Dans l’Eure, 509 communes sur 585 ont d’anciennes cavités sous leurs pieds
Près de 19 700 indices de cavités sont recensés dans le département — marnières, carrières, puits — creusés depuis l’époque gallo-romaine. Ils ne provoquent pas l’humidité, mais ils modifient la circulation de l’eau sous les maisons. Et au-dessus, un bâti de pan de bois et de silex qui ne supporte pas d’être mouillé en pied de mur.
- 585 communes couvertes
- Mesures sur place
- Devis après diagnostic

L’essentiel, en quatre points
Ce qui change quand on diagnostique une humidité dans l’Eure plutôt qu’ailleurs.
Les services de l’État en Normandie recensent environ 19 700 indices de cavités dans le département, et 509 communes sur 585 sont concernées. Ce sont surtout des marnières, creusées pour amender les terres. Elles se dégradent, précise la plaquette départementale, « surtout si elles sont exposées à des infiltrations d’eau » : ce qui les fragilise est exactement ce que nous cherchons.
Le bâti rural de l’Eure associe pan de bois et torchis sur soubassement, silex noir et blond, moellons, brique et grès. Le torchis est un matériau qui vit très bien tant qu’il ne touche pas l’eau — et qui se délite dès que le soubassement se charge. C’est pour cela qu’ici le diagnostic commence presque toujours par le bas du mur.
77,2 % des logements sont des maisons individuelles et 65,4 % des ménages sont propriétaires. Un rez-de-chaussée posé sur le terrain, souvent une cave ou un cellier, des abords à entretenir soi-même : l’eau venue du sol pèse beaucoup plus lourd ici que la condensation d’un logement collectif.
Nous ne vendons pas de traitement par téléphone. Les relevés d’humidité, les températures de paroi, l’examen du terrain, des descentes d’eau et des parties enterrées se font sur place — et c’est seulement ensuite qu’une préconisation chiffrée a un sens.
Ce que l’Eure a de particulier
Ces chiffres ne décrivent pas votre logement. Ils décrivent le type de bâti dominant, son âge et le terrain sur lequel il repose — trois éléments qui déterminent par quelle hypothèse un technicien commence.
Que voyez-vous chez vous ?
Chaque signe ouvre une piste. Aucun ne suffit à conclure — mais il indique par où commencer, et ce qu’il faudra mesurer pour trancher.
Une cave ou un cellier humide toute l’annéeLe sol reste frais, les murs perlent après un hiver pluvieux, l’air y sent le renfermé même en été.Eau du sol contre la paroi enterrée
Un enduit qui cloque sur un mur ancienIl sonne creux, s’effrite en plaques et laisse apparaître le silex ou le moellon — souvent là où un ciment a été posé sur une maçonnerie ancienne.Enduit imperméable sur mur qui doit respirer
Une tache après chaque gros orageElle apparaît sur la façade exposée au vent, près d’un appui de fenêtre ou au droit d’une descente d’eau pluviale.Infiltration de façade ou d’abords
Des moisissures dans un logement récentDans un angle, derrière un meuble, au pourtour des fenêtres, alors que la maison a moins de vingt ans ou vient d’être isolée.Condensation ou ventilation insuffisante
Un affaissement ou un trou dans le jardinUne dépression apparaît dans la pelouse ou l’allée, souvent après une période très pluvieuse ou une fuite de réseau.Cavité souterraine — à signaler en mairie
Le parc le plus récent que nous couvrons — et un tiers de bâti ancien
Près d’un logement sur trois de l’Eure a été achevé après 1991 : c’est la proportion la plus élevée de tous les départements que nous couvrons. Mais 14 % du parc est antérieur à 1919, et ces deux extrêmes n’ont rien à voir l’un avec l’autre au moment du diagnostic.
| Période d’achèvement | Résidences principales | Part du parc |
|---|---|---|
| Avant 1919 | 36 338 | 14,0 % |
| 1919 – 1945 | 17 511 | 6,7 % |
| 1946 – 1970 | 48 312 | 18,6 % |
| 1971 – 1990 | 79 143 | 30,4 % |
| 1991 – 2005 | 38 836 | 14,9 % |
| 2006 – 2020 | 40 196 | 15,4 % |
Trois familles de bâti, trois façons de prendre l’eau
- Avant 1946 — 53 849 logements, 20,7 % : le bâti rural normand. Pan de bois et torchis posés sur un soubassement de silex, de moellon ou de brique ; ailleurs, maçonnerie composite mêlant brique, silex noir et blond, grès et grison selon ce que la commune avait sous la main. Aucune coupure de capillarité. Ces murs pompent l’eau du sol et l’évacuent par évaporation : tant que l’enduit et le torchis respirent, l’équilibre tient.
- 1946 – 1990 — 127 455 logements, 49,0 % : la moitié du parc, avec un pic très marqué entre 1971 et 1990 (30,4 % à eux seuls). Pavillons de lotissement avec sous-sol total, garage semi-enterré ou vide sanitaire, isolation partielle, ponts thermiques en about de plancher. Les désordres s’y répartissent entre humidité de partie enterrée et condensation.
- Après 1991 — 79 032 logements, 30,4 % : près d’un tiers du parc, dont 40 196 achevés à partir de 2006. Enveloppe étanche, menuiseries performantes, ventilation mécanique indispensable. Si la VMC s’arrête ou si les entrées d’air sont bouchées, la vapeur produite à l’intérieur se dépose sur les angles froids, sans qu’aucune eau extérieure n’entre en jeu.
La craie, les limons — et 19 700 cavités entre les deux
Le sous-sol de l’Eure est simple à décrire et compliqué à vivre : un socle de craie, une couverture de limons et d’argile à silex, et entre les deux des siècles de creusement humain.
Sur les plateaux, la succession est presque toujours la même. En surface, des limons fertiles, fins et perméables. Dessous, l’argile à silex, produit de la dissolution de la craie : une couche compacte, peu perméable, qui retient l’eau et la fait circuler latéralement. Puis la craie elle-même, fissurée, qui porte la nappe principale du département et alimente les sources de fond de vallée.
C’est dans cette couverture qu’ont été creusées les marnières. Pour amender les terres acides des plateaux, on descendait un puits étroit à travers les limons et l’argile à silex jusqu’à la craie, puis on élargissait en chambre — la forme classique « en bouteille ». L’exploitation a été intense, précise la plaquette départementale, depuis l’époque gallo-romaine jusqu’au milieu du XIXe siècle. Les puits ont ensuite été rebouchés à la hâte, souvent avec ce qui traînait, et oubliés.
Les obligations qui s’y attachent méritent d’être connues. Toute personne qui a connaissance d’une cavité doit la signaler au maire ; le maire en informe le préfet et le conseil départemental, prend les mesures de prévention nécessaires et refuse les constructions dans le périmètre de sécurité lorsqu’elles ne sont pas techniquement justifiées. Ce périmètre se calcule à partir de la profondeur du puits et de la longueur maximale des galeries, majorée d’une marge d’incertitude ; pour une cavité naturelle, il est fixé forfaitairement à 35 mètres de rayon. Nous ne sommes ni géotechniciens ni experts en cavités — mais quand un affaissement apparaît dans un jardin que nous inspectons, nous le disons.
Restent les vallées. La Seine, l’Eure, la Risle, l’Iton, l’Andelle et la Charentonne entaillent les plateaux et mettent la craie à nu sur leurs flancs. En fond de vallée, la nappe est proche de la surface et suit le rythme du cours d’eau : un mur enterré qui paraissait sec en août peut se recharger en février sans qu’aucune fuite ne soit apparue entre-temps.
- Remontée capillaire
- Nappe et parties enterrées
- Infiltrations et abords
- Marnières et cavités
Coupe schématique, sans échelle. Elle montre pourquoi, dans l’Eure, l’eau des abords compte autant que celle du mur : la même infiltration alimente le soubassement humide et fragilise l’ancienne marnière en dessous.
Quatre Eure, quatre points de départ
Avec 585 communes réparties sur trois arrondissements, le département n’a rien d’homogène. Le sol, l’âge du bâti et la façon dont l’eau circule changent d’un secteur à l’autre — et avec eux, l’ordre des hypothèses.
Symptôme, cause probable, vérification
Ces tableaux ne remplacent pas un diagnostic. Ils montrent ce qu’un technicien cherche à confirmer ou à écarter en arrivant chez vous, et dans quel ordre.
| Ce que vous observez | Causes les plus probables | Ce que l’on vérifie |
|---|---|---|
| Frange humide en pied de mur, limite ondulée, torchis qui se creuse | Remontée capillaire dans un soubassement sans arase étanche | Gradient d’humidité sur la hauteur, présence de sels, nature du soubassement et de l’enduit |
| Cave, cellier ou sous-sol humide toute l’année | Eau du sol retenue contre la paroi enterrée | Pente du terrain, drainage périphérique, position dans le versant, saisonnalité |
| Enduit qui cloque, sonne creux ou se détache | Revêtement imperméable posé sur un mur ancien qui doit respirer | Composition de l’enduit d’origine, zones de rétention d’eau derrière le revêtement |
| Moisissures dans un angle ou derrière un meuble, logement récent | Condensation par renouvellement d’air insuffisant | VMC en service, entrées d’air non obturées, température de paroi, hygrométrie |
| Tache qui apparaît après les fortes pluies | Infiltration de façade ou défaut d’évacuation des eaux pluviales | Enduit, joints, appuis de fenêtre, gouttières, descentes et regards |
| Dépôt blanc qui revient après brossage | Salpêtre : l’eau vient du sol et transporte des sels | Nature du dépôt, récurrence saisonnière, humidité du support en profondeur |
| Dépression, trou ou fissure en étoile dans le terrain | Ancienne marnière ou puits rebouché, fragilisé par les infiltrations | Écoulements de surface, fuites de réseau, historique de la parcelle — et signalement en mairie |
| Odeur de renfermé au retour de vacances, buée sur les vitrages | Ventilation insuffisante pour l’usage du logement | Débits d’extraction, usage des pièces humides, séchage du linge, occupation |
| Mécanisme | Où cela apparaît | Origine de l’eau | Contrôle déterminant |
|---|---|---|---|
| Remontée capillaire | Soubassements et bas de murs de rez-de-chaussée, bâti antérieur à 1946 | Eau du sol aspirée par la porosité du silex, du moellon et du mortier | Profil d’humidité décroissant vers le haut, sels en surface |
| Humidité de partie enterrée | Caves, celliers, sous-sols totaux, garages semi-enterrés | Nappe de la craie en fond de vallée, ou eau retenue par l’argile à silex | Contexte hydrogéologique, saisonnalité, drainage, pente des abords |
| Infiltration | Façade exposée, appuis, jonctions, pied de mur et abords | Pluie battante ou eau pluviale mal évacuée | Corrélation avec les épisodes pluvieux, état des évacuations |
| Condensation | Angles, pourtours de fenêtres, parois froides, pièces humides | Vapeur produite à l’intérieur, qui se dépose faute de sortie | Écart entre température de paroi et point de rosée, débits d’air |
C’est le motif d’appel numéro un du département. Avant de parler drainage ou injection, il faut savoir d’où vient l’eau et à quelle saison elle arrive. Cela se mesure sur place.
Sur une maison, la cause est souvent dehors
Quand plus de trois logements sur quatre sont des maisons et que deux ménages sur trois en sont propriétaires, l’enquête ne s’arrête pas au mur qui porte la tache. Elle commence par le terrain qui l’entoure — et dans l’Eure, ce terrain a une histoire.
Ce que nous regardons à l’extérieur
- Les gouttières, descentes d’eau pluviale et regards : une descente qui se déverse au pied du mur suffit à saturer un soubassement de silex, et c’est aussi ce qui fragilise une ancienne marnière en dessous.
- La pente du terrain autour de la construction : un jardin remblayé au fil des années renvoie l’eau vers le mur au lieu de l’en éloigner.
- Le niveau du sol extérieur par rapport au plancher bas : une terrasse ou un enrobé refait plus haut que l’ancien seuil transforme un mur de façade en mur contre terre.
- La position dans le versant : une maison bâtie au pied d’un coteau de craie reçoit l’eau qui descend du plateau, et pas seulement celle qui tombe sur son toit.
- Les soupiraux, aérations de vide sanitaire et grilles de cave, souvent obturés lors d’une rénovation, alors qu’ils assuraient le séchage du niveau bas.
- L’état du soubassement lui-même : un joint creusé entre deux silex laisse entrer la pluie battante bien plus qu’une pierre poreuse.
Ce que nous regardons à l’intérieur
- Le niveau enterré en premier : cave, cellier, sous-sol, garage, buanderie — hauteur des traces, sels, condensation sur les canalisations.
- La nature réelle du mur derrière le revêtement, et si un enduit ou un doublage imperméable a été posé sur une maçonnerie ancienne ou sur du torchis.
- La ventilation du logement, y compris dans une maison ancienne où elle repose souvent sur des entrées d’air devenues invisibles.
Comment nous procédons
Sept étapes, toujours dans cet ordre. Le chiffrage arrive en dernier, une fois la cause établie.
- Premier échangeVous décrivez ce que vous voyez, depuis quand, dans quelles pièces et à quelle saison. Nous notons la commune, l’année de construction, la nature du mur, la position dans le versant et le type de ventilation.
- Inspection sur placeLe logement, mais aussi ce qui l’entoure : façades et pignons, soubassement, niveau enterré, terrain et sa pente, gouttières, descentes et regards, seuils et soupiraux.
- MesuresRelevés d’humidité sur plusieurs points et plusieurs hauteurs, conditions d’ambiance, températures de paroi et débits de ventilation. C’est ce qui départage une eau venue du sol d’une vapeur produite à l’intérieur.
- Recherche de la causeLes hypothèses sont écartées une à une : remontée capillaire, eau retenue contre une paroi enterrée, infiltration, condensation, désordre lié au terrain.
- Diagnostic remisCe qui a été mesuré, ce qui est retenu comme cause, ce qui reste à surveiller, et si l’origine se trouve dans le logement ou en dehors. Sans cette étape, aucun devis n’a de sens.
- PréconisationsLes solutions envisageables sont présentées avec leurs limites — y compris quand l’action la plus efficace consiste à reprendre une descente d’eau pluviale plutôt qu’à traiter un mur.
- Traitement, si nécessaireMise en œuvre après votre validation, puis remise en état une fois le support redevenu sec.
Les solutions, selon la cause identifiée
Chaque prestation correspond à une page détaillée du site. Le choix vient après le diagnostic, jamais avant.
Où nous intervenons dans l’Eure
Les 585 communes du département sont couvertes par notre agence Île-de-France, de la vallée de la Seine au pays d’Ouche. L’Eure ne dispose pas encore de pages commune par commune comme l’Île-de-France : les villes ci-dessous situent nos secteurs d’intervention, et le formulaire reste le plus simple pour nous décrire votre situation.
585 communes, 3 arrondissements · tout le département est couvert — voir toutes nos zones d’intervention
Vernon, Gaillon, Saint-Marcel, Les Andelys, Val-de-Reuil, Louviers, Pont-de-l’Arche, Le Vaudreuil, Alizay, Gasny.
Bernay, Brionne, Beaumont-le-Roger, Bourgtheroulde-Infreville, Broglie, Rugles, Conches-en-Ouche, Breteuil, Beuzeville, Pont-Audemer.
Évreux, Le Neubourg, Saint-André-de-l’Eure, Nonancourt, Gravigny, Guichainville, Damville, Verneuil d’Avre et d’Iton, Saint-Sébastien-de-Morsent, Pacy-sur-Eure.
Gisors, Étrépagny, Lyons-la-Forêt, Fleury-sur-Andelle, Charleval, Écouis, Romilly-sur-Andelle, Le Thuit-Signol.
- Paris (75)
- Seine-et-Marne (77)
- Yvelines (78)
- Essonne (91)
- Hauts-de-Seine (92)
- Seine-Saint-Denis (93)
- Val-de-Marne (94)
- Val-d’Oise (95)
- Aisne (02)
- Eure-et-Loir (28)
- Oise (60)
- Charente (16)
- Charente-Maritime (17)
- Dordogne (24)
- Gironde (33)
- Landes (40)
- Lot-et-Garonne (47)
- Alpes-de-Haute-Provence (04)
- Alpes-Maritimes (06)
- Var (83)
Décrivez-nous ce que vous constatez : nous convenons d’un passage pour mesurer et chercher la cause sur place.
Notre façon de travailler
Quatre engagements simples, qui expliquent pourquoi nous commençons toujours par une visite.
Ce qu’on nous demande dans l’Eure
Y a-t-il une marnière sous ma maison ?
C’est une question statistiquement légitime : environ 19 700 indices de cavités sont recensés dans l’Eure et 509 communes sur 585 sont concernées. Mais ce n’est pas à nous d’y répondre. Le recensement est tenu par les services de l’État et la commune ; toute personne qui a connaissance d’une cavité doit la signaler au maire, qui en informe le préfet. Ce que nous pouvons dire, en revanche, c’est si l’eau qui abîme votre mur vient des abords — et si c’est le cas, la corriger sert aussi le sous-sol, puisque les cavités se dégradent surtout sous l’effet des infiltrations.
Mon torchis se creuse en bas du mur. Faut-il le remplacer ?
Pas avant d’avoir traité la cause, sinon le neuf se dégradera comme l’ancien. Le torchis et le pan de bois sont posés sur un soubassement de silex, de moellon ou de brique, précisément pour éloigner le bois du sol. Quand ce soubassement se charge en eau, l’humidité franchit la limite et attaque le torchis par le bas. La réparation n’a de sens qu’une fois le pied de mur redevenu sec, et le séchage d’une maçonnerie ancienne prend des mois, pas des jours. Nous mesurons le taux d’humidité du support avant de valider toute reprise.
Pourquoi ma cave se charge-t-elle en hiver et sèche-t-elle en été ?
Parce que c’est la signature d’une eau venue du sol, et non d’une fuite. Deux mécanismes sont en cause dans l’Eure. En fond de vallée — Seine, Eure, Risle, Iton, Andelle — la nappe de la craie suit le rythme du cours d’eau et monte en saison humide. Sur les plateaux, c’est l’argile à silex sous les limons qui retient l’eau de pluie et la fait circuler latéralement à faible profondeur, jusqu’à la paroi enterrée. Dans les deux cas, la saisonnalité et la mesure tranchent, et la réponse n’est pas la même.
J’ai fait poser un enduit ciment sur mon soubassement et l’humidité est revenue plus haut. Pourquoi ?
Parce qu’une maçonnerie ancienne n’est pas étanche et n’a jamais été conçue pour l’être. Le mur pompe un peu d’eau au sol et l’évapore en surface : tant que cette évaporation reste possible, l’équilibre tient. Un enduit ciment ou une peinture filmogène la bloque, mais l’eau continue de monter — elle ressort donc plus haut, là où le revêtement s’arrête, c’est-à-dire souvent dans le torchis. Le désordre n’a pas empiré, il s’est déplacé. C’est pour cette raison que nous refusons de réenduire un support dont le taux d’humidité n’a pas été relevé.
Ma maison a moins de vingt ans et j’ai des moisissures. Est-ce normal ?
Ce n’est pas normal, mais ce n’est presque jamais un défaut d’étanchéité. Près d’un tiers des résidences principales de l’Eure ont été achevées après 1991 — c’est le parc le plus récent de tous les départements que nous couvrons. Ces logements sont très bien fermés : l’eau extérieure n’entre pas. En revanche, la vapeur produite à l’intérieur — cuisine, douches, séchage du linge, respiration — doit sortir, et c’est le rôle de la ventilation. VMC arrêtée ou encrassée, entrées d’air obturées après un changement de fenêtres : la vapeur se dépose alors sur les surfaces les plus froides. La réponse passe par l’air, pas par un traitement de maçonnerie.
Une dépression est apparue dans mon jardin. Que dois-je faire ?
Signalez-la en mairie sans attendre : c’est une obligation prévue par le code de l’environnement, et le maire doit en informer le préfet et le conseil départemental. N’essayez pas de la combler vous-même et tenez-vous à distance. Le périmètre de sécurité se calcule à partir de la profondeur du puits et de la longueur maximale des galeries, majorée d’une marge d’incertitude — pour une cavité naturelle, il est fixé forfaitairement à 35 mètres de rayon. Notre métier s’arrête là : nous traitons l’humidité, pas la stabilité du sous-sol. En revanche, si une descente d’eau pluviale ou une fuite alimente le phénomène, nous le verrons pendant le diagnostic et nous vous le dirons.
Comment distinguer une remontée capillaire d’une infiltration ?
Trois indices se lisent avant toute mesure. La remontée part du sol et sa limite supérieure ondule, jamais rectiligne ; elle laisse un dépôt blanc qui revient après nettoyage ; elle est présente été comme hiver, avec un maximum en saison humide. L’infiltration, elle, apparaît ou s’aggrave après un épisode pluvieux précis, se localise souvent près d’un appui de fenêtre, d’une jonction ou d’une descente d’eau, et se limite à une face du mur. La mesure tranche : dans un cas le taux d’humidité décroît régulièrement en montant, dans l’autre il est maximal au point d’entrée puis diminue autour.
Il ne pleut pas tant que ça dans l’Eure. Pourquoi mon mur reste-t-il humide ?
Parce que ce qui compte n’est pas la quantité, c’est la fréquence. La station d’Évreux-Huest relève 600,6 mm de précipitations par an — moins que beaucoup de départements — mais répartis sur 112,6 jours, soit près d’un jour sur trois. Un mur ne sèche pas en quelques heures : il lui faut des jours consécutifs sans pluie et un air suffisamment sec. Quand les épisodes se succèdent, le support n’a jamais le temps de revenir à l’équilibre et reste chargé toute l’année. C’est pourquoi un défaut mineur — une gouttière percée, un terrain qui ne draine plus — suffit ici à entretenir un désordre permanent.
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- Maisons Paysannes de France — Le patrimoine rural de l’Eure : pan de bois et torchis sur soubassement, silex noir et blond, moellons, brique, grès et grison, variations par région naturelle.
- Météo-France — Fiche climatologique de la station d’Évreux-Huest (27), normales 1991-2020 : 600,6 mm de précipitations annuelles réparties sur 112,6 jours.
Faisons le point sur votre mur
Un soubassement qui fonce chaque hiver, une cave qui se charge à la saison humide, un torchis qui se creuse, des moisissures dans un logement récent : décrivez-nous ce que vous voyez. Nous venons mesurer et chercher la cause — le devis ne vient qu’après.
Agence Île-de-France · Eure, 585 communes couvertes · Lundi au samedi, 8h – 20h
