8 697 cavités sous le Périgord, et des murs qu’il faut trois étés pour sécher
C’est le département le plus creusé que nous couvrions : près de neuf communes sur dix ont une cavité recensée sous leurs pieds, et l’eau y voyage vite dans le calcaire. Au-dessus, un bâti de pierre très ancien — 18,6 % des logements sont antérieurs à 1919 — avec des murs épais et des toitures de lauzes pesant jusqu’à 800 kg au mètre carré.
- 503 communes couvertes
- Mesures sur place
- Devis après diagnostic

L’essentiel, en quatre points
Ce qui change quand on diagnostique une humidité en Dordogne plutôt qu’ailleurs.
8 697 cavités souterraines recensées par le BRGM, sur 488 communes — dont 7 482 cavités naturelles, soit 87 % du total. Le département est fait pour deux tiers de calcaires très karstiques, générant ce que le BRGM appelle des « transferts souterrains rapides ». L’eau qui atteint votre mur a souvent voyagé.
Le CAUE de la Dordogne l’écrit noir sur blanc : « lorsqu’un mur présente des problèmes d’humidité, il faut en premier lieu traiter la cause et attendre que le mur s’assainisse avant d’isoler (1 à 3 étés de séchage) ». Avec 18,6 % du parc antérieur à 1919 et des maçonneries de cinquante centimètres portant des lauzes, ce délai n’est pas théorique.
29 formations argileuses recensées, dont des altérites contenant plus de 90 % de smectites. Plus de 7 % du territoire est en aléa fort de retrait-gonflement et plus de 26 % en aléa moyen. Entre 1989 et 1998, 354 communes sur les 557 que comptait alors le département ont été déclarées sinistrées — un taux de sinistralité supérieur à 63 %, qui plaçait la Dordogne au huitième rang national hors Île-de-France.
Nous ne vendons pas de traitement par téléphone. Relevés d’humidité, températures de paroi, examen du terrain, des descentes d’eau et des parties enterrées se font sur place — et c’est seulement ensuite qu’une préconisation chiffrée a un sens.
Ce que la Dordogne a de particulier
Ces chiffres ne décrivent pas votre logement. Ils décrivent le type de bâti dominant, son âge et le terrain sur lequel il repose — trois éléments qui déterminent par quelle hypothèse un technicien commence.
Que voyez-vous chez vous ?
Chaque signe ouvre une piste. Aucun ne suffit à conclure — mais il indique par où commencer, et ce qu’il faudra mesurer pour trancher.
Une cave qui se charge en un ou deux joursElle réagit très vite à un épisode pluvieux, parfois tombé ailleurs, puis met des semaines à redevenir normale.Circulation karstique
Un doublage posé sur un mur pas encore secQuelques années après des travaux : odeur, taches à l’interface, isolant tassé ou piqué quand on rouvre.Humidité enfermée par l’isolation
Une tache après chaque gros orageElle apparaît sur la façade exposée, près d’un appui de fenêtre ou au droit d’une descente d’eau pluviale.Infiltration de façade ou d’abords
Des moisissures dans une maison de vacancesAprès plusieurs mois de fermeture : angles noircis, odeur, buée dès la remise en chauffe.Condensation en logement peu occupé
Une cuvette ou un effondrement dans le terrainUne dépression fermée qui avale l’eau, ou un affaissement au-dessus d’un vide souterrain.Doline ou cavité — à signaler en mairie
Plus d’un logement sur quatre est antérieur à 1946
26,8 % du parc, et 18,6 % pour la seule période d’avant 1919. S’ajoutent 14,4 % de résidences secondaires et 9,7 % de logements vacants : beaucoup de bâtiments peu chauffés, peu ventilés, et qui se dégradent d’autant plus vite.
| Période d’achèvement | Résidences principales | Part du parc |
|---|---|---|
| Avant 1919 | 37 184 | 18,6 % |
| 1919 – 1945 | 16 470 | 8,2 % |
| 1946 – 1970 | 33 834 | 16,9 % |
| 1971 – 1990 | 52 490 | 26,2 % |
| 1991 – 2005 | 29 354 | 14,7 % |
| 2006 – 2020 | 30 798 | 15,4 % |
Trois familles de bâti, trois façons de prendre l’eau
- Avant 1946 — 53 654 logements, 26,8 % : le bâti périgourdin. Pierre calcaire locale, murs très épais, mortier et enduits à la chaux, tuile canal au sud, lauze calcaire dans le Sarladais. Une toiture de lauzes pèse 600 à 800 kg au mètre carré, avec des pentes de 45 à 55° et une maçonnerie d’appui d’au moins cinquante centimètres. Ces murs stockent l’humidité en hiver et la restituent en été — c’est leur fonctionnement normal, à condition qu’on ne les enferme pas.
- 1946 – 1990 — 86 324 logements, 43,1 % : la période pavillonnaire, avec un pic entre 1971 et 1990. Sous-sols partiels, garages semi-enterrés, vides sanitaires, isolation partielle, ponts thermiques en about de plancher. Les désordres s’y partagent entre humidité de partie basse et condensation.
- Après 1991 — 60 152 logements, 30,1 % : près d’un tiers du parc, dont 30 798 achevés à partir de 2006. Enveloppe étanche, ventilation mécanique indispensable. Dans un département où le taux de résidences secondaires atteint 14,4 %, une VMC coupée pendant six mois suffit à créer un désordre que rien d’extérieur n’explique.
Huit mille six cent quatre-vingt-dix-sept cavités sous le Périgord
Aucun autre département que nous couvrons n’en compte autant. Ce n’est pas une anecdote touristique : c’est ce qui explique comment l’eau circule ici, et pourquoi elle arrive parfois là où on ne l’attend pas.
L’inventaire départemental du BRGM recense 8 697 cavités souterraines en Dordogne, réparties sur 488 communes — près de neuf sur dix. La répartition est éloquente : 7 482 cavités naturelles, soit 87 % du total, 984 ouvrages civils et environ deux cents carrières souterraines. Dix communes dépassent cinq cavités au kilomètre carré, et soixante-six en comptent entre deux et cinq.
La raison tient à la roche. Le département est constitué pour environ deux tiers de calcaires, du Bathonien au Santonien — soit de −160 à −85 millions d’années. Les calcaires et dolomies du Jurassique moyen atteignent 200 à 700 mètres d’épaisseur ; ceux du Crétacé, quarante à cent mètres. Le BRGM décrit un ensemble « très karstique » générant des transferts souterrains rapides, et souligne la vulnérabilité qui en découle pour les nappes.
Le relief accentue le phénomène. La Dordogne descend de près de 500 mètres au nord-est à 50 mètres dans les basses vallées, avec un socle cristallin dans le Nontronnais, des causses jurassiques à dolines au centre, des calcaires crétacés en Ribéracois et Sarladais, et des dépôts silico-gréseux dans la Double et le Bergeracois. Les vallées de la Dordogne, de l’Isle, de la Vézère et de la Dronne y ont creusé des terrasses alluviales de 1 à 5 mètres d’épaisseur, où la nappe est sub-affleurante : c’est le contexte classique des remontées capillaires dans les bourgs de fond de vallée.
Reste l’argile. Le BRGM a identifié 29 formations argileuses et marneuses dans le département. Certaines sont redoutables : les altérites sur calcaires crétacés contiennent plus de 90 % de smectites, les argiles les plus gonflantes qui soient, et la formation de Biron affiche 40 à 50 % d’argiles gonflantes contre 30 % en moyenne. Plus de 7 % du territoire est en aléa fort de retrait-gonflement et plus de 26 % en aléa moyen ; l’aléa fort couvre la majorité du territoire de 55 communes, dans une bande allant de la Vézère à Ribérac. Entre 1989 et 1998, 354 communes sur les 557 que comptait alors le département ont été déclarées sinistrées — un taux de sinistralité supérieur à 63 % et plus de 700 arrêtés au Journal officiel, qui plaçaient la Dordogne au huitième rang national pour la sinistralité, hors région parisienne.
- Remontée capillaire
- Circulations karstiques et nappe alluviale
- Infiltrations et abords
- Dolines et cavités
Coupe schématique, sans échelle. Elle montre pourquoi, en Périgord, l’eau qui atteint un mur a souvent voyagé : elle est entrée par une doline du plateau et ressort au pied de la falaise, plusieurs kilomètres plus loin.
Quatre Périgord, quatre points de départ
503 communes réparties sur quatre arrondissements — c’est le troisième département de France par la superficie. Entre les grès du Nontronnais, les calcaires du Sarladais, les terrasses de la Dordogne et les coteaux du Bergeracois, le sol, l’âge du bâti et le chemin que prend l’eau changent complètement d’un secteur à l’autre.
Symptôme, cause probable, vérification
Ces tableaux ne remplacent pas un diagnostic. Ils montrent ce qu’un technicien cherche à confirmer ou à écarter en arrivant chez vous, et dans quel ordre.
| Ce que vous observez | Causes les plus probables | Ce que l’on vérifie |
|---|---|---|
| Frange humide en pied de mur, limite ondulée, joint qui se sable | Remontée capillaire dans une maçonnerie de pierre sans arase étanche | Gradient d’humidité sur la hauteur du mur, présence de sels, nature de la pierre et du mortier |
| Cave qui se charge en un ou deux jours après une pluie, parfois tombée ailleurs | Transfert karstique rapide dans le calcaire | Position par rapport aux pertes, dolines et vallées sèches, délai de réaction, durée du retour à la normale |
| Niveau bas humide toute l’année, sans lien avec la météo | Eau du sol retenue en permanence contre la paroi enterrée | Pente du terrain, drainage périphérique, ventilation du niveau bas, hauteur des traces |
| Odeur et taches derrière un doublage posé il y a quelques années | Isolation appliquée sur un mur qui n’avait pas fini de sécher | Humidité du support en profondeur, présence d’un pare-vapeur, état de l’isolant à l’interface |
| Enduit qui cloque, sonne creux ou se détache par plaques | Revêtement au ciment posé sur une maçonnerie de chaux | Composition de l’enduit d’origine, zones de rétention d’eau derrière le revêtement, hauteur du décollement |
| Moisissures dans un logement fermé plusieurs mois | Condensation faute de renouvellement d’air et de chauffage | Fonctionnement de la ventilation, températures de paroi, hygrométrie, historique d’occupation |
| Tache qui apparaît après les fortes pluies, sur une seule face | Infiltration de façade ou défaut d’évacuation des eaux pluviales | Enduit, joints, appuis de fenêtre, gouttières, descentes, regards et rejets |
| Dépression fermée dans un terrain, ou affaissement soudain | Doline, gouffre ou ancienne carrière souterraine | Écoulements de surface, fuites de réseau, historique de la parcelle — et signalement en mairie |
| Mécanisme | Où cela apparaît | Origine de l’eau | Contrôle déterminant |
|---|---|---|---|
| Remontée capillaire | Bas de murs du bâti ancien — plus d’un logement sur quatre | Eau du sol aspirée par la porosité de la pierre et du mortier de chaux | Profil d’humidité décroissant vers le haut, sels en surface, permanence sur l’année |
| Transfert karstique | Caves, celliers et niveaux bas des secteurs calcaires | Eau infiltrée parfois à plusieurs kilomètres, circulant dans les conduits du calcaire | Rapidité de la réaction à la pluie, lenteur du retour à la normale, absence de corrélation locale |
| Humidité de partie enterrée | Caves, sous-sols, garages semi-enterrés, vides sanitaires | Eau du sol retenue contre la paroi faute de drainage | Pente des abords, position dans le versant, saisonnalité lente |
| Infiltration | Façade exposée, appuis, jonctions, pied de mur et abords | Pluie battante ou eau pluviale mal évacuée | Corrélation directe avec les épisodes pluvieux, état des évacuations |
| Condensation | Angles, pourtours de fenêtres, parois froides, logements peu occupés | Vapeur produite à l’intérieur, qui se dépose faute de sortie | Écart entre température de paroi et point de rosée, débits d’air, occupation réelle |
En Périgord, c’est souvent une question de délai autant que de traitement : un mur épais ne sèche pas en une saison. Encore faut-il savoir ce qui l’alimente. Cela se mesure sur place.
Sur une maison, la cause est souvent dehors
Quand 83,9 % des logements sont des maisons et que 69,3 % des ménages en sont propriétaires, l’enquête ne s’arrête pas au mur qui porte la tache. Elle commence par le terrain qui l’entoure — et en Dordogne, ce terrain communique très souvent avec un sous-sol creusé.
Ce que nous regardons à l’extérieur
- Les gouttières, descentes d’eau pluviale et regards : sur une toiture de lauzes ou de tuile canal, les volumes collectés sont importants, et une descente qui se déverse au pied du mur sature une pierre calcaire en quelques épisodes.
- Le niveau du sol extérieur par rapport au plancher bas : une cour, une terrasse ou un enrobé refaits plus haut que l’ancien seuil transforment un mur de façade en mur contre terre.
- La pente du terrain et la position dans le versant : dans les vallées de l’Isle, de la Dordogne et de la Vézère, les maisons de pied de coteau reçoivent l’eau qui descend du plateau calcaire.
- Les puits perdus, rejets d’assainissement et trop-pleins : dans un secteur karstique, ils envoient l’eau directement dans le réseau souterrain — parfois vers votre propre niveau bas, parfois vers celui du voisin.
- Les soupiraux, aérations de vide sanitaire et grilles de cave, souvent obturés lors d’une rénovation alors qu’ils assuraient le séchage du niveau bas.
- L’état des joints et de l’enduit : sur un mur de cinquante centimètres, un joint creusé laisse entrer la pluie battante bien plus que la pierre elle-même ne l’absorbe.
Ce que nous regardons à l’intérieur
- Le niveau enterré en premier : cave, cellier, souterrain, garage, buanderie — hauteur des traces, sels, condensation sur les canalisations, odeur.
- La nature réelle du mur derrière le revêtement, et si un enduit ciment, une peinture filmogène ou un doublage a été posé sur une maçonnerie qui devait respirer.
- L’état du doublage quand il y en a un : c’est la première chose que nous sondons dans une maison rénovée depuis moins de quinze ans.
- La ventilation du logement, y compris dans une maison ancienne où elle repose souvent sur des entrées d’air devenues invisibles — et dans une résidence secondaire, le régime réel d’occupation et de chauffage.
Comment nous procédons
Sept étapes, toujours dans cet ordre. Le chiffrage arrive en dernier, une fois la cause établie.
- Premier échangeVous décrivez ce que vous voyez, depuis quand, dans quelles pièces et à quelle saison. Nous notons la commune, l’année de construction, la nature du mur, la présence d’une cave et le mode d’occupation du logement.
- Inspection sur placeLe logement, mais aussi ce qui l’entoure : façades et pignons, pied de mur, cave ou souterrain, terrain et sa pente, gouttières, descentes et regards, soupiraux, rejets d’eau.
- MesuresRelevés d’humidité sur plusieurs points et plusieurs hauteurs, conditions d’ambiance, températures de paroi et débits de ventilation. C’est ce qui départage une eau venue du sol d’une vapeur produite à l’intérieur.
- Recherche de la causeLes hypothèses sont écartées une à une : remontée capillaire, transfert karstique, eau retenue contre une paroi enterrée, infiltration, condensation, humidité enfermée par un doublage.
- Diagnostic remisCe qui a été mesuré, ce qui est retenu comme cause, ce qui reste à surveiller, et si l’origine se trouve dans le logement ou en dehors. Sans cette étape, aucun devis n’a de sens.
- PréconisationsLes solutions envisageables sont présentées avec leurs limites — y compris quand la bonne décision consiste à reprendre une descente d’eau pluviale, ou simplement à laisser le mur sécher une saison de plus avant d’isoler.
- Traitement, si nécessaireMise en œuvre après votre validation, puis remise en état une fois le support redevenu sec et mesuré comme tel.
Les solutions, selon la cause identifiée
Chaque prestation correspond à une page détaillée du site. Le choix vient après le diagnostic, jamais avant.
Où nous intervenons en Dordogne
Les 503 communes du département sont couvertes par notre agence Bordeaux, de Terrasson-Lavilledieu à Eymet. La Dordogne ne dispose pas encore de pages commune par commune comme l’Île-de-France : les villes ci-dessous situent nos secteurs d’intervention, et le formulaire reste le plus simple pour nous décrire votre situation.
503 communes, 4 arrondissements · tout le département est couvert — voir toutes nos zones d’intervention
Périgueux, Boulazac Isle Manoire, Coulounieix-Chamiers, Chancelade, Trélissac, Marsac-sur-l’Isle, Notre-Dame-de-Sanilhac, Champcevinel, Antonne-et-Trigonant, Razac-sur-l’Isle, Saint-Astier, Neuvic, Mussidan, Saint-Léon-sur-l’Isle, Annesse-et-Beaulieu, Sanilhac, Bassillac et Auberoche.
Bergerac, Creysse, Prigonrieux, Lembras, Saint-Laurent-des-Vignes, Gardonne, La Force, Lalinde, Beaumontois en Périgord, Eymet, Issigeac, Sigoulès-et-Flaubelèches, Le Fleix, Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt, Vélines, Saint-Pierre-d’Eyraud, Mouleydier, Couze-et-Saint-Front.
Sarlat-la-Canéda, Terrasson-Lavilledieu, Montignac-Lascaux, Le Bugue, Saint-Cyprien, Belvès, Domme, Beynac-et-Cazenac, Carsac-Aillac, Salignac-Eyvigues, Les Eyzies, Saint-Julien-de-Lampon, Castelnaud-la-Chapelle, Vitrac, La Roque-Gageac, Cénac-et-Saint-Julien, Le Buisson-de-Cadouin, Villefranche-du-Périgord.
Nontron, Thiviers, Brantôme en Périgord, Saint-Pardoux-la-Rivière, Excideuil, Hautefort, Champagnac-de-Belair, Mareuil en Périgord, Jumilhac-le-Grand, Saint-Jean-de-Côle, Lanouaille, Payzac, Sarlande, Milhac-de-Nontron, Piégut-Pluviers.
Ribérac, Verteillac, Montagrier, Tocane-Saint-Apre, Saint-Aulaye-Puymangou, La Roche-Chalais, Montpon-Ménestérol, Saint-Méard-de-Gurçon, Villamblard, Saint-Privat-en-Périgord, Saint-Vincent-de-Connezac.
Décrivez-nous ce que vous constatez : nous convenons d’un passage pour mesurer et chercher la cause sur place.
Notre façon de travailler
Quatre engagements simples, qui expliquent pourquoi nous commençons toujours par une visite.
Ce qu’on nous demande en Dordogne
J’ai fait isoler mes murs il y a quelques années et ça sent le moisi derrière le doublage. Pourquoi ?
Parce que le mur n’avait probablement pas fini de sécher au moment des travaux. Le CAUE de la Dordogne pose la règle sans détour : « lorsqu’un mur présente des problèmes d’humidité, il faut en premier lieu traiter la cause et attendre que le mur s’assainisse avant d’isoler (1 à 3 étés de séchage) ». Une maçonnerie périgourdine de cinquante centimètres contient un volume d’eau considérable, et elle ne l’évacue que par sa surface. Si on referme cette surface avec un isolant et un pare-vapeur, l’eau reste à l’intérieur, se condense à l’interface et attaque l’isolant comme le support. Nous ouvrons un point de sondage et nous mesurons avant de conclure — la reprise consiste souvent à déposer, laisser sécher, mesurer, puis reposer autrement.
Ma cave s’est chargée alors qu’il n’a pas plu chez moi. Est-ce possible ?
En Périgord, c’est même fréquent. Le BRGM a recensé 8 697 cavités souterraines réparties sur 488 des 503 communes du département, dont 7 482 cavités naturelles — dolines, gouffres, pertes, réseaux. Dans un calcaire karstifié, l’eau ne s’infiltre pas lentement à travers le sol : elle est avalée en un point et circule dans des conduits, ce que le BRGM décrit comme des transferts souterrains rapides. Elle peut donc atteindre votre niveau bas en un ou deux jours depuis un secteur situé à plusieurs kilomètres. Le signe qui ne trompe pas, c’est le décalage entre une réaction très rapide et un retour à la normale très lent.
Puis-je faire enduire ma maison en pierre au ciment ?
C’est le geste qui aggrave le plus souvent la situation dans le bâti ancien du département. Le CAUE de la Dordogne l’explique : « des matériaux peu perméables voire hydrofuges (ex : ciment), ne peuvent pas absorber et stocker l’humidité ambiante », contrairement aux matériaux à bonne capacité hygroscopique, qui restituent ensuite l’humidité absorbée. Un mur périgourdin fonctionne exactement ainsi : il stocke l’eau en hiver et la relâche en été. Le fermer au ciment ne l’empêche pas de pomper l’eau du sol — cela l’empêche seulement de la rendre. La trace ne disparaît pas : elle monte d’un mètre, et l’enduit finit par se décoller par plaques.
Une cuvette s’est formée dans mon terrain. Que dois-je faire ?
Signalez-la en mairie sans attendre et tenez-vous à distance. Sur les 8 697 cavités recensées en Dordogne, 7 482 sont naturelles et 984 sont des ouvrages civils — souterrains-refuges, tunnels, galeries — auxquels s’ajoutent plus de deux cents carrières souterraines abandonnées. Une dépression fermée qui avale l’eau est le plus souvent une doline, c’est-à-dire un point d’entrée du réseau karstique. Ce n’est pas notre métier et nous ne sondons rien : l’expertise revient à un géotechnicien. En revanche, si une descente d’eau pluviale, un puits perdu ou une fuite de réseau alimente le phénomène, nous le verrons pendant le diagnostic et nous vous le dirons.
Mes murs fissurent et sont humides. Est-ce la même cause ?
Rarement, mais les deux se croisent souvent en Dordogne. Le BRGM a identifié 29 formations argileuses ou marneuses dans le département, dont des altérites contenant plus de 90 % de smectites — les argiles les plus gonflantes qui soient. Plus de 7 % du territoire est classé en aléa fort de retrait-gonflement et plus de 26 % en aléa moyen. Ces sols se rétractent en été et gonflent en hiver, ce qui fissure les maçonneries ; les fissures laissent ensuite entrer l’eau de pluie, qui produit une tache. L’humidité est alors la conséquence, pas la cause. Nous mesurons pour établir laquelle des deux vous regardez — et si le mouvement de terrain domine, c’est un géotechnicien qu’il faut, pas un traitement de mur.
Ma résidence secondaire sent le renfermé à chaque retour. Est-ce grave ?
C’est un motif d’appel classique ici : 14,4 % des logements du département sont des résidences secondaires, la proportion la plus forte de tous les territoires que nous couvrons. Un logement fermé plusieurs mois n’est ni chauffé ni renouvelé en air ; les parois refroidissent, l’humidité de l’air se dépose sur les surfaces les plus froides et les moisissures s’installent dans les angles et derrière les meubles. Neuf fois sur dix, aucune eau extérieure n’est en cause. La réponse passe par la ventilation et par un chauffage minimal hors gel, pas par un traitement de maçonnerie — et il faut le vérifier avant d’engager des travaux inutiles.
Combien de temps un mur de pierre met-il à sécher ?
Beaucoup plus longtemps qu’on ne l’imagine, et le climat local n’aide pas. La station de Bergerac relève 818,1 mm de précipitations annuelles réparties sur 117,1 jours (normales 1981-2010), soit près d’un jour sur trois : un mur épais n’a jamais plusieurs semaines consécutives pour se ressuyer entre octobre et mars. C’est pourquoi le CAUE parle d’un à trois étés, et non de mois. Concrètement, un mur qui a cessé d’être alimenté en eau perd son humidité de l’extérieur vers le cœur, très lentement. La seule façon de savoir où il en est, c’est de mesurer le taux d’humidité du support en profondeur, à plusieurs hauteurs, à plusieurs mois d’intervalle.
Comment distinguer une remontée capillaire d’une infiltration ?
Trois indices se lisent avant toute mesure. La remontée part du sol et sa limite supérieure ondule, jamais rectiligne ; elle laisse un dépôt blanc qui revient après nettoyage ; elle est présente été comme hiver, avec un maximum en saison humide. L’infiltration, elle, apparaît ou s’aggrave après un épisode pluvieux précis, se localise souvent près d’un appui de fenêtre, d’une jonction ou d’une descente d’eau, et se limite à une face du mur. La mesure tranche : dans un cas le taux d’humidité décroît régulièrement en montant, dans l’autre il est maximal au point d’entrée puis diminue autour. Avec 26,8 % du parc antérieur à 1946, la première hypothèse est la plus fréquente en Dordogne — mais elle se vérifie, elle ne se suppose pas.
Aller plus loin
Humidité des caves et sous-solsTraiter un niveau enterré en contact avec l’eau du sol
Humidité des façadesTraiter la pierre sans l’enfermer
Notre expertiseMéthode, moyens de mesure et champ d’intervention
Zones d’interventionL’ensemble des territoires couverts par KM Humidité
Nous contacterDemander un diagnostic en Dordogne
Conséquences sur le bâtimentCe qu’un mur humide finit par abîmer
Conséquences sur la santéPourquoi l’humidité ne se limite pas à un problème esthétique
- INSEE — Dossier complet, département de la Dordogne (24), recensement 2023 : 200 128 résidences principales achevées avant 2021, périodes d’achèvement, 83,9 % de maisons et 15,3 % d’appartements, 69,3 % de propriétaires, 14,4 % de résidences secondaires, 9,7 % de logements vacants.
- INSEE — Populations légales en vigueur au 1er janvier 2026, Dordogne : 503 communes et 4 arrondissements (Bergerac, Nontron, Périgueux, Sarlat-la-Canéda).
- BRGM — Inventaire départemental des cavités souterraines de la Dordogne (RP-55583-FR, 2007) : 8 697 cavités recensées sur 488 communes, dont 7 482 cavités naturelles (87 %), 984 ouvrages civils et plus de 200 carrières souterraines abandonnées.
- BRGM — Cartographie de l’aléa retrait-gonflement des argiles dans le département de la Dordogne (RP-51266-FR, 2002) : 29 formations argileuses identifiées, altérites à plus de 90 % de smectites, plus de 7 % du territoire en aléa fort et plus de 26 % en aléa moyen, 354 communes sinistrées sur 557 entre 1989 et 1998.
- CAUE de la Dordogne — Livret « Construire et rénover en Dordogne » : « 1 à 3 étés de séchage » avant d’isoler un mur humide, comportement hygroscopique des matériaux et caractère inadapté du ciment sur une maçonnerie ancienne.
- Maisons Paysannes de France — Fiche Toitures n° 16, la lauze calcaire des Causses et du Périgord noir : pentes de toiture de 45 à 55°, égouts et rives reposant sur une maçonnerie d’au moins 50 cm, poids pouvant atteindre 800 kg au mètre carré.
- Office de tourisme Sarlat–Périgord Noir — La lauze en Périgord : couvertures pesant de 600 à 800 kg au mètre carré.
- Météo-France — Fiche climatologique de la station de Bergerac (24), normales 1981-2010 : 818,1 mm de précipitations annuelles réparties sur 117,1 jours, 13,2 °C de moyenne annuelle.
- Observatoire régional des risques Nouvelle-Aquitaine — Retrait-gonflement des sols argileux en Nouvelle-Aquitaine : 65 % de la région exposée, dont 29 % en aléa moyen et 24 % en aléa fort.
Faisons le point sur votre mur
Un bas de mur de pierre qui se creuse, une cave qui réagit en deux jours, un doublage posé trop tôt, une maison rouverte après l’hiver : décrivez-nous ce que vous voyez. Nous venons mesurer et chercher la cause — le devis ne vient qu’après.
Agence Bordeaux · Dordogne, 503 communes couvertes · Lundi au samedi, 8h – 20h
