110 000 hectares de marais, et un logement sur cinq fermé la moitié de l’année
15 % du département est un marais, dont 80 000 hectares drainés de main d’homme. Ajoutez 22,2 % de résidences secondaires — le taux le plus élevé de tous les départements que nous couvrons — et vous obtenez deux facteurs d’humidité qui se cumulent : un sol qui ne sèche pas, et des logements qui ne sont ni chauffés ni ventilés une grande partie de l’année.
- 462 communes couvertes
- Mesures sur place
- Devis après diagnostic

L’essentiel, en quatre points
Ce qui change quand on diagnostique une humidité en Charente-Maritime plutôt qu’ailleurs.
110 000 hectares, 15 % de la surface départementale, dont 95 000 hectares de marais doux et 80 000 hectares desséchés par drainage. Sous eux, le bri : une argile fluvio-marine très plastique et gorgée d’eau. Un mur posé là-dessus ne sèche jamais complètement par le bas, quelle que soit la qualité de sa maçonnerie.
22,2 % du parc, soit 102 368 logements, contre 71,3 % de résidences principales. Un logement fermé d’octobre à avril n’est ni chauffé ni ventilé : la vapeur produite lors des séjours se dépose sur des parois froides et ne repart pas. C’est un mécanisme de condensation à part entière, très différent d’une remontée capillaire — et qui se traite autrement.
La masse d’eau des calcaires du Jurassique supérieur de l’Aunis figure parmi les vingt-deux masses d’eau les plus touchées par la salinisation en France, entre héritage marin vieux de 7 000 ans et biseau salé récent. Une eau chargée en chlorures qui traverse un mur y laisse des efflorescences que le brossage ne fait jamais disparaître durablement.
Nous ne vendons pas de traitement par téléphone. Relevés d’humidité, températures de paroi, examen du terrain, des descentes d’eau et des parties enterrées se font sur place — et c’est seulement ensuite qu’une préconisation chiffrée a un sens.
Ce que la Charente-Maritime a de particulier
Ces chiffres ne décrivent pas votre logement. Ils décrivent le type de bâti dominant, son âge, son usage et le terrain sur lequel il repose — quatre éléments qui déterminent par quelle hypothèse un technicien commence.
Que voyez-vous chez vous ?
Chaque signe ouvre une piste. Aucun ne suffit à conclure — mais il indique par où commencer, et ce qu’il faudra mesurer pour trancher.
Un plancher bas humide en zone de maraisLe sol reste frais toute l’année, l’air sent le renfermé, et le phénomène ne dépend pas des pluies récentes.Nappe proche dans le bri
Des moisissures au retour dans la maison de vacancesAprès plusieurs mois de fermeture : odeur, taches noires dans les angles, textiles piqués, buée au premier chauffage.Condensation en logement inoccupé
Un enduit ciment qui se détache de la pierreIl sonne creux, cloque et emporte du calcaire en tombant — souvent quelques années après un ravalement.Revêtement étanche sur mur perspirant
Une façade au vent qui fonce à chaque coup de merLe pignon exposé à l’ouest se charge lors des épisodes venteux, autour des appuis et des jonctions.Infiltration de façade, pluie battante
Des traces qui remontent après une submersionLe logement a été inondé par la mer ou par un débordement, et l’eau salée est restée dans les murs.Sels de submersion piégés dans la maçonnerie
Un parc littoral : ancien, très résidentiel, souvent inoccupé
22,1 % des résidences principales sont antérieures à 1946, mais c’est la structure d’usage qui distingue le département : plus d’un logement sur cinq n’est habité qu’une partie de l’année.
| Période d’achèvement | Résidences principales | Part du parc |
|---|---|---|
| Avant 1919 | 49 071 | 15,3 % |
| 1919 – 1945 | 21 633 | 6,8 % |
| 1946 – 1970 | 50 234 | 15,7 % |
| 1971 – 1990 | 77 868 | 24,3 % |
| 1991 – 2005 | 56 557 | 17,7 % |
| 2006 – 2020 | 65 009 | 20,3 % |
Trois familles de bâti, trois façons de prendre l’eau
- Avant 1946 — 70 704 logements, 22,1 % : le bâti saintongeais et rochelais. Le CAUE 17 décrit des murs de moellons de calcaire local montés à sec ou au mortier de chaux, des enduits de chaux grasse et de sable non tamisé, et des toitures de tuile canal à 25-30 % de pente. Ces maçonneries doivent garder « une certaine perméabilité à l’air, permettant une bonne tenue à l’humidité, et par conséquent au salpêtre ». Aucune coupure de capillarité.
- 1946 – 1990 — 128 102 logements, 40,0 % : la période de l’expansion balnéaire. Pavillons de Royan, de la côte et des couronnes de La Rochelle et de Rochefort, sous-sols partiels, vides sanitaires, isolation partielle. Beaucoup de ces logements sont aujourd’hui des résidences secondaires : la condensation y prend une place particulière.
- Après 1991 — 121 566 logements, 37,9 % : près de quatre logements sur dix, dont 65 009 achevés à partir de 2006. Enveloppe étanche, ventilation mécanique indispensable. Dans un logement occupé quelques semaines par an, une VMC coupée au compteur pendant l’hiver suffit à créer un désordre que rien d’extérieur n’explique.
Quinze pour cent du département est un marais
C’est le chiffre qui explique presque tout le reste. Un logement bâti sur un marais desséché ne se diagnostique pas comme un logement bâti sur le calcaire d’un plateau.
La Charente-Maritime compte 110 000 hectares de marais, soit 15 % de la surface du département — sur les quelque 200 000 hectares de marais littoraux atlantiques. La répartition est parlante : 95 000 ha de marais doux et 15 000 ha de marais salés ; 80 000 ha de marais desséchés, c’est-à-dire drainés de main d’homme, contre 15 000 ha de marais mouillés et de fonds de vallée. Six grands ensembles s’y succèdent, du Marais poitevin aux marais de la Seudre et des îles.
Le marais de Brouage donne l’ordre de grandeur de cet aménagement : environ 13 000 hectares, dont 1 600 kilomètres de canaux et de fossés creusés et entretenus par l’homme. Le marais de Rochefort couvre 13 600 hectares, régulés par un système d’écluses. Le Marais poitevin, deuxième zone humide de France avec environ 100 000 hectares, concerne à lui seul 21 communes de Charente-Maritime.
Ailleurs, c’est le calcaire qui domine : calcaires et marnes du Jurassique supérieur, le Kimméridgien occupant l’île de Ré et la plaine d’Aunis ; calcaires crayeux du Crétacé supérieur en Saintonge et le long de l’estuaire, où ils forment les falaises blanches de la rive droite. C’est de cette pierre qu’est faite la quasi-totalité du bâti ancien.
S’ajoute une particularité littorale : le sel. La masse d’eau souterraine des calcaires et marnes du Jurassique supérieur de l’Aunis figure parmi les vingt-deux masses d’eau les plus touchées par la salinisation en France métropolitaine, avec plus de sept points au-delà de 100 mg/L de chlorures. L’origine est double : une salinisation ancienne, vieille d’environ 7 000 ans, et un biseau salé plus récent. Une eau chargée en sels qui traverse un mur y laisse des efflorescences que le brossage ne règle jamais.
Enfin, la mer elle-même. Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, la tempête Xynthia a fait douze morts en Charente-Maritime et submergé, selon le rapport du Sénat, 22 000 hectares ; le niveau marin a atteint environ 2,80 m NGF à La Rochelle, et 120 kilomètres de digues ont dû être reconstruits dans le seul département. Le plan digues engagé depuis vise une protection au niveau Xynthia + 20 cm, sur un linéaire côtier de 463 kilomètres.
- Remontée capillaire et sels
- Nappe et parties enterrées
- Infiltrations et abords
- Submersion et marais
Coupe schématique, sans échelle. Elle montre pourquoi un logement de marais et un logement de plaine calcaire, distants de quelques kilomètres, n’ont ni la même origine d’humidité ni le même traitement.
Quatre Charente-Maritime, quatre points de départ
462 communes réparties sur cinq arrondissements, entre marais, plaines calcaires, estuaire et îles. Le sol, l’âge du bâti, son usage et la façon dont l’eau circule changent d’un secteur à l’autre — et avec eux, l’ordre des hypothèses.
Symptôme, cause probable, vérification
Ces tableaux ne remplacent pas un diagnostic. Ils montrent ce qu’un technicien cherche à confirmer ou à écarter en arrivant chez vous, et dans quel ordre.
| Ce que vous observez | Causes les plus probables | Ce que l’on vérifie |
|---|---|---|
| Bande sombre en pied de mur, dépôt blanc qui revient | Remontée capillaire transportant des sels | Gradient d’humidité sur la hauteur, nature du dépôt, drainage du pied de façade |
| Plancher bas et murs humides toute l’année en zone de marais | Nappe proche dans le bri, argile gorgée d’eau | Altitude du plancher par rapport au marais, saisonnalité faible, ventilation du vide sanitaire |
| Odeur et moisissures au retour dans un logement fermé | Condensation en logement inoccupé et non ventilé | Régime de chauffage hors saison, VMC coupée, hygrométrie à l’ouverture |
| Enduit qui cloque, sonne creux ou se détache | Enduit ciment ou peinture plastique sur maçonnerie de chaux | Composition du revêtement, zones de rétention derrière, état du support en dessous |
| Pignon ouest qui fonce après un coup de vent | Pluie battante et infiltration de façade | Joints, appuis, jonctions, gouttières et descentes, exposition |
| Efflorescences persistantes après une submersion | Sels marins piégés dans la maçonnerie | Historique de submersion, nature des sels, profondeur de pénétration |
| Fissures apparues après un été sec | Retrait-gonflement des argiles, aggravé par une eau mal évacuée | Formation argileuse sous la construction, rejets d’eau pluviale, végétation proche |
| Cave ou sous-sol qui se charge en hiver | Eau du sol retenue contre la paroi enterrée | Pente des abords, drainage périphérique, position par rapport au marais ou au coteau |
| Mécanisme | Où cela apparaît | Origine de l’eau | Contrôle déterminant |
|---|---|---|---|
| Remontée capillaire | Bas de murs du bâti ancien — 22,1 % du parc | Eau du sol aspirée par la porosité du calcaire et du mortier de chaux | Profil d’humidité décroissant vers le haut, sels en surface |
| Nappe de marais | Planchers bas, vides sanitaires et murs de soubassement en zone de marais | Nappe maintenue haute par le bri et le réseau de canaux | Altitude par rapport au marais, faible variation saisonnière |
| Condensation en logement inoccupé | Résidences secondaires fermées d’octobre à avril | Vapeur produite lors des séjours, déposée sur des parois froides | Régime d’occupation, chauffage hors gel, ventilation permanente |
| Sels marins | Maçonneries ayant subi une submersion ou exposées aux embruns | Chlorures apportés par l’eau de mer ou par une nappe salinisée | Historique du bâtiment, nature du dépôt, persistance après séchage |
| Infiltration | Façade exposée, appuis, jonctions, pied de mur et abords | Pluie battante d’ouest ou eau pluviale mal évacuée | Corrélation avec les épisodes venteux, état des évacuations |
Ce sont les deux situations les plus fréquentes du département, et elles ne se traitent pas du tout de la même façon. C’est la mesure sur place qui les départage.
Ici, la façon d’habiter fait partie du diagnostic
76,5 % des logements sont des maisons et 66,0 % des ménages en sont propriétaires. Mais avec 22,2 % de résidences secondaires, la question « qui vit ici, et quand ? » pèse autant que celle de la maçonnerie.
Ce que nous regardons à l’extérieur
- L’altitude du plancher bas par rapport au niveau du marais ou du canal le plus proche : c’est elle qui détermine si la nappe vous concerne, bien plus que la distance à la mer.
- Le drainage du pied de façade — le CAUE 17 en fait une consigne explicite pour éviter la stagnation d’eau et le salpêtre.
- Les gouttières, descentes d’eau pluviale et regards, et le niveau du sol extérieur par rapport au seuil d’origine.
- L’exposition à l’ouest et aux embruns : sur la côte et les îles, le pignon au vent se traite différemment des trois autres.
- Les soupiraux, grilles de vide sanitaire et aérations basses, souvent obturés lors d’une rénovation alors qu’ils assuraient le séchage.
- L’historique de submersion de la parcelle, s’il existe : une maçonnerie ayant été en contact avec l’eau de mer garde ses sels des années.
Ce que nous regardons à l’intérieur — et dans l’usage
- Le régime d’occupation : nombre de semaines par an, période, chauffage maintenu ou non hors saison, ventilation laissée en marche ou coupée au compteur.
- Le niveau bas en premier : vide sanitaire, cave, cellier, garage — hauteur des traces, sels, condensation sur les canalisations.
- La nature réelle du mur derrière le revêtement, et si un enduit ciment ou une peinture plastique a été posé sur une maçonnerie de chaux.
Comment nous procédons
Sept étapes, toujours dans cet ordre. Le chiffrage arrive en dernier, une fois la cause établie.
- Premier échangeVous décrivez ce que vous voyez, depuis quand, dans quelles pièces et à quelle saison. Nous notons la commune, l’année de construction, la nature du mur, la position par rapport au marais et le régime d’occupation du logement.
- Inspection sur placeLe logement, mais aussi ce qui l’entoure : façades et pignons, pied de mur, vide sanitaire ou cave, terrain et sa pente, gouttières, descentes et regards, aérations basses.
- MesuresRelevés d’humidité sur plusieurs points et plusieurs hauteurs, conditions d’ambiance, températures de paroi et débits de ventilation. C’est ce qui départage une eau venue du sol d’une vapeur produite à l’intérieur.
- Recherche de la causeLes hypothèses sont écartées une à une : remontée capillaire, nappe de marais, condensation en logement peu occupé, sels marins, infiltration, désordre lié au terrain.
- Diagnostic remisCe qui a été mesuré, ce qui est retenu comme cause, ce qui reste à surveiller, et si l’origine se trouve dans le logement, dans son usage ou en dehors. Sans cette étape, aucun devis n’a de sens.
- PréconisationsLes solutions envisageables sont présentées avec leurs limites — y compris quand l’action la plus efficace consiste à maintenir un chauffage hors gel et une ventilation permanente pendant la fermeture.
- Traitement, si nécessaireMise en œuvre après votre validation, puis remise en état une fois le support redevenu sec.
Les solutions, selon la cause identifiée
Chaque prestation correspond à une page détaillée du site. Le choix vient après le diagnostic, jamais avant.
Où nous intervenons en Charente-Maritime
Les 462 communes du département sont couvertes par notre agence Bordeaux, du Marais poitevin à l’estuaire de la Gironde, îles comprises. La Charente-Maritime ne dispose pas encore de pages commune par commune comme l’Île-de-France : les villes ci-dessous situent nos secteurs d’intervention, et le formulaire reste le plus simple pour nous décrire votre situation.
462 communes, 5 arrondissements · tout le département est couvert — voir toutes nos zones d’intervention
La Rochelle, Aytré, Périgny, Lagord, Puilboreau, Châtelaillon-Plage, Surgères, Dompierre-sur-Mer, Nieul-sur-Mer, Sainte-Soulle, Aigrefeuille-d’Aunis, Marans, Angoulins, Salles-sur-Mer, Vérines.
Rochefort, Tonnay-Charente, Fouras, Échillais, Bourcefranc-le-Chapus, Soubise, Saint-Agnant, Marennes-Hiers-Brouage, Saint-Laurent-de-la-Prée, Port-des-Barques, Yves, Trizay, Cabariot, Muron.
Saintes, Chaniers, Gémozac, Saint-Georges-des-Coteaux, Cozes, Corme-Royal, Pont-l’Abbé-d’Arnoult, Pons, Saint-Jean-d’Angély, Jonzac, Montendre, Saint-Savinien, Saint-Aigulin, Montguyon, Mirambeau, Archiac.
Royan, Saujon, Saint-Georges-de-Didonne, La Tremblade, Vaux-sur-Mer, Saint-Palais-sur-Mer, Saint-Sulpice-de-Royan, Meschers-sur-Gironde, Breuillet.
Saint-Pierre-d’Oléron, Le Château-d’Oléron, Saint-Georges-d’Oléron, Dolus-d’Oléron, Saint-Trojan-les-Bains, Le Grand-Village-Plage, Saint-Denis-d’Oléron, Sainte-Marie-de-Ré, La Flotte, Saint-Martin-de-Ré, Rivedoux-Plage, Le Bois-Plage-en-Ré, La Couarde-sur-Mer, Ars-en-Ré, Loix, Les Portes-en-Ré, Île-d’Aix.
Décrivez-nous ce que vous constatez : nous convenons d’un passage pour mesurer et chercher la cause sur place.
Notre façon de travailler
Quatre engagements simples, qui expliquent pourquoi nous commençons toujours par une visite.
Ce qu’on nous demande en Charente-Maritime
Ma maison de vacances sent le renfermé à chaque retour. Est-ce de l’humidité dans les murs ?
Pas nécessairement, et c’est un point qui change tout. Avec 22,2 % de résidences secondaires — 102 368 logements — le département compte une population de bâtiments fermés six à huit mois par an. Sans chauffage ni ventilation, la vapeur produite pendant les séjours se dépose sur des parois froides et ne repart plus ; les textiles piquent, les angles noircissent, l’odeur s’installe. C’est une condensation d’inoccupation, pas une remontée capillaire. Elle se règle par un chauffage hors gel et une ventilation maintenue, pas par un traitement de maçonnerie — et le diagnostic doit trancher entre les deux avant de dépenser quoi que ce soit.
J’habite en zone de marais. Est-ce que je peux vraiment assécher mon mur ?
On ne fait pas baisser une nappe de marais, et il faut le dire clairement. Sous les 110 000 hectares de marais du département — 15 % de sa surface — le bri, une argile fluvio-marine très plastique, reste gorgé d’eau en permanence. Ce qu’on peut faire, en revanche, est réel : drainer le pied de façade pour supprimer la stagnation, ventiler le vide sanitaire ou la cave pour que le niveau bas sèche entre deux épisodes, traiter la maçonnerie pour qu’elle cesse d’absorber, et retirer un revêtement étanche qui bloque l’évaporation. C’est la combinaison de ces gestes qui donne un résultat durable, pas un produit unique.
Un dépôt blanc revient sans arrêt sur mon mur. Pourquoi le brossage ne suffit-il pas ?
Parce que le dépôt n’est pas le problème : c’est la trace d’un transfert d’eau qui continue. L’eau du sol transporte des sels, s’évapore en surface et les laisse derrière elle. Ici s’ajoute une spécificité littorale : la masse d’eau des calcaires du Jurassique supérieur de l’Aunis figure parmi les vingt-deux masses d’eau les plus touchées par la salinisation en France, entre héritage marin ancien et biseau salé récent. Tant que l’eau monte, les sels reviennent — et ils font éclater enduits et peintures de l’intérieur. Le CAUE 17 relie d’ailleurs explicitement le salpêtre à la stagnation d’eau en pied de façade.
Ma maison a été inondée par la mer. Les murs sécheront-ils tout seuls ?
Ils sécheront, mais les sels resteront. C’est la différence essentielle entre une inondation d’eau douce et une submersion marine : l’eau part, les chlorures qu’elle a apportés demeurent dans la maçonnerie et continuent d’attirer l’humidité de l’air. Après Xynthia, dans la nuit du 27 au 28 février 2010, 22 000 hectares du département ont été submergés selon le rapport du Sénat, et les sols sont restés salés pendant des années. Sur un bâtiment concerné, le diagnostic doit établir la nature et la profondeur des sels avant de décider d’un traitement, et surtout avant de refermer le mur avec un enduit ou un doublage.
Puis-je faire enduire ma façade au ciment ?
Le CAUE de la Charente-Maritime répond directement dans son guide du Pays Rochefortais : « les enduits au ciment et les peintures en résine plastique sont à éviter : ils engendrent rapidement des désordres sur les parois intérieures et dans les doublages, par l’humidité qu’ils bloquent dans le mur ». Le bâti local est fait de moellons calcaires montés au mortier de chaux et de sable, avec des enduits de chaux grasse, précisément pour garder « une certaine perméabilité à l’air, permettant une bonne tenue à l’humidité, et par conséquent au salpêtre ». Refermer ce mur ne supprime pas l’eau : cela la déplace vers l’intérieur et vers le haut.
Comment distinguer une remontée capillaire d’une infiltration ?
Trois indices se lisent avant toute mesure. La remontée part du sol et sa limite supérieure ondule, jamais rectiligne ; elle laisse un dépôt blanc qui revient après nettoyage ; elle est présente été comme hiver, avec un maximum en saison humide. L’infiltration, elle, apparaît ou s’aggrave après un épisode pluvieux précis — ici typiquement un coup de vent d’ouest —, se localise près d’un appui de fenêtre, d’une jonction ou d’une descente d’eau, et se limite à une face du mur. La mesure tranche : dans un cas le taux d’humidité décroît régulièrement en montant, dans l’autre il est maximal au point d’entrée puis diminue autour.
Il ne pleut pas tant que ça à La Rochelle. Pourquoi mon mur reste-t-il humide ?
Parce que le cumul n’est pas le bon indicateur. La station de La Rochelle relève 754,4 mm par an — un chiffre modeste — mais répartis sur 114,1 jours, avec un climat océanique doux, une faible amplitude thermique et une hygrométrie de l’air rarement basse. Beaucoup de pluies fines et fréquentes, et un air qui n’assèche pas : les maçonneries y sèchent nettement plus lentement qu’ailleurs à cumul égal. Un défaut mineur — une gouttière percée, un pied de façade qui ne draine plus — suffit alors à maintenir un mur chargé toute l’année.
Mon logement est récent et j’ai des moisissures. Est-ce normal ?
Ce n’est pas normal, mais ce n’est presque jamais un défaut d’étanchéité. Près de quatre logements sur dix du département ont été achevés après 1991, dont 65 009 depuis 2006. Ces constructions sont très bien fermées : l’eau extérieure n’entre pas. En revanche, la vapeur produite à l’intérieur doit sortir, et c’est le rôle de la ventilation. Dans un logement occupé quelques semaines par an, une VMC coupée au compteur pendant l’hiver suffit à créer un désordre que rien d’extérieur n’explique. La réponse passe par l’air, pas par un traitement de maçonnerie.
Aller plus loin
Remontées capillairesTraiter un mur ancien monté sans arase étanche
Humidité des caves et sous-solsTraiter un niveau bas en contact avec l’eau du sol
Ventilation par insufflationRenouveler l’air, y compris hors saison
Zones d’interventionL’ensemble des territoires couverts par KM Humidité
Nous contacterDemander un diagnostic en Charente-Maritime
Conséquences sur le bâtimentCe qu’un mur humide finit par abîmer
Conséquences sur la santéPourquoi l’humidité ne se limite pas à un problème esthétique
- INSEE — Logement en 2023, département de la Charente-Maritime : parc de logements, résidences secondaires, part des maisons et des appartements, périodes d’achèvement, statut d’occupation.
- DDTM de la Charente-Maritime — Les marais rétro-littoraux en Charente-Maritime : 110 000 hectares de marais soit 15 % du département, 95 000 ha de marais doux, 80 000 ha desséchés, six grands ensembles.
- Communauté d’agglomération Rochefort Océan — Le marais de Brouage : environ 13 000 hectares et 1 600 km de canaux et fossés aménagés.
- BRGM et OFB — Salinisation des masses d’eau souterraine (RP-60186-FR) : la masse d’eau des calcaires et marnes du Jurassique supérieur de l’Aunis parmi les vingt-deux les plus touchées, salinisation ancienne et biseau salé.
- Sénat — Rapport de la mission commune d’information sur les conséquences de la tempête Xynthia : 12 morts en Charente-Maritime, 22 000 hectares submergés, 120 km de digues à reconstruire dans le département.
- Préfecture de la Charente-Maritime — PPRN littoral Nord du département, note de présentation : niveau marin d’environ 2,80 m NGF à La Rochelle le 28 février 2010, environ 13 000 personnes exposées dans le secteur de l’agglomération.
- Département de la Charente-Maritime — Plan digues : 463 km de linéaire côtier, objectif de protection au niveau Xynthia + 20 cm.
- CAUE de la Charente-Maritime — Guide architectural et paysager du Pays Rochefortais : moellons de calcaire local, mortiers de chaux aérienne « pour laisser le mur respirer », mise en garde contre les enduits au ciment et les peintures en résine plastique, tuile canal à 25-30 % de pente.
- CAUE de la Charente-Maritime — Bien restaurer nos maisons saintongeaises : enduits de chaux grasse et de sable non tamisé, perméabilité à l’air et tenue au salpêtre, drainage des pieds de façades.
- Météo-France — Fiche climatologique de la station de La Rochelle – Île de Ré (17), normales 1991-2020 : 754,4 mm de précipitations annuelles réparties sur 114,1 jours, 13,5 °C de moyenne, 2 303 heures d’ensoleillement.
Faisons le point sur votre mur
Un bas de mur qui blanchit, un plancher bas qui reste frais, une maison qui sent le renfermé à chaque retour, un enduit qui se décolle : décrivez-nous ce que vous voyez. Nous venons mesurer et chercher la cause — le devis ne vient qu’après.
Agence Bordeaux · Charente-Maritime, 462 communes couvertes · Lundi au samedi, 8h – 20h
