Dordogne · 24 · Agence Bordeaux

8 697 cavités sous le Périgord, et des murs qu’il faut trois étés pour sécher

C’est le département le plus creusé que nous couvrions : près de neuf communes sur dix ont une cavité recensée sous leurs pieds, et l’eau y voyage vite dans le calcaire. Au-dessus, un bâti de pierre très ancien — 18,6 % des logements sont antérieurs à 1919 — avec des murs épais et des toitures de lauzes pesant jusqu’à 800 kg au mètre carré.

  • 503 communes couvertes
  • Mesures sur place
  • Devis après diagnostic
Technicien de KM Humidité inspectant un mur humide avec un appareil de mesure dans une maison
8 697cavités souterraines recensées en Dordogne, sur 488 communes

L’essentiel, en quatre points

Ce qui change quand on diagnostique une humidité en Dordogne plutôt qu’ailleurs.

Le sous-sol le plus creusé que nous couvrions

8 697 cavités souterraines recensées par le BRGM, sur 488 communes — dont 7 482 cavités naturelles, soit 87 % du total. Le département est fait pour deux tiers de calcaires très karstiques, générant ce que le BRGM appelle des « transferts souterrains rapides ». L’eau qui atteint votre mur a souvent voyagé.

Des murs épais, qui sèchent en étés, pas en semaines

Le CAUE de la Dordogne l’écrit noir sur blanc : « lorsqu’un mur présente des problèmes d’humidité, il faut en premier lieu traiter la cause et attendre que le mur s’assainisse avant d’isoler (1 à 3 étés de séchage) ». Avec 18,6 % du parc antérieur à 1919 et des maçonneries de cinquante centimètres portant des lauzes, ce délai n’est pas théorique.

Des argiles parmi les plus gonflantes de France

29 formations argileuses recensées, dont des altérites contenant plus de 90 % de smectites. Plus de 7 % du territoire est en aléa fort de retrait-gonflement et plus de 26 % en aléa moyen. Entre 1989 et 1998, 354 communes sur les 557 que comptait alors le département ont été déclarées sinistrées — un taux de sinistralité supérieur à 63 %, qui plaçait la Dordogne au huitième rang national hors Île-de-France.

Aucun chiffrage avant la visite

Nous ne vendons pas de traitement par téléphone. Relevés d’humidité, températures de paroi, examen du terrain, des descentes d’eau et des parties enterrées se font sur place — et c’est seulement ensuite qu’une préconisation chiffrée a un sens.

Le département en données publiques

Ce que la Dordogne a de particulier

Ces chiffres ne décrivent pas votre logement. Ils décrivent le type de bâti dominant, son âge et le terrain sur lequel il repose — trois éléments qui déterminent par quelle hypothèse un technicien commence.

8 697cavités souterraines recensées, sur 488 communes (BRGM)
18,6 %des résidences principales achevées avant 1919 (INSEE, RP 2023)
83,9 %de maisons individuelles, contre 15,3 % d’appartements (INSEE, RP 2023)
33 %du territoire en aléa moyen à fort de retrait-gonflement des argiles (BRGM)
Point de départ

Que voyez-vous chez vous ?

Chaque signe ouvre une piste. Aucun ne suffit à conclure — mais il indique par où commencer, et ce qu’il faudra mesurer pour trancher.

Ces cartes aident à observer, elles ne diagnostiquent pas. Le dernier cas est le seul qui ne relève pas de nous : un effondrement de terrain doit être signalé au maire. Nous intervenons sur l’eau, pas sur la stabilité du sous-sol — mais les deux se croisent souvent, et nous vous dirons lequel des deux vous regardez.
Le parc de logements

Plus d’un logement sur quatre est antérieur à 1946

26,8 % du parc, et 18,6 % pour la seule période d’avant 1919. S’ajoutent 14,4 % de résidences secondaires et 9,7 % de logements vacants : beaucoup de bâtiments peu chauffés, peu ventilés, et qui se dégradent d’autant plus vite.

Résidences principales de la Dordogne par période d’achèvement — INSEE, recensement 2023 (base : 200 128 logements achevés avant 2021)
Période d’achèvement Résidences principales Part du parc
Avant 1919 37 184 18,6 %
1919 – 1945 16 470 8,2 %
1946 – 1970 33 834 16,9 %
1971 – 1990 52 490 26,2 %
1991 – 2005 29 354 14,7 %
2006 – 2020 30 798 15,4 %

Trois familles de bâti, trois façons de prendre l’eau

  • Avant 1946 — 53 654 logements, 26,8 % : le bâti périgourdin. Pierre calcaire locale, murs très épais, mortier et enduits à la chaux, tuile canal au sud, lauze calcaire dans le Sarladais. Une toiture de lauzes pèse 600 à 800 kg au mètre carré, avec des pentes de 45 à 55° et une maçonnerie d’appui d’au moins cinquante centimètres. Ces murs stockent l’humidité en hiver et la restituent en été — c’est leur fonctionnement normal, à condition qu’on ne les enferme pas.
  • 1946 – 1990 — 86 324 logements, 43,1 % : la période pavillonnaire, avec un pic entre 1971 et 1990. Sous-sols partiels, garages semi-enterrés, vides sanitaires, isolation partielle, ponts thermiques en about de plancher. Les désordres s’y partagent entre humidité de partie basse et condensation.
  • Après 1991 — 60 152 logements, 30,1 % : près d’un tiers du parc, dont 30 798 achevés à partir de 2006. Enveloppe étanche, ventilation mécanique indispensable. Dans un département où le taux de résidences secondaires atteint 14,4 %, une VMC coupée pendant six mois suffit à créer un désordre que rien d’extérieur n’explique.
Le CAUE de la Dordogne résume le principe applicable à tout le bâti ancien du département : « des matériaux peu perméables voire hydrofuges (ex : ciment), ne peuvent pas absorber et stocker l’humidité ambiante », à l’inverse des matériaux à bonne capacité hygroscopique comme la brique ou l’enduit de terre crue, qui restituent l’humidité qu’ils ont absorbée. Et il ajoute : « dans une maison ancienne, la fraîcheur est due autant à la masse des murs épais qu’à leur capacité à stocker l’humidité en hiver pour la restituer en été ».
Géologie et hydrogéologie

Huit mille six cent quatre-vingt-dix-sept cavités sous le Périgord

Aucun autre département que nous couvrons n’en compte autant. Ce n’est pas une anecdote touristique : c’est ce qui explique comment l’eau circule ici, et pourquoi elle arrive parfois là où on ne l’attend pas.

L’inventaire départemental du BRGM recense 8 697 cavités souterraines en Dordogne, réparties sur 488 communes — près de neuf sur dix. La répartition est éloquente : 7 482 cavités naturelles, soit 87 % du total, 984 ouvrages civils et environ deux cents carrières souterraines. Dix communes dépassent cinq cavités au kilomètre carré, et soixante-six en comptent entre deux et cinq.

La raison tient à la roche. Le département est constitué pour environ deux tiers de calcaires, du Bathonien au Santonien — soit de −160 à −85 millions d’années. Les calcaires et dolomies du Jurassique moyen atteignent 200 à 700 mètres d’épaisseur ; ceux du Crétacé, quarante à cent mètres. Le BRGM décrit un ensemble « très karstique » générant des transferts souterrains rapides, et souligne la vulnérabilité qui en découle pour les nappes.

Pour un mur, cela veut dire une chose précise : l’eau ne met pas des semaines à arriver, elle met des heures. Un niveau bas peut se charger après un épisode pluvieux tombé à plusieurs kilomètres, sans qu’aucune fuite ni aucun défaut de la maison ne soit en cause. À l’inverse, le retour à la normale est lent. C’est ce décalage — réaction rapide, séchage lent — qui signe une circulation karstique.

Le relief accentue le phénomène. La Dordogne descend de près de 500 mètres au nord-est à 50 mètres dans les basses vallées, avec un socle cristallin dans le Nontronnais, des causses jurassiques à dolines au centre, des calcaires crétacés en Ribéracois et Sarladais, et des dépôts silico-gréseux dans la Double et le Bergeracois. Les vallées de la Dordogne, de l’Isle, de la Vézère et de la Dronne y ont creusé des terrasses alluviales de 1 à 5 mètres d’épaisseur, où la nappe est sub-affleurante : c’est le contexte classique des remontées capillaires dans les bourgs de fond de vallée.

Reste l’argile. Le BRGM a identifié 29 formations argileuses et marneuses dans le département. Certaines sont redoutables : les altérites sur calcaires crétacés contiennent plus de 90 % de smectites, les argiles les plus gonflantes qui soient, et la formation de Biron affiche 40 à 50 % d’argiles gonflantes contre 30 % en moyenne. Plus de 7 % du territoire est en aléa fort de retrait-gonflement et plus de 26 % en aléa moyen ; l’aléa fort couvre la majorité du territoire de 55 communes, dans une bande allant de la Vézère à Ribérac. Entre 1989 et 1998, 354 communes sur les 557 que comptait alors le département ont été déclarées sinistrées — un taux de sinistralité supérieur à 63 % et plus de 700 arrêtés au Journal officiel, qui plaçaient la Dordogne au huitième rang national pour la sinistralité, hors région parisienne.

Il tombe 818,1 mm de pluie par an à Bergerac, répartis sur 117,1 jours — près d’un jour sur trois, et davantage encore entre octobre et mars. Un mur de cinquante centimètres monté en pierre n’a pas la même inertie qu’une cloison : il se charge lentement, et il sèche encore plus lentement. C’est ce qui rend le calendrier des travaux aussi important que leur nature.
Coupe schématique du Périgord : plateau calcaire à dolines, falaise et abri sous roche, vallée alluviale Coupe du plateau vers la vallée. Sous une couverture d’altérites et d’argiles à silex, le calcaire crétacé puis jurassique est creusé de galeries. À gauche, une maison de plateau à toiture de lauzes sur des murs épais. Au centre, une doline avale les eaux de surface et alimente le réseau karstique. À droite, une falaise avec un abri sous roche et une résurgence à son pied, puis la vallée de la Dordogne et ses alluvions où la nappe est proche de la surface. Un plateau de calcaire, des vides, et des murs épais Toiture de lauzes : 600 à 800 kg/m² sur des murs de 50 cm Doline — l’eau part dans le calcaire Altérites et argiles à silex Calcaire du Crétacé Réseau karstique Calcaire du Jurassique Abri sous roche Résurgence Alluvions de la vallée
  • Remontée capillaire
  • Circulations karstiques et nappe alluviale
  • Infiltrations et abords
  • Dolines et cavités

Coupe schématique, sans échelle. Elle montre pourquoi, en Périgord, l’eau qui atteint un mur a souvent voyagé : elle est entrée par une doline du plateau et ressort au pied de la falaise, plusieurs kilomètres plus loin.

Profils de territoire

Quatre Périgord, quatre points de départ

503 communes réparties sur quatre arrondissements — c’est le troisième département de France par la superficie. Entre les grès du Nontronnais, les calcaires du Sarladais, les terrasses de la Dordogne et les coteaux du Bergeracois, le sol, l’âge du bâti et le chemin que prend l’eau changent complètement d’un secteur à l’autre.

Le Périgord blanc — Périgueux et la vallée de l’IslePérigueux, Boulazac Isle Manoire, Coulounieix-Chamiers, Chancelade, Trélissac, Marsac-sur-l’Isle, Notre-Dame-de-Sanilhac, Saint-Astier, Neuvic, Mussidan, Saint-Léon-sur-l’Isle. Calcaires du Crétacé et alluvions de l’Isle, caves et sous-sols nombreux dans le bâti ancien de faubourg. La nappe alluviale et le karst se rejoignent ici : un niveau bas peut réagir à la pluie comme à la rivière.
Le Périgord noir — Sarlat, la Dordogne et la VézèreSarlat-la-Canéda, Terrasson-Lavilledieu, Montignac-Lascaux, Le Bugue, Saint-Cyprien, Belvès, Domme, Beynac-et-Cazenac, Carsac-Aillac, Salignac-Eyvigues, Les Eyzies. Le secteur le plus karstique et le plus patrimonial : murs de pierre blonde de cinquante centimètres, toitures de lauzes, abris sous roche et résurgences. C’est aussi là que les résidences secondaires sont les plus nombreuses.
Le Périgord pourpre — Bergerac et les coteauxBergerac, Creysse, Prigonrieux, Lembras, Saint-Laurent-des-Vignes, Gardonne, La Force, Sainte-Foy-de-Longas, Lalinde, Beaumontois en Périgord, Eymet, Issigeac, Sigoulès-et-Flaubelèches. Molasses et argiles sur les coteaux, alluvions dans la vallée : c’est le secteur où le retrait-gonflement des argiles se manifeste le plus, avec des fissures qui accompagnent souvent les désordres d’humidité sans en être la cause.
Le Périgord vert — Nontron, Ribérac et le nordNontron, Thiviers, Ribérac, Brantôme en Périgord, Saint-Pardoux-la-Rivière, Excideuil, Hautefort, Champagnac-de-Belair, Mareuil en Périgord, Verteillac, Montagrier. Aux confins du Limousin : sols plus lourds, relief plus marqué, pluviométrie plus forte, habitat rural dispersé. Ici, le terrain autour de la maison et l’évacuation des eaux comptent souvent davantage que le mur lui-même.
Ne pas confondre

Symptôme, cause probable, vérification

Ces tableaux ne remplacent pas un diagnostic. Ils montrent ce qu’un technicien cherche à confirmer ou à écarter en arrivant chez vous, et dans quel ordre.

Lecture des signes visibles et contrôles associés
Ce que vous observez Causes les plus probables Ce que l’on vérifie
Frange humide en pied de mur, limite ondulée, joint qui se sable Remontée capillaire dans une maçonnerie de pierre sans arase étanche Gradient d’humidité sur la hauteur du mur, présence de sels, nature de la pierre et du mortier
Cave qui se charge en un ou deux jours après une pluie, parfois tombée ailleurs Transfert karstique rapide dans le calcaire Position par rapport aux pertes, dolines et vallées sèches, délai de réaction, durée du retour à la normale
Niveau bas humide toute l’année, sans lien avec la météo Eau du sol retenue en permanence contre la paroi enterrée Pente du terrain, drainage périphérique, ventilation du niveau bas, hauteur des traces
Odeur et taches derrière un doublage posé il y a quelques années Isolation appliquée sur un mur qui n’avait pas fini de sécher Humidité du support en profondeur, présence d’un pare-vapeur, état de l’isolant à l’interface
Enduit qui cloque, sonne creux ou se détache par plaques Revêtement au ciment posé sur une maçonnerie de chaux Composition de l’enduit d’origine, zones de rétention d’eau derrière le revêtement, hauteur du décollement
Moisissures dans un logement fermé plusieurs mois Condensation faute de renouvellement d’air et de chauffage Fonctionnement de la ventilation, températures de paroi, hygrométrie, historique d’occupation
Tache qui apparaît après les fortes pluies, sur une seule face Infiltration de façade ou défaut d’évacuation des eaux pluviales Enduit, joints, appuis de fenêtre, gouttières, descentes, regards et rejets
Dépression fermée dans un terrain, ou affaissement soudain Doline, gouffre ou ancienne carrière souterraine Écoulements de surface, fuites de réseau, historique de la parcelle — et signalement en mairie
Comparatif des cinq mécanismes rencontrés dans le département
Mécanisme Où cela apparaît Origine de l’eau Contrôle déterminant
Remontée capillaire Bas de murs du bâti ancien — plus d’un logement sur quatre Eau du sol aspirée par la porosité de la pierre et du mortier de chaux Profil d’humidité décroissant vers le haut, sels en surface, permanence sur l’année
Transfert karstique Caves, celliers et niveaux bas des secteurs calcaires Eau infiltrée parfois à plusieurs kilomètres, circulant dans les conduits du calcaire Rapidité de la réaction à la pluie, lenteur du retour à la normale, absence de corrélation locale
Humidité de partie enterrée Caves, sous-sols, garages semi-enterrés, vides sanitaires Eau du sol retenue contre la paroi faute de drainage Pente des abords, position dans le versant, saisonnalité lente
Infiltration Façade exposée, appuis, jonctions, pied de mur et abords Pluie battante ou eau pluviale mal évacuée Corrélation directe avec les épisodes pluvieux, état des évacuations
Condensation Angles, pourtours de fenêtres, parois froides, logements peu occupés Vapeur produite à l’intérieur, qui se dépose faute de sortie Écart entre température de paroi et point de rosée, débits d’air, occupation réelle
Un mur de pierre qui reste humide malgré les travaux ?

En Périgord, c’est souvent une question de délai autant que de traitement : un mur épais ne sèche pas en une saison. Encore faut-il savoir ce qui l’alimente. Cela se mesure sur place.

Maison, terrain, abords

Sur une maison, la cause est souvent dehors

Quand 83,9 % des logements sont des maisons et que 69,3 % des ménages en sont propriétaires, l’enquête ne s’arrête pas au mur qui porte la tache. Elle commence par le terrain qui l’entoure — et en Dordogne, ce terrain communique très souvent avec un sous-sol creusé.

Ce que nous regardons à l’extérieur

  • Les gouttières, descentes d’eau pluviale et regards : sur une toiture de lauzes ou de tuile canal, les volumes collectés sont importants, et une descente qui se déverse au pied du mur sature une pierre calcaire en quelques épisodes.
  • Le niveau du sol extérieur par rapport au plancher bas : une cour, une terrasse ou un enrobé refaits plus haut que l’ancien seuil transforment un mur de façade en mur contre terre.
  • La pente du terrain et la position dans le versant : dans les vallées de l’Isle, de la Dordogne et de la Vézère, les maisons de pied de coteau reçoivent l’eau qui descend du plateau calcaire.
  • Les puits perdus, rejets d’assainissement et trop-pleins : dans un secteur karstique, ils envoient l’eau directement dans le réseau souterrain — parfois vers votre propre niveau bas, parfois vers celui du voisin.
  • Les soupiraux, aérations de vide sanitaire et grilles de cave, souvent obturés lors d’une rénovation alors qu’ils assuraient le séchage du niveau bas.
  • L’état des joints et de l’enduit : sur un mur de cinquante centimètres, un joint creusé laisse entrer la pluie battante bien plus que la pierre elle-même ne l’absorbe.

Ce que nous regardons à l’intérieur

  • Le niveau enterré en premier : cave, cellier, souterrain, garage, buanderie — hauteur des traces, sels, condensation sur les canalisations, odeur.
  • La nature réelle du mur derrière le revêtement, et si un enduit ciment, une peinture filmogène ou un doublage a été posé sur une maçonnerie qui devait respirer.
  • L’état du doublage quand il y en a un : c’est la première chose que nous sondons dans une maison rénovée depuis moins de quinze ans.
  • La ventilation du logement, y compris dans une maison ancienne où elle repose souvent sur des entrées d’air devenues invisibles — et dans une résidence secondaire, le régime réel d’occupation et de chauffage.
Si vous êtes en appartement ou en copropriété — 15,3 % des logements du département, principalement à Périgueux, Bergerac et Sarlat-la-Canéda — la logique est la même, mais la frontière compte : ventilation intérieure et revêtements relèvent en général du lot privatif, façades, toiture, caves et colonnes de VMC des parties communes. Nous ne tranchons pas cette question juridique ; nous établissons d’où vient l’eau, avec des mesures et des photos datées.
Notre méthode

Comment nous procédons

Sept étapes, toujours dans cet ordre. Le chiffrage arrive en dernier, une fois la cause établie.

  1. Premier échangeVous décrivez ce que vous voyez, depuis quand, dans quelles pièces et à quelle saison. Nous notons la commune, l’année de construction, la nature du mur, la présence d’une cave et le mode d’occupation du logement.
  2. Inspection sur placeLe logement, mais aussi ce qui l’entoure : façades et pignons, pied de mur, cave ou souterrain, terrain et sa pente, gouttières, descentes et regards, soupiraux, rejets d’eau.
  3. MesuresRelevés d’humidité sur plusieurs points et plusieurs hauteurs, conditions d’ambiance, températures de paroi et débits de ventilation. C’est ce qui départage une eau venue du sol d’une vapeur produite à l’intérieur.
  4. Recherche de la causeLes hypothèses sont écartées une à une : remontée capillaire, transfert karstique, eau retenue contre une paroi enterrée, infiltration, condensation, humidité enfermée par un doublage.
  5. Diagnostic remisCe qui a été mesuré, ce qui est retenu comme cause, ce qui reste à surveiller, et si l’origine se trouve dans le logement ou en dehors. Sans cette étape, aucun devis n’a de sens.
  6. PréconisationsLes solutions envisageables sont présentées avec leurs limites — y compris quand la bonne décision consiste à reprendre une descente d’eau pluviale, ou simplement à laisser le mur sécher une saison de plus avant d’isoler.
  7. Traitement, si nécessaireMise en œuvre après votre validation, puis remise en état une fois le support redevenu sec et mesuré comme tel.
Nos prestations

Les solutions, selon la cause identifiée

Chaque prestation correspond à une page détaillée du site. Le choix vient après le diagnostic, jamais avant.

Traitement des remontées capillairesRétablir une barrière contre l’eau du sol dans une maçonnerie qui n’en a jamais eu — pierre calcaire, moellon, mortier de chaux.
Humidité des caves et sous-solsTraiter un niveau enterré en contact avec l’eau du sol : cave, cellier, souterrain, garage semi-enterré, vide sanitaire.
Infiltrations latéralesCas des murs qui reçoivent l’eau par le côté, contre un talus ou un terrain en pente — fréquent en pied de coteau dans les vallées périgourdines.
Infiltration des eaux dans les mursReprendre le point d’entrée quand l’eau vient de l’extérieur et que la trace suit les épisodes pluvieux.
Traitement de l’humidité des façadesAgir sur l’enveloppe extérieure, joints compris, en respectant ce que l’enduit à la chaux était censé faire : laisser le mur sécher.
Condensation et buéeComprendre pourquoi la vapeur produite à l’intérieur ne sort plus — y compris dans une maison rouverte après plusieurs mois de fermeture.
Ventilation mécanique par insufflationRenouveler l’air quand la ventilation existante ne suffit plus à évacuer l’humidité produite au quotidien.
Champignons et moisissuresAssainir les supports atteints une fois la cause traitée — dans cet ordre, sans quoi la reprise est certaine.
Déshumidification professionnelleAbaisser le taux d’humidité d’un volume pendant la phase de séchage, en complément du traitement de la cause.
Ce que nous ne faisons pasChiffrer un traitement sans être venus mesurer. Enduire, doubler ou repeindre un mur encore humide. Refermer une maçonnerie de chaux avec un revêtement imperméable. Sonder, combler ou expertiser une doline, un gouffre ou une carrière souterraine : cela relève d’un géotechnicien, et tout effondrement doit d’abord être signalé en mairie.
Couverture départementale

Où nous intervenons en Dordogne

Les 503 communes du département sont couvertes par notre agence Bordeaux, de Terrasson-Lavilledieu à Eymet. La Dordogne ne dispose pas encore de pages commune par commune comme l’Île-de-France : les villes ci-dessous situent nos secteurs d’intervention, et le formulaire reste le plus simple pour nous décrire votre situation.

503 communes, 4 arrondissements · tout le département est couvertvoir toutes nos zones d’intervention

Périgueux et la vallée de l’Isle

Périgueux, Boulazac Isle Manoire, Coulounieix-Chamiers, Chancelade, Trélissac, Marsac-sur-l’Isle, Notre-Dame-de-Sanilhac, Champcevinel, Antonne-et-Trigonant, Razac-sur-l’Isle, Saint-Astier, Neuvic, Mussidan, Saint-Léon-sur-l’Isle, Annesse-et-Beaulieu, Sanilhac, Bassillac et Auberoche.

Bergerac et le Périgord pourpre

Bergerac, Creysse, Prigonrieux, Lembras, Saint-Laurent-des-Vignes, Gardonne, La Force, Lalinde, Beaumontois en Périgord, Eymet, Issigeac, Sigoulès-et-Flaubelèches, Le Fleix, Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt, Vélines, Saint-Pierre-d’Eyraud, Mouleydier, Couze-et-Saint-Front.

Sarlat et le Périgord noir

Sarlat-la-Canéda, Terrasson-Lavilledieu, Montignac-Lascaux, Le Bugue, Saint-Cyprien, Belvès, Domme, Beynac-et-Cazenac, Carsac-Aillac, Salignac-Eyvigues, Les Eyzies, Saint-Julien-de-Lampon, Castelnaud-la-Chapelle, Vitrac, La Roque-Gageac, Cénac-et-Saint-Julien, Le Buisson-de-Cadouin, Villefranche-du-Périgord.

Nontron, Thiviers et le Périgord vert

Nontron, Thiviers, Brantôme en Périgord, Saint-Pardoux-la-Rivière, Excideuil, Hautefort, Champagnac-de-Belair, Mareuil en Périgord, Jumilhac-le-Grand, Saint-Jean-de-Côle, Lanouaille, Payzac, Sarlande, Milhac-de-Nontron, Piégut-Pluviers.

Ribérac, le Verteillacois et la Double

Ribérac, Verteillac, Montagrier, Tocane-Saint-Apre, Saint-Aulaye-Puymangou, La Roche-Chalais, Montpon-Ménestérol, Saint-Méard-de-Gurçon, Villamblard, Saint-Privat-en-Périgord, Saint-Vincent-de-Connezac.

Votre commune est en Dordogne ? Parlons de votre problème.

Décrivez-nous ce que vous constatez : nous convenons d’un passage pour mesurer et chercher la cause sur place.

Ce sur quoi vous pouvez compter

Notre façon de travailler

Quatre engagements simples, qui expliquent pourquoi nous commençons toujours par une visite.

La cause avant le traitementNous n’appliquons pas un produit sur un symptôme. Les hypothèses sont écartées une à une jusqu’à isoler l’origine réelle de l’eau.
Le terrain autant que le murPente des abords, gouttières, descentes, regards, rejets d’eau et soupiraux sont examinés au même titre que la maçonnerie.
Des mesures, pas des impressionsHumidité du support, températures de paroi, hygrométrie et débits de ventilation : ce sont les chiffres qui départagent l’eau du sol et la vapeur intérieure.
Un rapport écrit et datéMesures, photos et conclusion : un document utilisable face à un assureur, un artisan, un syndic ou un futur acquéreur.
Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande en Dordogne

J’ai fait isoler mes murs il y a quelques années et ça sent le moisi derrière le doublage. Pourquoi ?

Parce que le mur n’avait probablement pas fini de sécher au moment des travaux. Le CAUE de la Dordogne pose la règle sans détour : « lorsqu’un mur présente des problèmes d’humidité, il faut en premier lieu traiter la cause et attendre que le mur s’assainisse avant d’isoler (1 à 3 étés de séchage) ». Une maçonnerie périgourdine de cinquante centimètres contient un volume d’eau considérable, et elle ne l’évacue que par sa surface. Si on referme cette surface avec un isolant et un pare-vapeur, l’eau reste à l’intérieur, se condense à l’interface et attaque l’isolant comme le support. Nous ouvrons un point de sondage et nous mesurons avant de conclure — la reprise consiste souvent à déposer, laisser sécher, mesurer, puis reposer autrement.

Ma cave s’est chargée alors qu’il n’a pas plu chez moi. Est-ce possible ?

En Périgord, c’est même fréquent. Le BRGM a recensé 8 697 cavités souterraines réparties sur 488 des 503 communes du département, dont 7 482 cavités naturelles — dolines, gouffres, pertes, réseaux. Dans un calcaire karstifié, l’eau ne s’infiltre pas lentement à travers le sol : elle est avalée en un point et circule dans des conduits, ce que le BRGM décrit comme des transferts souterrains rapides. Elle peut donc atteindre votre niveau bas en un ou deux jours depuis un secteur situé à plusieurs kilomètres. Le signe qui ne trompe pas, c’est le décalage entre une réaction très rapide et un retour à la normale très lent.

Puis-je faire enduire ma maison en pierre au ciment ?

C’est le geste qui aggrave le plus souvent la situation dans le bâti ancien du département. Le CAUE de la Dordogne l’explique : « des matériaux peu perméables voire hydrofuges (ex : ciment), ne peuvent pas absorber et stocker l’humidité ambiante », contrairement aux matériaux à bonne capacité hygroscopique, qui restituent ensuite l’humidité absorbée. Un mur périgourdin fonctionne exactement ainsi : il stocke l’eau en hiver et la relâche en été. Le fermer au ciment ne l’empêche pas de pomper l’eau du sol — cela l’empêche seulement de la rendre. La trace ne disparaît pas : elle monte d’un mètre, et l’enduit finit par se décoller par plaques.

Une cuvette s’est formée dans mon terrain. Que dois-je faire ?

Signalez-la en mairie sans attendre et tenez-vous à distance. Sur les 8 697 cavités recensées en Dordogne, 7 482 sont naturelles et 984 sont des ouvrages civils — souterrains-refuges, tunnels, galeries — auxquels s’ajoutent plus de deux cents carrières souterraines abandonnées. Une dépression fermée qui avale l’eau est le plus souvent une doline, c’est-à-dire un point d’entrée du réseau karstique. Ce n’est pas notre métier et nous ne sondons rien : l’expertise revient à un géotechnicien. En revanche, si une descente d’eau pluviale, un puits perdu ou une fuite de réseau alimente le phénomène, nous le verrons pendant le diagnostic et nous vous le dirons.

Mes murs fissurent et sont humides. Est-ce la même cause ?

Rarement, mais les deux se croisent souvent en Dordogne. Le BRGM a identifié 29 formations argileuses ou marneuses dans le département, dont des altérites contenant plus de 90 % de smectites — les argiles les plus gonflantes qui soient. Plus de 7 % du territoire est classé en aléa fort de retrait-gonflement et plus de 26 % en aléa moyen. Ces sols se rétractent en été et gonflent en hiver, ce qui fissure les maçonneries ; les fissures laissent ensuite entrer l’eau de pluie, qui produit une tache. L’humidité est alors la conséquence, pas la cause. Nous mesurons pour établir laquelle des deux vous regardez — et si le mouvement de terrain domine, c’est un géotechnicien qu’il faut, pas un traitement de mur.

Ma résidence secondaire sent le renfermé à chaque retour. Est-ce grave ?

C’est un motif d’appel classique ici : 14,4 % des logements du département sont des résidences secondaires, la proportion la plus forte de tous les territoires que nous couvrons. Un logement fermé plusieurs mois n’est ni chauffé ni renouvelé en air ; les parois refroidissent, l’humidité de l’air se dépose sur les surfaces les plus froides et les moisissures s’installent dans les angles et derrière les meubles. Neuf fois sur dix, aucune eau extérieure n’est en cause. La réponse passe par la ventilation et par un chauffage minimal hors gel, pas par un traitement de maçonnerie — et il faut le vérifier avant d’engager des travaux inutiles.

Combien de temps un mur de pierre met-il à sécher ?

Beaucoup plus longtemps qu’on ne l’imagine, et le climat local n’aide pas. La station de Bergerac relève 818,1 mm de précipitations annuelles réparties sur 117,1 jours (normales 1981-2010), soit près d’un jour sur trois : un mur épais n’a jamais plusieurs semaines consécutives pour se ressuyer entre octobre et mars. C’est pourquoi le CAUE parle d’un à trois étés, et non de mois. Concrètement, un mur qui a cessé d’être alimenté en eau perd son humidité de l’extérieur vers le cœur, très lentement. La seule façon de savoir où il en est, c’est de mesurer le taux d’humidité du support en profondeur, à plusieurs hauteurs, à plusieurs mois d’intervalle.

Comment distinguer une remontée capillaire d’une infiltration ?

Trois indices se lisent avant toute mesure. La remontée part du sol et sa limite supérieure ondule, jamais rectiligne ; elle laisse un dépôt blanc qui revient après nettoyage ; elle est présente été comme hiver, avec un maximum en saison humide. L’infiltration, elle, apparaît ou s’aggrave après un épisode pluvieux précis, se localise souvent près d’un appui de fenêtre, d’une jonction ou d’une descente d’eau, et se limite à une face du mur. La mesure tranche : dans un cas le taux d’humidité décroît régulièrement en montant, dans l’autre il est maximal au point d’entrée puis diminue autour. Avec 26,8 % du parc antérieur à 1946, la première hypothèse est la plus fréquente en Dordogne — mais elle se vérifie, elle ne se suppose pas.

Aller plus loin

Sources des données citées

Prochaine étape

Faisons le point sur votre mur

Un bas de mur de pierre qui se creuse, une cave qui réagit en deux jours, un doublage posé trop tôt, une maison rouverte après l’hiver : décrivez-nous ce que vous voyez. Nous venons mesurer et chercher la cause — le devis ne vient qu’après.

Agence Bordeaux · Dordogne, 503 communes couvertes · Lundi au samedi, 8h – 20h