rivière, dans des alluvions de plus de 20 m Cote du plancher bas, variations de niveau sur l’année, étanchéité de l’ouvrage
Un désordre qui ne se voit qu’au printemps, à la réouverture ?

C’est le cas le plus fréquent du département, et le plus mal interprété : ce que l’on découvre en avril s’est presque toujours formé entre novembre et mars, dans un logement froid et fermé. Trouver l’origine demande de reconstituer l’hiver, pas seulement de regarder le mur.

Maison, maison de village, logement fermé l’hiver

Un département de maisons, dont un tiers ne vit qu’une partie de l’année

60,4 % des logements des Alpes-de-Haute-Provence sont des maisons, et 59,7 % des ménages sont propriétaires de leur résidence principale. Mais 30,4 % du parc est en résidence secondaire : la méthode de diagnostic ne change pas, ce qui change c’est le régime thermique dans lequel le bâtiment passe l’hiver.

En maison individuelle et en maison de versant

  • La position dans la pente d’abord : sur les Terres Noires, l’eau ne s’infiltre pas, elle descend. Une maison adossée au versant reçoit tout ce qui ruisselle au-dessus d’elle, et le mur amont est enterré sans drainage neuf fois sur dix.
  • L’interception en amont — fossé, caniveau, drain, restanque entretenue. C’est le levier le plus efficace et le moins coûteux sur un terrain en pente, et il est presque toujours absent ou colmaté.
  • Le niveau du sol extérieur par rapport au plancher bas, souvent relevé par une terrasse, un accès refait ou un remblai rapporté contre la façade.
  • La nature réelle du revêtement : enduit à la chaux d’origine, ravalement au ciment, peinture filmogène. En altitude, un revêtement qui retient l’eau ne fait pas que bloquer le séchage — il livre le mur au gel.
  • Dans la plaine de la Durance, la cote des niveaux enterrés par rapport aux variations de la nappe alluviale, qui ne se lit pas en une seule visite.
  • Partout où le Trias affleure, tout indice d’affaissement : dépression fermée, fissuration en escalier accompagnée d’un mouvement, désordre localisé sur une seule partie du bâtiment.

En maison de village et en logement fermé une partie de l’année

  • Une maison de village est mitoyenne sur deux ou trois côtés, souvent sur trois niveaux, avec une cave voûtée en contact avec le rocher et une seule façade réellement exposée. L’eau y a peu de chemins possibles, ce qui simplifie le diagnostic — à condition d’aller voir la cave.
  • Un logement fermé de novembre à avril n’a pas la même physique qu’un logement occupé : les parois restent froides, l’air chargé pendant les périodes d’occupation se dépose dessus, et rien ne sèche. Le chauffage hors gel et une ventilation minimale maintenus valent souvent mieux qu’un traitement.
  • Dans un immeuble ou une copropriété — Manosque, Digne-les-Bains, Sisteron —, ventilation intérieure et menuiseries privatives relèvent du lot ; façades, toiture, descentes d’eaux pluviales, caves et colonnes de ventilation relèvent des parties communes. Une infiltration de façade se traite donc au niveau de la copropriété, avec un rapport écrit et daté à présenter au syndic.
Nous ne tranchons pas la question juridique de la répartition des charges, et nous ne sondons pas un vide souterrain ni un versant en mouvement — cela relève d’un géotechnicien. Nous établissons d’où vient l’eau, avec des mesures, des photos datées et une conclusion écrite : le document qui permet ensuite à chacun, occupant, bailleur ou syndic, de savoir de quoi il est responsable.
Notre méthode

Comment nous procédons

Sept étapes, toujours dans cet ordre. Le chiffrage arrive en dernier, une fois la cause établie.

  1. Premier échangeVous décrivez ce que vous voyez, depuis quand, dans quelles pièces et à quelle saison. Ici, trois questions orientent tout : le logement est-il chauffé tout l’hiver, est-il adossé à un versant ou en fond de vallée, et le désordre se découvre-t-il à la réouverture ?
  2. Inspection sur placeLe logement, mais aussi ce qui l’entoure : façades et pignons, pied de mur, cave voûtée, parties enterrées, terrain et sa pente, gouttières, descentes, regards, fossés et exutoires.
  3. MesuresRelevés d’humidité sur plusieurs points et plusieurs hauteurs, conditions d’ambiance, températures de paroi et débits de ventilation. C’est ce qui départage une eau venue de l’extérieur d’une vapeur produite ou piégée à l’intérieur.
  4. Recherche de la causeLes hypothèses sont écartées une à une : condensation d’inoccupation, ruissellement de versant sur marnes, remontée capillaire, dégradation par gel-dégel, contact avec la nappe alluviale de la Durance.
  5. Diagnostic remisCe qui a été mesuré, ce qui est retenu comme cause, ce qui reste à surveiller, et si l’origine se trouve dans le logement, dans les parties communes ou à l’extérieur. Sans cette étape, aucun devis n’a de sens.
  6. PréconisationsLes solutions envisageables sont présentées avec leurs limites — y compris quand la bonne décision consiste à intercepter l’eau en amont, à maintenir un chauffage hors gel pendant l’hiver ou simplement à laisser sécher une saison de plus.
  7. Traitement, si nécessaireMise en œuvre après votre validation, puis remise en état une fois le support redevenu sec et mesuré comme tel.
Nos prestations

Les solutions, selon la cause identifiée

Chaque prestation correspond à une page détaillée du site. Le choix vient après le diagnostic, jamais avant.

Condensation et buéeLe motif d’appel le plus fréquent du département : comprendre pourquoi rien ne sèche dans un logement resté froid et fermé de novembre à avril.
Infiltrations latéralesCas des murs qui reçoivent l’eau par le côté, contre un versant de marnes ou une restanque — la configuration type de la Bléone et de l’Ubaye.
Traitement des remontées capillairesRétablir une barrière contre l’eau du sol dans une maçonnerie de moellons montée au mortier de chaux ou à la terre.
Humidité des caves et sous-solsTraiter un niveau enterré en contact avec l’eau du sol : cave voûtée de maison de village, garage semi-enterré, sous-sol dans les alluvions de la Durance.
Traitement de l’humidité des façadesAgir sur l’enveloppe extérieure, joints compris, en respectant ce que l’enduit à la chaux était censé faire : laisser le mur sécher avant l’hiver.
Infiltration des eaux dans les mursReprendre le point d’entrée quand la trace suit les épisodes de pluie et se limite à une face ou à un niveau.
Ventilation mécanique par insufflationRenouveler l’air en continu quand la ventilation existante ne suffit plus, y compris pendant les périodes d’absence.
Champignons et moisissuresAssainir les supports atteints une fois la cause traitée — dans cet ordre, sans quoi la reprise est certaine.
Déshumidification professionnelleAccélérer le séchage d’un volume rouvert après l’hiver ou pendant la phase de ressuyage d’une maçonnerie.
Ce que nous ne faisons pasChiffrer un traitement sans être venus mesurer. Enduire, doubler ou repeindre un mur encore humide, surtout à l’approche de l’hiver. Refermer une maçonnerie de chaux avec un revêtement imperméable. Sonder ou expertiser une cavité, une dissolution de gypse ou un versant en mouvement : cela relève d’un géotechnicien, et tout affaissement doit d’abord être signalé en mairie.
Couverture départementale

Où nous intervenons dans les Alpes-de-Haute-Provence

Les 198 communes du département sont couvertes par notre agence Côte d’Azur, basée à Mandelieu-la-Napoule, de Manosque à Barcelonnette. Les Alpes-de-Haute-Provence ne disposent pas encore de pages commune par commune comme l’Île-de-France : les villes ci-dessous situent nos secteurs d’intervention, et le formulaire reste le plus simple pour nous décrire votre situation.

198 communes, 4 arrondissements · tout le département est couvertvoir toutes nos zones d’intervention

Manosque et la basse Durance

Manosque, Sainte-Tulle, Pierrevert, Villeneuve, Volx, Gréoux-les-Bains, Corbières-en-Provence, Oraison, Les Mées, Valensole, Saint-Martin-de-Brômes, Esparron-de-Verdon, Vinon-sur-Verdon.

Sisteron, la moyenne Durance et la Bléone

Sisteron, Château-Arnoux-Saint-Auban, Volonne, L’Escale, Peyruis, Malijai, Les Omergues, Aubignosc, Salignac, Entrepierres, Digne-les-Bains, Mallemoisson, Aiglun, Mézel, Champtercier, Marcoux, Le Brusquet, La Javie, Thoard, Barrême.

Forcalquier, la montagne de Lure et le plateau de Valensole

Forcalquier, Mane, Lurs, Niozelles, Cruis, Saint-Étienne-les-Orgues, Ongles, Banon, Simiane-la-Rotonde, Reillanne, Céreste, Sainte-Croix-à-Lauze, Riez, Puimoisson, Roumoules, Moustiers-Sainte-Marie.

L’Ubaye, la Blanche et le haut Verdon

Barcelonnette, Jausiers, Uvernet-Fours, Saint-Paul-sur-Ubaye, Le Lauzet-Ubaye, Les Thuiles, Seyne, Le Vernet, Selonnet, Montclar, Allos, Colmars, Beauvezer, Thorame-Haute, Saint-André-les-Alpes.

Castellane, le Verdon et les vallées de l’est

Castellane, La Palud-sur-Verdon, Rougon, Senez, Blieux, Saint-Julien-du-Verdon, Annot, Entrevaux, Saint-Benoît, Méailles, Ubraye, La Mure-Argens, Saint-Jurs, Majastres.

Votre commune est dans les Alpes-de-Haute-Provence ? Parlons de votre problème.

Décrivez-nous ce que vous constatez : nous convenons d’un passage pour mesurer et chercher la cause sur place.

Ce sur quoi vous pouvez compter

Notre façon de travailler

Quatre engagements simples, qui expliquent pourquoi nous commençons toujours par une visite.

La cause avant le traitementNous n’appliquons pas un produit sur un symptôme. Les hypothèses sont écartées une à une jusqu’à isoler l’origine réelle de l’eau.
Le versant autant que le murPente du terrain, interception en amont, gouttières, descentes, fossés et exutoires sont examinés au même titre que la maçonnerie.
Des mesures, pas des impressionsHumidité du support, températures de paroi, hygrométrie et débits de ventilation : ce sont les chiffres qui départagent l’eau extérieure et la vapeur intérieure.
Un rapport écrit et datéMesures, photos et conclusion : un document utilisable face à un assureur, un artisan, un syndic ou un futur acquéreur.
Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande dans les Alpes-de-Haute-Provence

Je rouvre ma maison au printemps et tout sent le moisi. Pourquoi ?

C’est le motif d’appel numéro un du département, et il n’a presque jamais de rapport avec une infiltration. Le contexte l’explique : 30,4 % des logements du département sont des résidences secondaires, et la proportion monte à 51,7 % à Barcelonnette. Or Barcelonnette compte 169,9 jours de gel par an, dont 84,6 jours à moins de −5 °C et 28,7 jours à moins de −10 °C. Un logement fermé et non chauffé pendant cinq mois voit toutes ses parois descendre à la température extérieure : l’humidité de l’air se dépose sur les surfaces les plus froides, les angles, les murs nord, les pièces sans chauffage, et rien ne sèche jamais. La réponse tient en deux gestes : un chauffage hors gel maintenu et un renouvellement d’air minimal pendant l’absence.

Mon mur du fond est contre le versant et il suinte en permanence. Pourquoi ?

Parce que dans une grande partie du département, le sous-sol ne draine pas. Les Terres Noires — les marnes callovo-oxfordiennes — forment selon la notice géologique du BRGM « une masse puissante de l’ordre de 600 à 700 m » qui, au nord, « atteint le millier de mètres ». Ce sont des roches imperméables : l’eau de pluie et de fonte n’y disparaît pas dans le sol, elle ruisselle sur le versant et arrive contre le premier obstacle, qui est souvent votre mur amont, enterré sur toute sa hauteur et sans drainage. Cuveler la face intérieure sans avoir intercepté cette arrivée revient à mettre l’eau sous pression derrière l’enduit. L’action efficace se joue en amont : fossé, drain, restanque entretenue, et une évacuation qui conduit l’eau ailleurs qu’au pied du bâtiment.

Mon enduit éclate et la pierre se délite depuis quelques hivers. Est-ce l’humidité ?

C’est l’humidité, mais c’est le gel qui fait le travail. L’eau contenue dans un mur augmente de volume en gelant : chaque cycle gel-dégel écarte un peu les grains du parement et décolle un peu plus l’enduit. À 169,9 jours de gel par an à Barcelonnette et 138,5 à Castellane, ce cycle se répète plusieurs centaines de fois par saison sur une façade exposée. Un mur sec le supporte ; un mur qui reste chargé parce qu’un ravalement au ciment ou une peinture filmogène l’empêche de sécher, non. C’est pourquoi, en altitude, la question n’est pas seulement d’où vient l’eau, mais si le mur a le temps de se vider avant l’hiver.

Faut-il décroûter ma façade pour retrouver la pierre apparente ?

C’est exactement l’inverse de ce que faisait le bâti d’origine. L’Atlas des paysages des Alpes-de-Haute-Provence est catégorique : « la presque totalité des constructions étaient couvertes d’enduit et le mur en pierres apparentes est une mode actuelle ». Décroûter n’est donc pas un retour à l’état d’origine, c’est retirer la couche que le mur était conçu pour porter — celle qui recevait la pluie et laissait passer la vapeur. Sur une maçonnerie de moellons hourdée à la chaux ou à la terre, un mur nu prend l’eau, et en altitude il la garde jusqu’au premier gel.

Puis-je faire enduire ou rejointoyer ma maison en pierre au ciment ?

Le Parc naturel régional du Verdon répond sans détour : « l’utilisation du ciment est néfaste dans l’entretien du bâti ancien. Sa grande dureté et son manque de porosité empêchent l’évaporation de l’humidité naturelle contenue dans les murs, provoquant ainsi des remontées capillaires et un décollement des enduits. » Le ciment n’empêche pas le mur de pomper l’eau du sol : il l’empêche seulement de la rendre. L’eau contourne alors la zone imperméable et ressort plus haut, ou pousse l’enduit devant elle. La chaux, elle, protège de la pluie tout en laissant le mur respirer — et c’est ce que faisaient les enduits d’origine.

Une cuvette se creuse dans mon terrain. Que dois-je faire ?

Signalez-la en mairie sans attendre et tenez-vous à distance. Le département est particulièrement concerné : l’inventaire du BRGM y recense 694 cavités souterraines réparties sur 116 communes, dont 576 cavités naturelles, soit 83 % du total. Deux mécanismes se croisent, le karst calcaire et la dissolution des gypses du Trias — ces gypses « blancs, rouges ou noirs » que la notice géologique décrit en « larges masses diapiriques », et dont les eaux séléniteuses attaquent les cargneules voisines. Ce n’est pas notre métier et nous ne sondons rien : l’expertise revient à un géotechnicien. En revanche, si une descente d’eau pluviale, une fuite de réseau ou un rejet alimente le phénomène, nous le verrons pendant le diagnostic et nous vous le dirons.

Mon sous-sol est humide à Manosque, Oraison ou Château-Arnoux. Est-ce normal ?

Dans la vallée de la Durance, c’est une hypothèse à examiner en premier. La notice géologique de la feuille de Forcalquier relève que « l’épaisseur des alluvions de la Durance est toujours supérieure à 20 mètres » : c’est un aquifère important, et les bourgs installés sur ces terrasses ont une nappe sous les pieds. Un niveau enterré creusé dans ces alluvions peut donc se trouver au contact d’une eau libre dont le niveau varie au fil de l’année. Le diagnostic consiste alors à situer la cote du plancher bas par rapport à ces variations, ce qui ne se lit pas en une seule visite : c’est le seul secteur du département où nous demandons parfois un second passage à une autre saison.

Comment distinguer une remontée capillaire d’une infiltration ?

Trois indices se lisent avant toute mesure. La remontée part du sol et sa limite supérieure ondule, jamais rectiligne ; elle laisse un dépôt blanc qui revient après nettoyage ; elle est présente été comme hiver. L’infiltration, elle, apparaît ou s’aggrave après un épisode précis, se localise près d’un appui, d’une jonction ou d’une descente d’eau, et se limite à une face du mur. La mesure tranche : dans un cas le taux d’humidité décroît régulièrement en montant, dans l’autre il est maximal au point d’entrée puis diminue autour. Avec 20,2 % du parc antérieur à 1946 — des maçonneries de moellons montées au mortier de chaux ou à la terre, sans arase étanche — la remontée capillaire reste une hypothèse sérieuse dans les villages, mais elle se vérifie, elle ne se suppose pas.

Aller plus loin

Sources des données citées

Prochaine étape

Faisons le point sur votre logement

Une maison rouverte au printemps, un mur amont qui suinte au pied d’un versant de marnes, un enduit qui éclate après l’hiver, un sous-sol humide dans la vallée de la Durance : décrivez-nous ce que vous voyez. Nous venons mesurer et chercher la cause — le devis ne vient qu’après.

Agence Côte d’Azur · Alpes-de-Haute-Provence, 198 communes couvertes · Lundi au samedi, 8h – 20h