L’échoppe bordelaise, posée au ras du trottoir sur une pierre qui boit
Un recensement de 1995 en dénombrait 10 936 dans la seule ville de Bordeaux. Plain-pied, façade en pierre de taille calcaire, seuil au niveau de la rue, aucune barrière étanche : c’est le bâti le plus exposé aux remontées capillaires que nous rencontrions. Et il pleut ici 924,9 mm par an, répartis sur 122,5 jours — le plus arrosé de tous les départements que nous couvrons.
- 535 communes couvertes
- Mesures sur place
- Devis après diagnostic

L’essentiel, en quatre points
Ce qui change quand on diagnostique une humidité en Gironde plutôt qu’ailleurs.
Le calcaire à astéries, la « pierre de Bordeaux », est décrit par le département lui-même comme tendre et facile à travailler ; il est aussi poreux. Bordeaux Métropole est explicite dans sa fiche technique : « les peintures et le ciment sont incompatibles avec la pierre car ils forment une barrière étanche qui empêche la maçonnerie de respirer », et « la réalisation d’enduit sur la pierre de taille est interdite ».
24,0 % des résidences principales girondines ont été achevées à partir de 2006, la proportion la plus élevée de tous nos départements. Mais 11,8 % sont antérieures à 1919, soit 91 667 logements montés sans coupure de capillarité. Deux parcs, deux diagnostics : condensation d’un côté, eau du sol de l’autre.
Sables et alios du plateau landais au sud-ouest, alluvions et palus le long de la Garonne et de l’estuaire, calcaire à astéries et carrières souterraines à l’est, mattes et marais drainés dans le Médoc. La même tache sur un mur ne se lit pas de la même façon à Lacanau, à Bègles et à Saint-Émilion.
Nous ne vendons pas de traitement par téléphone. Relevés d’humidité, températures de paroi, examen du terrain, des descentes d’eau et des parties enterrées se font sur place — et c’est seulement ensuite qu’une préconisation chiffrée a un sens.
Ce que la Gironde a de particulier
Ces chiffres ne décrivent pas votre logement. Ils décrivent le type de bâti dominant, son âge et le terrain sur lequel il repose — trois éléments qui déterminent par quelle hypothèse un technicien commence.
Que voyez-vous chez vous ?
Chaque signe ouvre une piste. Aucun ne suffit à conclure — mais il indique par où commencer, et ce qu’il faudra mesurer pour trancher.
Une cave d’échoppe humide toute l’annéeLe sol reste frais, les murs perlent, l’air sent le renfermé même en été — et la maison est bâtie sur un ancien palus.Eau du sol contre la paroi enterrée
Un enduit ou une peinture qui cloque sur la pierreLe revêtement se détache en plaques et emporte un peu de pierre avec lui — souvent après un ravalement au ciment ou une peinture de façade.Barrière étanche sur mur qui doit respirer
Une tache sur la façade ouest après un coup de ventElle suit les épisodes de pluie battante d’ouest, près d’un appui de fenêtre ou au droit d’une descente d’eau pluviale.Infiltration de façade ou d’abords
Des moisissures dans un appartement récentDans un angle, derrière un meuble, au pourtour des fenêtres, dans un logement livré ces vingt dernières années.Condensation ou ventilation insuffisante
Un affaissement dans une cour ou un jardinUne dépression apparaît, dans une commune où l’on a extrait la pierre — l’Entre-deux-Mers, le Bourgeais, le Blayais.Cavité souterraine — à signaler en mairie
Le parc le plus jeune que nous couvrons, et un cœur de ville très ancien
Près d’un quart des résidences principales girondines datent de 2006 ou après. Dans le même département, 91 667 logements sont antérieurs à 1919. Ces deux mondes n’ont ni les mêmes murs, ni les mêmes désordres, ni les mêmes solutions.
| Période d’achèvement | Résidences principales | Part du parc |
|---|---|---|
| Avant 1919 | 91 667 | 11,8 % |
| 1919 – 1945 | 49 195 | 6,3 % |
| 1946 – 1970 | 110 765 | 14,2 % |
| 1971 – 1990 | 208 048 | 26,7 % |
| 1991 – 2005 | 132 888 | 17,0 % |
| 2006 – 2020 | 187 160 | 24,0 % |
Trois familles de bâti, trois façons de prendre l’eau
- Avant 1946 — 140 862 logements, 18,1 % : l’échoppe bordelaise et le bâti de pierre. Façade en pierre de taille de calcaire à astéries, murs épais, seuil au niveau du trottoir, cave sous une partie du logement, et aucune arase étanche. Ailleurs, chartreuses et maisons de maître du vignoble, maisons de bourg, bâti de palus. Ces murs pompent l’eau du sol et l’évacuent par évaporation : tant que la pierre et les joints respirent, l’équilibre tient.
- 1946 – 1990 — 318 813 logements, 40,9 % : la première couronne et les lotissements. Pavillons avec vide sanitaire ou garage semi-enterré, premiers collectifs de la rive droite et du Bassin, isolation partielle, ponts thermiques en about de plancher. Les désordres s’y partagent entre humidité de partie basse et condensation.
- Après 1991 — 320 048 logements, 41,1 % : plus de quatre logements sur dix, dont 187 160 achevés à partir de 2006. C’est la conséquence directe de la croissance de l’agglomération. Enveloppe étanche, menuiseries performantes, ventilation mécanique indispensable : si la VMC s’arrête ou si les entrées d’air sont bouchées, la vapeur produite à l’intérieur se dépose sur les angles froids, sans qu’aucune eau extérieure n’entre en jeu.
Du sable à l’ouest, du calcaire à l’est, des palus au milieu
La Gironde est le plus vaste département de France métropolitaine, et son sous-sol change complètement d’une rive à l’autre. C’est ce qui décide, avant même la visite, par quelle hypothèse commencer.
À l’est de la Garonne, le socle est le calcaire à astéries, déposé il y a environ 32 millions d’années à l’Oligocène. Le conseil départemental le décrit comme « tendre et facile à travailler », exploité comme matériau de construction depuis l’époque gallo-romaine ; c’est la « pierre de Bordeaux », extraite notamment à Frontenac et à Bourg, et c’est avec elle qu’ont été bâtis Bordeaux, Libourne et Saint-Émilion. Tendre veut dire poreux : cette pierre absorbe l’eau et la restitue, à condition qu’on la laisse faire.
Là où on l’a extraite, elle a laissé des vides. L’inventaire départemental du BRGM recense 1 564 cavités souterraines en Gironde. Une base plus ancienne, renseignée pour une cinquantaine de communes seulement, décrivait déjà des carrières allant de 20 m² à plus de 250 000 m², hautes de deux à trois mètres, avec des développements dépassant quatre cents mètres — creusées surtout aux XVIIIe et XIXe siècles pour bâtir les châteaux.
Le long de la Garonne, de la Dordogne et de l’estuaire s’étendent les palus : d’anciens marais, aux sols argilo-sableux hydromorphes. Dans le Médoc, les mattes reposent sur des alluvions récentes ; les marais y ont été asséchés et drainés à partir du XVIIe siècle, puis conquis au XVIIIe par la construction de digues, et l’habitat s’y est installé en îlots sur les rares hauteurs. Un logement bâti là a le pied dans une nappe proche, quelle que soit la qualité de sa maçonnerie.
Sous tout cela, les nappes profondes — Miocène, Oligocène, Éocène, Crétacé — fournissent 97 % de l’eau potable du département, la nappe de l’Éocène se tenant à environ 300 mètres sous Bordeaux. Elles ne touchent pas vos murs : ce sont les eaux de surface, les nappes alluviales et la nappe des sables qui le font. Nous le précisons parce que la confusion est fréquente.
Reste l’argile. Le BRGM classe 2,3 % du territoire girondin en aléa fort de retrait-gonflement et 28,3 % en aléa moyen — près d’un tiers du département en aléa moyen à fort. La Gironde figure parmi les onze départements français comptant plus de 100 000 maisons individuelles en zone d’aléa fort ou moyen. Pour la seule sécheresse de 2022, 235 communes ont été reconnues en état de catastrophe naturelle par arrêté du 3 avril 2023, et 65 autres en septembre suivant.
- Remontée capillaire
- Nappe et parties enterrées
- Infiltrations et abords
- Carrières et cavités
Coupe schématique, sans échelle. Elle montre pourquoi une même tache en pied de mur n’a pas la même origine à Lacanau, à Bègles et à Saint-Émilion — et pourquoi la première question posée sur place est celle du terrain.
Quatre Gironde, quatre points de départ
535 communes réparties sur six arrondissements, dans le plus vaste département de France métropolitaine. Le sol, l’âge du bâti et la façon dont l’eau circule changent d’un secteur à l’autre — et avec eux, l’ordre des hypothèses.
Symptôme, cause probable, vérification
Ces tableaux ne remplacent pas un diagnostic. Ils montrent ce qu’un technicien cherche à confirmer ou à écarter en arrivant chez vous, et dans quel ordre.
| Ce que vous observez | Causes les plus probables | Ce que l’on vérifie |
|---|---|---|
| Bande sombre en pied de façade, pierre qui s’écaille, limite ondulée | Remontée capillaire dans une maçonnerie sans arase étanche | Gradient d’humidité sur la hauteur, présence de sels, nature de la pierre et du joint |
| Cave d’échoppe ou sous-sol humide toute l’année | Eau du sol retenue contre la paroi enterrée, souvent sur un ancien palus | Contexte du terrain, position par rapport à la Garonne, saisonnalité, drainage |
| Enduit ou peinture qui cloque et se détache de la pierre | Revêtement étanche posé sur une pierre qui doit respirer | Nature du revêtement, zones de rétention d’eau derrière, état de la pierre en dessous |
| Moisissures dans un logement récent, souvent en angle | Condensation par renouvellement d’air insuffisant | VMC en service, entrées d’air non obturées, température de paroi, hygrométrie |
| Tache qui suit les épisodes de pluie battante d’ouest | Infiltration de façade ou défaut d’évacuation des eaux pluviales | Joints, appuis de fenêtre, corniches, gouttières, descentes et regards |
| Dépôt blanc qui revient après brossage | Salpêtre : l’eau vient du sol et transporte des sels | Nature du dépôt, récurrence saisonnière, humidité du support en profondeur |
| Fissures en escalier apparues après un été sec | Retrait-gonflement des argiles, aggravé par une eau mal évacuée aux abords | Formation argileuse sous la construction, rejets d’eau pluviale, végétation proche |
| Dépression ou effondrement dans une cour, un jardin, une vigne | Ancienne carrière souterraine de calcaire, fragilisée par les infiltrations | Écoulements de surface, fuites de réseau, historique de la parcelle — et signalement en mairie |
| Mécanisme | Où cela apparaît | Origine de l’eau | Contrôle déterminant |
|---|---|---|---|
| Remontée capillaire | Pied de façade et bas de murs du bâti ancien, échoppes en premier lieu | Eau du sol aspirée par la porosité du calcaire à astéries et des mortiers de chaux | Profil d’humidité décroissant vers le haut, sels en surface |
| Humidité de partie enterrée | Caves sous rue, sous-sols, garages semi-enterrés | Nappe alluviale des palus ou nappe des sables, retenue contre la paroi | Position dans le terrain, saisonnalité, drainage périphérique |
| Revêtement étanche sur mur ancien | Façades ravalées au ciment ou repeintes, sur pierre de taille ou moellon | Eau du sol bloquée dans le mur, qui ressort au-dessus du revêtement | Nature du revêtement, hauteur de la trace par rapport à sa limite haute |
| Infiltration | Façade exposée, appuis, jonctions, pied de mur et abords | Pluie battante d’ouest ou eau pluviale mal évacuée | Corrélation avec les épisodes pluvieux, état des évacuations |
| Condensation | Angles, pourtours de fenêtres, parois froides, pièces humides | Vapeur produite à l’intérieur, qui se dépose faute de sortie | Écart entre température de paroi et point de rosée, débits d’air |
C’est le motif d’appel numéro un du département. Avant de parler traitement, il faut savoir si l’eau vient du sol, du revêtement posé dessus, ou des deux. Cela se mesure sur place.
Quatre logements sur dix sont des appartements
Avec 39,5 % d’appartements, la Gironde est de loin le plus collectif des départements que nous couvrons hors Île-de-France — conséquence directe de la croissance de l’agglomération bordelaise. La méthode est la même, mais ce que l’on examine, et qui décide des travaux, change.
En maison et en échoppe : le pied de mur et les abords
- Le niveau du seuil par rapport au trottoir et à la rue : une échoppe est bâtie de plain-pied, et un enrobé refait plus haut que le seuil d’origine transforme une façade en mur contre terre.
- Les gouttières, descentes d’eau pluviale et regards : une descente qui se déverse au pied de la façade suffit à saturer une pierre poreuse, et c’est aussi ce qui dégrade une ancienne carrière en dessous.
- La cave, systématiquement : hauteur des traces, sels, condensation sur les canalisations, ventilation des soupiraux — souvent obturés lors d’une rénovation alors qu’ils assuraient le séchage.
- La nature exacte du revêtement de façade : enduit à la chaux d’origine, ravalement au ciment, peinture filmogène. C’est ce qui explique le plus souvent pourquoi la trace est remontée d’un étage.
- Le jardin et la cour arrière : niveau du sol, pente, terrasse ajoutée, végétation proche dans les secteurs argileux.
En appartement et en copropriété : où passe la frontière
- Ventilation intérieure, revêtements et menuiseries privatives relèvent en général du lot ; façades, toiture, caves, colonnes de VMC et réseaux communs relèvent des parties communes.
- Un désordre de façade en pierre ou de cave se traite au niveau de la copropriété, avec un rapport écrit à présenter au syndic : c’est exactement ce que nous produisons.
- Dans le parc livré depuis 2006 — 187 160 logements — la condensation domine largement : enveloppe étanche, ventilation mécanique, et des désordres qui se règlent par l’air, pas par la maçonnerie.
Comment nous procédons
Sept étapes, toujours dans cet ordre. Le chiffrage arrive en dernier, une fois la cause établie.
- Premier échangeVous décrivez ce que vous voyez, depuis quand, dans quelles pièces et à quelle saison. Nous notons la commune, l’année de construction, la nature du mur, la présence d’une cave et le type de ventilation.
- Inspection sur placeLe logement, mais aussi ce qui l’entoure : façades et pignons, pied de mur et seuil, cave, terrain et sa pente, gouttières, descentes et regards, soupiraux.
- MesuresRelevés d’humidité sur plusieurs points et plusieurs hauteurs, conditions d’ambiance, températures de paroi et débits de ventilation. C’est ce qui départage une eau venue du sol d’une vapeur produite à l’intérieur.
- Recherche de la causeLes hypothèses sont écartées une à une : remontée capillaire, eau retenue contre une paroi enterrée, revêtement étanche sur mur ancien, infiltration, condensation, désordre lié au terrain.
- Diagnostic remisCe qui a été mesuré, ce qui est retenu comme cause, ce qui reste à surveiller, et si l’origine se trouve dans le logement, dans les parties communes ou en dehors. Sans cette étape, aucun devis n’a de sens.
- PréconisationsLes solutions envisageables sont présentées avec leurs limites — y compris quand l’action la plus efficace consiste à retirer un enduit ciment plutôt qu’à traiter le mur.
- Traitement, si nécessaireMise en œuvre après votre validation, puis remise en état une fois le support redevenu sec.
Les solutions, selon la cause identifiée
Chaque prestation correspond à une page détaillée du site. Le choix vient après le diagnostic, jamais avant.
Où nous intervenons en Gironde
Les 535 communes du département sont couvertes par notre agence Bordeaux, du Verdon-sur-Mer à Bazas. La Gironde ne dispose pas encore de pages commune par commune comme l’Île-de-France : les villes ci-dessous situent nos secteurs d’intervention, et le formulaire reste le plus simple pour nous décrire votre situation.
535 communes, 6 arrondissements · tout le département est couvert — voir toutes nos zones d’intervention
Bordeaux, Mérignac, Pessac, Talence, Villenave-d’Ornon, Saint-Médard-en-Jalles, Bègles, Cenon, Gradignan, Eysines, Le Bouscat, Lormont, Bruges, Floirac, Ambarès-et-Lagrave, Blanquefort, Le Haillan, Ambès.
Lesparre-Médoc, Pauillac, Lacanau, Saint-Laurent-Médoc, Castelnau-de-Médoc, Hourtin, Le Porge, Soulac-sur-Mer, Margaux-Cantenac, Carcans, Le Verdon-sur-Mer.
Libourne, Coutras, Saint-Denis-de-Pile, Vayres, Castillon-la-Bataille, Sainte-Foy-la-Grande, Les Églisottes-et-Chalaures, Saint-Émilion, Guîtres, Branne, Lussac, Fronsac.
La Teste-de-Buch, Gujan-Mestras, Andernos-les-Bains, Mios, Arcachon, Biganos, Audenge, Le Teich, Lège-Cap-Ferret, Salles, Lanton, Arès, Belin-Béliet, Le Barp, Marcheprime.
Léognan, Langon, Cadaujac, Créon, Bazas, La Brède, La Réole, Saint-Selve, Podensac, Cadillac-sur-Garonne, Portets, Targon, Saint-Macaire, Sauveterre-de-Guyenne.
Saint-André-de-Cubzac, Blaye, Saint-Savin, Saint-Ciers-sur-Gironde, Pugnac, Cavignac, Bourg, Étauliers, Braud-et-Saint-Louis, Cars, Gauriac.
Décrivez-nous ce que vous constatez : nous convenons d’un passage pour mesurer et chercher la cause sur place.
Notre façon de travailler
Quatre engagements simples, qui expliquent pourquoi nous commençons toujours par une visite.
Ce qu’on nous demande en Gironde
Pourquoi les échoppes bordelaises ont-elles autant de remontées capillaires ?
Parce que tout y concourt. L’échoppe est bâtie de plain-pied, seuil au niveau du trottoir : le mur touche le sol sur toute sa longueur. Sa façade est en pierre de taille de calcaire à astéries, une roche tendre et poreuse. Elle a été construite entre le Second Empire et les années 1930, donc sans aucune coupure de capillarité — la notion n’existait pas. Et elle a souvent une cave. Ajoutez 122,5 jours de pluie par an et un sol qui reste humide de novembre à mars, et vous avez le contexte exact que nous mesurons chaque semaine.
Puis-je faire enduire ma façade en pierre pour régler le problème ?
Non, et sur pierre de taille c’est même interdit : Bordeaux Métropole écrit noir sur blanc que « la réalisation d’enduit sur la pierre de taille est interdite », et que « les peintures et le ciment sont incompatibles avec la pierre car ils forment une barrière étanche qui empêche la maçonnerie de respirer ». Le CAUE de la Gironde décrit le mécanisme : l’eau du sol transite dans le mur et s’évacue par évaporation ; bloquée par un enduit ciment, « elle s’accumule, remonte jusque dans les étages et dégrade les maçonneries ». Le désordre ne disparaît pas, il monte d’un étage. Les réponses admises sont le badigeon de chaux et le mortier de chaux pour les joints.
Ma cave est humide toute l’année. Est-ce parce que je suis près de la Garonne ?
Souvent, mais pas seulement. Une grande partie de l’agglomération est bâtie sur d’anciens palus — des marais comblés, aux sols argilo-sableux hydromorphes, où la nappe reste proche de la surface. Dans le Médoc, les mattes reposent sur des alluvions récentes et n’ont été asséchées qu’à partir du XVIIe siècle. Mais une cave peut aussi rester humide parce qu’elle a été refermée : soupiraux obturés, sol bétonné, cloison posée. Nous vérifions les deux, et la saisonnalité tranche : une eau de nappe suit l’hiver, une condensation suit l’usage.
Je suis dans le Bassin d’Arcachon, sur du sable. Le sable ne draine-t-il pas tout ?
Le sable, oui. Ce qu’il y a dessous, non. Sous les sables du plateau landais se trouve l’alios, un grès ferrugineux qu’on rencontre rarement au-delà de 1,20 m de profondeur. On le décrit souvent comme imperméable ; c’est inexact, et la réalité est plus gênante : c’est une masse spongieuse qui ralentit la descente des eaux tout en favorisant leur remontée par capillarité. Résultat : une nappe superficielle qui monte vite après les pluies, et un support qui alimente le bas des murs. Sur le Bassin, nous commençons donc par le niveau de la nappe et la hauteur du plancher bas, pas par la façade.
Un dépôt blanc revient sur mon mur après chaque nettoyage. Qu’est-ce que c’est ?
Du salpêtre, c’est-à-dire des sels apportés par l’eau du sol. C’est un indice précieux : il signe une eau qui vient d’en bas et qui traverse le mur, pas une condensation ni une infiltration de façade. Le brossage ne règle rien puisqu’il ne traite que la trace : tant que le transfert d’eau continue, les sels reviennent. C’est aussi la raison pour laquelle on ne repeint pas un mur dans cet état : la peinture s’écaillera en quelques mois, en emportant un peu de support à chaque fois.
Y a-t-il des carrières souterraines sous ma commune ?
C’est possible, surtout dans l’Entre-deux-Mers, le Bourgeais et le Blayais, où l’on a extrait le calcaire à astéries — la « pierre de Bordeaux » — depuis l’époque gallo-romaine et intensément aux XVIIIe et XIXe siècles. L’inventaire du BRGM recense 1 564 cavités souterraines en Gironde, certaines dépassant 250 000 m². Ce n’est pas notre métier : nous ne sondons ni ne comblons rien, et tout affaissement doit être signalé au maire. En revanche, ce qui dégrade ces vides est précisément ce que nous cherchons — les infiltrations d’eau. Corriger une descente d’eau pluviale sert donc les deux.
J’ai des fissures et de l’humidité. Est-ce lié ?
Souvent, mais dans ce sens-là : les fissures laissent entrer l’eau, elles n’en viennent pas. Le BRGM classe 2,3 % du territoire girondin en aléa fort de retrait-gonflement des argiles et 28,3 % en aléa moyen ; la Gironde compte plus de 100 000 maisons individuelles en zone d’aléa fort ou moyen, et 235 communes ont été reconnues en catastrophe naturelle pour la seule sécheresse de 2022. L’argile gonfle mouillée, se rétracte sèche, les fondations bougent. Nous traitons l’eau ; la structure relève d’un bureau d’études géotechnique, et nous vous le dirons clairement si c’est le cas.
Mon appartement a moins de dix ans et j’ai des moisissures. Est-ce normal ?
Ce n’est pas normal, et c’est fréquent ici : 24,0 % des résidences principales girondines ont été achevées à partir de 2006, la proportion la plus élevée de tous nos départements. Ces logements sont très bien fermés : l’eau extérieure n’entre pas. En revanche, la vapeur produite à l’intérieur — cuisine, douches, séchage du linge, respiration — doit sortir, et c’est le rôle de la ventilation. VMC arrêtée ou encrassée, entrées d’air obturées, meuble collé contre un mur froid : la vapeur se dépose alors sur les surfaces les plus froides. La réponse passe par l’air, pas par un traitement de maçonnerie.
Aller plus loin
Humidité des façadesTraiter la pierre sans l’enfermer
Humidité des caves et sous-solsTraiter un niveau enterré en contact avec l’eau du sol
Notre expertiseMéthode, moyens de mesure et champ d’intervention
Zones d’interventionL’ensemble des territoires couverts par KM Humidité
Nous contacterDemander un diagnostic en Gironde
Conséquences sur le bâtimentCe qu’un mur humide finit par abîmer
Conséquences sur la santéPourquoi l’humidité ne se limite pas à un problème esthétique
- INSEE — Logement en 2023, département de la Gironde : parc de logements, part des maisons et des appartements, périodes d’achèvement, statut d’occupation.
- Bordeaux Métropole — Fiche 3, Bâtiment en pierre : absorption de l’humidité du sol par les pierres du soubassement, incompatibilité des peintures et du ciment avec la pierre, interdiction d’enduire la pierre de taille, badigeon et mortier de chaux.
- CAUE de la Gironde — Rénover les façades anciennes : composition et perméabilité à la vapeur d’eau des enduits à la chaux, effets des enduits ciment, mécanisme des remontées capillaires, carrières de Frontenac et de Bourg.
- Département de la Gironde — Fondements naturels et humains des paysages de Gironde : calcaire à astéries exploité depuis l’époque gallo-romaine, sables des Landes, épaisseur et profondeur de l’alios.
- BRGM — Cartographie de l’aléa retrait-gonflement des argiles en Gironde (RP-54024-FR) : 2,3 % du territoire en aléa fort, 28,3 % en aléa moyen, 37,8 % en aléa faible.
- BRGM — Inventaire départemental des cavités souterraines hors mines de la Gironde (RP-59137-FR) : 1 564 cavités recensées.
- SMEGREG — Connaître les nappes profondes de Gironde : 97 % de l’eau potable du département issue des nappes profondes, nappe de l’Éocène à environ 300 m sous Bordeaux.
- Préfecture de la Gironde — Reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, sécheresse 2022 : 235 communes reconnues par arrêté du 3 avril 2023.
- Météo-France — Fiche climatologique de la station de Bordeaux-Mérignac (33), normales 1991-2020 : 924,9 mm de précipitations annuelles réparties sur 122,5 jours.
Faisons le point sur votre mur
Un pied de façade qui fonce, une pierre qui s’écaille, une cave humide toute l’année, un enduit qui se décolle, des moisissures dans un logement récent : décrivez-nous ce que vous voyez. Nous venons mesurer et chercher la cause — le devis ne vient qu’après.
Agence Bordeaux · Gironde, 535 communes couvertes · Lundi au samedi, 8h – 20h
